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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...

Publié le 10 Avril 2014 par Carine Boulay dans Salons

Bienvenue au Palais du commerce, splendide édifice situé au centre de Lyon, qui s'est transformé le temps d'un week-end en une gigantesque librairie du Polar ... 
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...

Après un week-end du tonnerre l'année précédente, je quittais le salon en me faisant la promesse de revenir lors de la prochaine édition ...

2014 ou la dixième édition du salon Quais du Polar, LE rendez-vous incontournable des amateurs de noir !

Pour cette édition exceptionnelle, Quais du Polar a proposé une fois encore de nombreux et prestigieux auteurs ainsi qu'une riche programmation : spectacle sous forme d'enquête, visites, expositions, conférences et séances de dédicaces ... De quoi bien occuper le week-end !

Je vous propose un petit tour d'horizon de "mes" Quais du Polar 2014 ...

Mosaïque d'auteurs ...
Maud Tabachnik - Gilles Caillot - Gaëlle Perrin-GuilletMaud Tabachnik - Gilles Caillot - Gaëlle Perrin-GuilletMaud Tabachnik - Gilles Caillot - Gaëlle Perrin-Guillet

Maud Tabachnik - Gilles Caillot - Gaëlle Perrin-Guillet

Franck Thilliez - Olivier Kourilsky alias Dr K - Henri LoevenbruckFranck Thilliez - Olivier Kourilsky alias Dr K - Henri LoevenbruckFranck Thilliez - Olivier Kourilsky alias Dr K - Henri Loevenbruck

Franck Thilliez - Olivier Kourilsky alias Dr K - Henri Loevenbruck

Claire Favan - Paul Colize - Karine Giebel - Foumette et Barbara AbelClaire Favan - Paul Colize - Karine Giebel - Foumette et Barbara Abel
Claire Favan - Paul Colize - Karine Giebel - Foumette et Barbara AbelClaire Favan - Paul Colize - Karine Giebel - Foumette et Barbara Abel

Claire Favan - Paul Colize - Karine Giebel - Foumette et Barbara Abel

Bernard Minier - Peter James - Claude MesplèdeBernard Minier - Peter James - Claude MesplèdeBernard Minier - Peter James - Claude Mesplède

Bernard Minier - Peter James - Claude Mesplède

Jolies dédicaces ...

QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
Le temps des copains ... 
QUAIS DU POLAR : 2014, Carine le retour ...
Quais du Polar en images ...

Un immense MERCI aux organisateurs, à Elke, aux auteurs, aux copains-copines ainsi qu'à ma maman qui ont contribué à rendre mon week-end tout simplement merveilleux ... Rendez-vous en 2015 !

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L'ENFANT AUX YEUX D'ÉMERAUDE de Jacques Saussey

Publié le 31 Mars 2014 par Carine Boulay

L'ENFANT AUX YEUX D'ÉMERAUDE de Jacques Saussey

L’idée de ce roman m’est tombée d’un seul coup, un jour que je déjeunais avec des amis dans la salle d’un restaurant d’Antraigues. J’ai laissé mon plat refroidir et mes amis se gratter le crâne en attendant de savoir quelle mouche venait de me piquer, et je suis sorti comme un diable du restaurant. J’ai tourné de longues minutes autour de la fontaine de la place centrale d’Antraigues, le temps de raconter au mémo vocal de mon téléphone ce qui venait de me secouer comme ça. Pas facile, avec le recul, de me remémorer exactement ce qui s’est passé à ce moment-là. Mais l’idée brillait en moi comme une gemme, et j’avais le cœur qui battait d’excitation.

Jacques Saussey

En 2013, Jacques Saussey m’embarquait dans un passionnant thriller aux accents québécois avec QUATRE RACINES BLANCHES. Aujourd’hui, c’est avec L’ENFANT AUX YEUX D’ÉMERAUDE son cinquième roman que je poursuis ma découverte de l’auteur.

L'ENFANT AUX YEUX D'ÉMERAUDE de Jacques Saussey

David Courty mène une existence effacée auprès de sa femme Mira, ex-prostituée à qui il a donné la nationalité française en l’épousant, et de sa fille Caroline, adolescente rebelle aux tendances gothiques.

Représentant en assurances-vie, il vient de se faire licencier de la mutuelle dans laquelle il travaillait depuis de longues années.

Après un esclandre au bureau suite à l’annonce de son licenciement, David s’enfuit abandonnant derrière lui le cadavre de Mira.

Caroline quant à elle s’est volatilisée, laissant pour seul indice quelques traces de sang dans sa chambre …

« Lorsque la pression extérieure devient vraiment trop forte pour lui, le cerveau d’un homme fragile peut imploser à tout moment … »

Comment un petit employé timide se transforme soudain en criminel assoiffé de violence ? Daniel Magne et Lisa Heslin sont confrontés à un tueur en série aussi impitoyable qu’imprévisible en la personne de Daniel Courty. Mais cet homme-là est un fantôme sorti de terre à l’âge de 6 ans. Pas de parents, pas de famille, pas d’école et aucune relation en dehors des gens qu’il côtoyait à son boulot. Impossible de trouver quoi que ce soit sur lui avant. Rien, le néant. Un vrai cinglé au comportement anarchique dont il faudra tenter de comprendre le pourquoi de sa folie meurtrière.

… Il ouvrit la lame de son couteau d’un seul coup de pouce. C’est une sensation agréable, quand on commence à en avoir l’habitude, une certitude qui flamboie brusquement au centre du cerveau, comme un éclair aveuglant dans un ciel de suie. C’est le déclic dans la main, le bruit sec de la lame qui se cale contre le ressort, qui affirme de quel côté la puissance est établie. Mais c’est le regard apeuré, désespéré, de sa victime, qui confirme que le pouvoir est total, que rien ne peut plus empêcher la fatalité de s’accomplir …

P. 39

L’ENFANT AUX YEUX D’ÉMERAUDE, est l’occasion de retrouver le tandem Daniel Magne et Lisa Heslin, pour leur quatrième enquête. Hormis les retrouvailles avec ce duo d’enquêteurs, Jacques Saussey nous livre ici un roman totalement différent de QUATRE RACINES BLANCHES, tant sur le fond que sur la forme.

Culotté, il nous propose un récit audacieux dans lequel il mélange les modes et les temps de narration. Surprise tout d’abord par ces choix, c’est un peu inquiète que je tourne les pages. Et où je craignais la surenchère d’effets de style, c’est finalement le talent de Jacques Saussey qui éclate au travers de ce difficile exercice brillamment maîtrisé.

L’auteur prend rapidement possession de son lecteur et grâce à un suspense allant crescendo ne le délivre qu’à la toute dernière ligne, en ayant pris soin de le manipuler comme bon lui semble durant tout ce temps.

Sombre et oppressant ce roman nous transporte dans les méandres d’un lourd héritage où la raison peut basculer à tout moment …

Attention, thriller sous haute tension !

L'ENFANT AUX YEUX D'ÉMERAUDE de Jacques Saussey

L'ENFANT AUX YEUX D'ÉMERAUDE

Jacques Saussey

Éditions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

231 pages

Site de l'auteur

Né en 1961, Jacques Saussey a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans. Ces pages ont fini par former un recueil d'une trentaine de textes, « Anicroches », qui a dormi de longues années dans un tiroir. Il a ensuite participé à quelques concours d'écriture, afin de voir si ce qu’il écrivait plaisait à des lecteurs hors du cercle familial. L'une de ces nouvelles, « Le Joyau du Pacifique », a été sa première, et pour l'instant unique, édition en bande dessinée en 2007. Les encouragements apportés par sa victoire aux Noires de Pau en 2002 avec « Quelques petites taches de sang », puis ensuite par celle au concours Alfred Jarry en 2007 avec « Alfred Jarry est mort », l'ont incité à persévérer et à aborder un thème qu’il considérait avec appréhension jusque-là : le thriller. Il a alors entrepris en 2008 la rédaction de son premier polar, « Colère Noire », dans lequel il a mis en place l'ensemble de ses personnages récurrents, un groupe de policiers rattachés à un commissariat imaginaire du Xème arrondissement de Paris. Le capitaine Daniel Magne est né, ainsi que plusieurs autres officiers et agents de police judiciaire, dont la jeune Lisa Heslin, fille d'un magistrat tragiquement disparut à l'aube d'une prise de fonctions ministérielle. Ayant pratiqué le tir à l'arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92, il a cherché à utiliser dans ce premier roman son arme favorite, qu’il pratique toujours aujourd'hui. Il a donc bâti son intrigue autour de cette idée, et l'histoire emmène le lecteur de Paris à Sens, puis de l'Yonne à New York et jusqu'à Johannesburg, en Afrique du Sud. «Colère Noire» paraîtra le 3 janvier 2013. Son titre original était «La mante sauvage». Un deuxième thriller a suivi en 2009, « De Sinistre Mémoire », construit à partir de souvenirs d'enfance de famille durant les années 40 en Bretagne, et d'une nouvelle restée longtemps inachevée car trop longue à l'époque, à laquelle il manquait une assise historique. «De Sinistre Mémoire» a été édité le 2 septembre 2010 aux éditions des Nouveaux Auteurs. Il est sorti en version poche chez le même éditeur le 9 Juin 2011. Il a écrit son troisième thriller, « Quatre Racines Blanches », entre janvier et Juin 2010. Cette histoire se passe presque intégralement au Québec, à Montréal et ses environs immédiats. Il y a apporté quelques modifications à la suite des conseils avisés d'un sergent de la Sûreté du Québec, qui a bien voulu éclairer sa lanterne sur le fonctionnement des diverses forces de police au Canada. Ce polar enneigé a été édité le 12 avril 2012. Il a ensuite poursuivi par un quatrième roman, "Principes Mortels", écrit entre juin et septembre 2010. Il rompt avec les personnages des trois précédents. Il s'agit d'un drame familial français régional, écrit à la première personne. Une histoire sombre qu’il a voulu la plus intimiste possible, afin que le drame soit total. Les forces de police, ici, n’y sont représentées que comme personnages secondaires. Son cinquième polar est achevé depuis fin aout 2012, il s’agit de «L’enfant aux yeux d’émeraude», qui devrait voir le jour dans les rayons des librairies en 2014, si tout va bien. D’autres projets sont déjà dans les cartons, mais il les laisse mûrir tranquillement à l’abri de l’agitation de la sortie prochaine de «Colère Noire». Seule exception : une pièce de théâtre qui le chatouillait depuis un moment, et qu’il terminera d’ici le printemps prochain, si tout va bien. L'enfant aux yeux d'émeraude est son cinquième roman.

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PLAY de Franck Parisot

Publié le 8 Mars 2014 par Carine Boulay

Franck Parisot a 33 ans, un parcours et une vie sans histoires, ce qui explique sans doute que celles qu’il raconte soient si effrayantes.

Albin Michel

Découvrir de nouveaux auteurs, j’aime par-dessus tout. Alors, systématiquement avant d’entamer un premier roman je vais à la pêche aux informations histoire de dénicher une biographie par-ci, une interview par-là, voire une anecdote à propos de l’auteur ou de son bouquin. Dans le cas présent, impossible de dégoter quoi que ce soit sur Franck Parisot, à part cette citation en ouverture de chronique. Surprise puis troublée par tant de mystère, j’appuie finalement sur la touche lecture …

PLAY de Franck Parisot

Le corps d’un homme réduit en purée vient d’être retrouvé sur une patinoire. Auprès des restes, le tueur a laissé une clé USB sur laquelle figure en lettres de sang le nom du détective Bridge.

La clé révèle une vidéo dans laquelle le bourreau a filmé sa victime pendant qu’il la torturait. Le premier meurtre d’une longue série vient d’être perpétré sur l’île de Manhattan.

Le Cyclope a établi les règles du jeu, la partie vient de commencer.

Bridge et son équipe doivent au plus vite trouver la faille dans la mécanique bien huilée de ce meurtrier afin de mettre un terme à son jeu macabre.

Ils ne savent pas encore, qu’ils vont entrer à leur tour dans l’œil du cyclope …

"Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis." P. 322

Un tueur laissant un message personnel sur une scène de crime, c’est une première pour Gabriel Bridge, détective au 6ème Precinct de Greenwich Village, l’un des nombreux commissariats de New York. Pourquoi le tueur s’adresse-t-il directement à lui ?

Toujours à l’affût, le cyclope est partout tout en restant invisible. Ce fou furieux tue de manière personnalisée avant de mettre les corps en scène. Méthodique et organisé, il suit une logique bien spécifique. Mais laquelle ?

Tel un chef d’orchestre, il compose une symphonie qui risque bien de les perdre tous, à moins que Bridge et son équipe n’arrivent à dissocier le pourquoi du comment …

Un monstre rôdait et avait commencé sa moisson d’âmes.

P.113

Franck Parisot a choisi d’expatrier son intrigue aux U.S.A. et c’est au cœur de Manhattan qu’il nous entraîne dans une traque complexe et captivante.

573 pages découpées en 68 chapitres, la plupart s’achevant par un cliffhanger (fin ouverte visant à créer un fort suspense) afin de tenir le lecteur en haleine et véhiculant ainsi un sentiment d’urgence.

L’auteur ne néglige pas pour autant les « à-côtés ». Description des lieux et personnages soignés procurent une dimension très réaliste à l’intrigue tout en y apportant de l'épaisseur.

Quelque peu perturbée au début de ma lecture, j’ai été rapidement happée par ce roman et mis temporairement de côté le mystère autour de Franck Parisot …

Avec PLAY, Franck Parisot réalise une œuvre palpitante et fait une belle entrée sur la scène du thriller français.

PLAY de Franck Parisot

PLAY

Franck Parisot

Thriller

Albin Michel

573 pages

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LE JEU DE L'ASSASSIN de Nils Barrellon

Publié le 25 Février 2014 par Carine Boulay

LE JEU DE L'ASSASSIN de Nils Barrellon

LE JEU DE L’ASSASSIN est le genre de roman qui n'a pas d'autre ambition que celle de faire passer deux ou trois heures agréables au lecteur. Du polar pour la plage, pour le métro, pour la salle d'attente ... Du roman de gare quoi, mais dans son sens le plus noble. Pas question de faire des approximations littéraires pour autant, ni de négliger le style. J'attache une importance toute particulière à la vraisemblance de mon histoire. Si elle est romanesque, elle n'est pas pour autant absurde ou impensable !

Nils Barrellon

LE JEU DE L'ASSASSIN de Nils Barrellon

Le cadavre d’une femme poignardée est retrouvé entre les rails du chemin de fer, au niveau de la gare du Nord. Ce n’est que la première victime d’une longue liste.

Chaque fois, les proies ont le même profil et l’assassin utilise le même mode opératoire. Le commissaire Kuhn de la brigade criminelle de Paris doit se rendre à l’évidence, il est confronté aux agissements d’un tueur en série.

Les meurtres particulièrement sauvages s’enchaînent et l’assassin court toujours. L’enquête stagne avant d’être relancée par le tueur lui-même sous la forme d’un jeu de piste infernal …

"Il tue sans pitié. Et Paris est devenu son terrain de jeu"

La goutte d’Or, l’un des quartiers les plus pauvres de Paris est malheureusement plus connu pour sa prostitution et son trafic de drogue. Ces derniers temps, il est également devenu le terrain de jeu d’un tueur en série. Rapidement le commissaire Kuhn établit un parallèle avec Jack l'éventreur, mais l’enquête piétine faute d’indices. Jusqu’à ce que celui que la presse a baptisé « L’éventreur de La goutte d’Or » fasse en sorte que l’on retrouve sa trace …

Depuis de nombreuses années, les crimes de Jack l'éventreur ont suscité l’intérêt de bien des hommes. Aujourd’hui, c’est Nils Barrellon qui s’est inspiré du mystérieux et célèbre tueur en série pour son premier roman LE JEU DE L’ASSASSIN.

Débuter un roman n’est pas chose aisée. Avec « un délit de fuite » particulièrement poilant, Nils Barrellon m’a cueilli dès les premières pages. Une accroche attrayante qui annonce la couleur quant à la suite du roman …

Mais humour et thriller font-ils bon ménage ? En l’occurrence, oui ! Et sans hésitation. L’auteur allie humour et finesse pour nous embarquer aux côtés de son « héros » Nils Kuhn, un impayable commissaire qui nous ravit avec ses bons mots tout du long.

Écriture simple mais efficace à l’image de son intrigue, LE JEU DE L’ASSASSIN repose sur un juste équilibre dans lequel thriller et humour s'entremêlent habilement.

Avec LE JEU DE L’ASSASSIN, Nils Barrellon accomplit de manière manifeste sa volonté, celle de faire passer deux ou trois heures agréables à son lecteur … Une bien jolie découverte !

LE JEU DE L'ASSASSIN de Nils Barrellon

LE JEU DE L'ASSASSIN

Nils Barrellon

Thriller

City éditions

285 pages

Le blog de Nils Kuhn - Barrellon

Nils Barrellon est né en 1975. Il est professeur agrégé de Physique, se passionne pour l'écriture depuis longtemps et profite de son temps libre pour laisser libre cours à son imagination. Il a déjà écrit cinq manuscrits dont le héros est le commissaire Kuhn, Le jeu de l'Assassin est le 5ème de ses opus proposé au jury des Éditions Les Nouveaux Auteurs sous le titre "Ad Personam".

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VOILÀ L'AURORE de Damien Ruzé

Publié le 5 Février 2014 par Carine Boulay

VOILÀ L’AURORE est le second roman de Damien Ruzé. Et c’est un roman noir, c’est annoncé sur la couverture ! A bon entendeur …

VOILÀ L'AURORE de Damien Ruzé

Après dix-huit mois derrière les barreaux, Stan retrouve sa liberté. À présent plus de temps à perdre, il veut grimper les échelons du crime et prendre du galon en accéléré. Une seule idée en tête, un seul but : reconquérir sa ville, Paname.

Simple, déconcertante et lumineuse, l’idée avait surgi lors de son séjour au mitard. Il allait jouer finement cette fois-ci et bien peaufiner sa méthode car il était hors de question de replonger. Il allait faire du fric, beaucoup de fric.

Mais lorsque sa route croise celle de Swan, il décide de changer de braquet en intégrant son équipe. Le temps de l’amateurisme est aujourd’hui révolu.

L’avenir ne lui souriait pas seulement, il étincelait …

Lorsque Stan est recruté par Swan, il y voit comme un signe. Exit les branquignols, Swan c’est du solide, rien à voir avec les mecs avec qui ils bricolaient avant. Ambitieux, c’est enfin l’occasion pour Stan de toucher du doigt ce monde sur lequel il a si souvent fantasmé …

Un jour il régnerait. Un jour il serait le roi de la Marge. Il en possédait l’étoffe. Les couilles. Il suffisait de réfléchir. D’échafauder des plans à base d’idées originales. De faire mouliner son citron. De faire marcher son cigare. CQFD. Il était un peu rouillé. Il manquait d’entraînement voilà tout. Il allait s’échauffer. Se muscler. Remonter le peloton. Rattraper le retard. Et gagner. Pas à tortiller.

P.24

J’ai lu VOILÀ L’AURORE comme on visionne un film, caméra au poing. Ce roman de Damien Ruzé est un film fait de mots issus du registre argotique. Langage particulier à la densité importante, ce qui apparaîtra comme un point fort pour certains se révèlera être une faiblesse pour d’autres.

Et l’auteur ne se contente pas de cette ressource stylistique. Il crée une syntaxe heurtée en utilisant des phrases courtes, très courtes, se réduisant parfois à un simple mot. Un procédé qui rend le récit plus filmique encore.

Atmosphère particulière, rythme frénétique et anti-héros, pas de tromperie sur la marchandise nous avons bel et bien affaire à un roman noir. Les amateurs devraient être servis, quant aux autres ils ne resteront pas insensibles face à ce roman, quoi qu’il en soit .

Singulier, saisissant, déroutant, étourdissant, VOILÀ L’AURORE de Damien Ruzé est un mélange détonant et audacieux. Une lecture hors normes dans laquelle je me suis furieusement et plaisamment laissée embarquer.

VOILÀ L'AURORE de Damien Ruzé

VOILÀ L'AURORE

Damien Ruzé

Roman noir

Éditions Rouge Sang

291 pages

Nom : Ruzé.

Prénom : Damien.

Né le : 25 octobre 1963.

Nationalité : Lorraine.

Taille : 1 mètre 87.

Poids : 160 livres été comme hiver (sic).

Type : Caucasien.

Casier : Vierge.

Profession(s) exercée(s) : Retraité de l’Éducation Nationale dès l’âge de 16 ans, puis successivement branleur, trader, musicien, chômeur, parolier, journaliste, publicitaire.

Influences : Mauvaises.

Fréquentations : Idem.

Futur : Prétend mordicus apposer l’ultime paluche au roman noir définitif.

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DOLLY'S BIBLE de Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli

Publié le 16 Janvier 2014 par Carine Boulay

Aujourd'hui, c'est avec un immense plaisir que je reçois Loley Read sur Le noir émoi afin de vous présenter en avant-première, le dernier roman de Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli "DOLLY'S BIBLE" ...

DOLLY'S BIBLE de Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli

Juillet 1975, Phoenix (Arizona), un crime a tout changé.

Juillet 1985, Nazareth District, un espace inconnu et non recensé par les autorités, un quartier quelque part dans la banlieue de Los Angeles. Il n’existe pas sur la carte. Pourtant des gens y vivent… La rumeur circule selon laquelle de biens étranges phénomènes et une série de miracles s’y seraient produits ! Et si c’était là-bas que tout devait recommencer ?

James Dean, Steve McQueen, Elvis Presley et Marilyn Monroe... Ils ne sont pas vraiment morts ! Ils vivent quelque part parmi des gens à part. Et si c'était notre histoire à tous ? Si tant de destinées mêlées constituaient le film de notre vie ? Alors, à travers l'esprit, le cœur et la folie des hommes, nous pourrions bien découvrir le mystère de notre Légende..."

Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli m'ont fait l'immense honneur de présenter en avant première leur prochain livre commun "DOLLY'S BIBLE", la sortie officielle étant programmée prochainement.

Je me suis fait un vrai plaisir de faire la connaissance de cette fameuse Dolly, une jeune femme fragile, brisée par la vie ou plutôt par un drame survenu dix ans plus tôt.

Il ressort une belle qualité d'écriture, nos poètes du noir ont su créer une parfaite osmose pour ne former qu'un dans ce quatre mains, les différentes parties écrites sont absolument indissociables. Il est impossible de savoir qui a écrit quoi et je salue la performance car j'imagine qu'il ne doit pas être évident de mélanger deux styles, deux écritures sans que le lecteur ne s'en rende compte, Stéphane et Fabio ont réussi ce challenge avec brio.

D'entrée de jeu, le lecteur part à la découverte de ce lieu si particulier où se situe l'histoire, Nazareth District, une ville qui semble magique au premier abord, des questions se posent alors, beaucoup de questions entretenues volontairement par notre duo d'auteurs. Les différents personnages sont présentés chacun à leur tour, on se rend alors compte du côté déjanté de cette aventure, ils peuvent être dangereux, complètement dingues ou encore nymphomanes. Le moins que l'on puisse dire c'est que tout repose sur leurs épaules et que ça peut faire peur quand on voit à quel point ils sont à vif et tourmentés.

Derrière cet endroit qui va se révéler machiavélique, maudit, se cache un mystère, une véritable entreprise destructrice, à vous glacer le sang ... Le sexe est abordé sans détour, c'est clairement cash, mesdames attendez-vous à ce que vos joues se teintent de rouge. Une phrase m'a particulièrement laissé sans voix, magnifique : "Les mains qui se posent, les doigts qui s'entrecroisent, se serrent, les regards qui se perdent, se cherchent et trouvent pour fusionner comme si le sexe n'était que la substance physique qui permettait de pénétrer son partenaire par les fenêtres de l'âme".

La musique est particulièrement présente, on peut sentir où les auteurs ont puisé leur inspiration, ils ont d'ailleurs fait revivre des légendes qui ont fait chanter l'Amérique dans les années 70, la musique latine n'est pas oubliée non plus. Une ambiance absolument inédite, assez incroyable, Fabio et Stéphane ont fait preuve d'une belle imagination, le décor est parfaitement cadré et DOLLY'S BIBLE me fait penser à un conte noir sous fond de légende urbaine dure, impitoyable. Une dimension parallèle entre fantastique et vision futuriste, certaines scènes sont sanglantes, d'autres plutôt hilarantes, j'ai frissonné, j'ai aimé bref un beau mariage des sens.

Quand à votre tour vous irez séjourner à Nazareth District, un conseil, faîtes attention où vous mettez les pieds et surtout tachez de revenir en un seul morceau ... Vivement la suite !!!

DOLLY'S BIBLE de Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli
DOLLY'S BIBLE de Stéphane Marchand et Fabio Mitchelli

Né à Lille en 1961, Stéphane Marchand, écrivain, peintre et parolier est l'auteur de deux romans parus au Mercure de France et d'ouvrages pour la jeunesse chez Bayard et Flammarion. Depuis une quinzaine d'années, il exprime également son imaginaire par la peinture, passant selon les périodes d'une forme d'expression à l'autre. Il voyage à travers l'écriture et la peinture. C'est un voyageur immobile, un nomade qui n'aime pas bouger.

Né le 30 septembre 1973 à Vienne en Isère, Fabio M. Mitchelli est passionné de littérature fantastique depuis l’adolescence, il ébauchera ses premiers textes dés l’âge de quinze ans après la lecture de Double assassinat dans la rue morgue d’Edgar Allan Poe. Ses textes se nourriront ensuite des lectures de Stephen King, Thomas Harris, Jean-Christophe Grangé et surtout de Maurice G. Dantec, dont Les Racines du mal fut pour lui une révélation en 1996. L’auteur puise également son inspiration dans les univers oniriques de David Lynch, Tim Burton et David Cronenberg qui ont bercé son adolescence. Fabio M.Mitchelli vit actuellement en Savoie où il se consacre désormais à l’écriture de thrillers fantastiques.

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Interview d'Yvan du blog EmOtions

Publié le 25 Novembre 2013 par Carine Boulay dans Interviews

Interview d'Yvan du blog EmOtions

Simplement partager une émotion et donner l’envie d’aller croiser les auteurs, artistes et leurs œuvres ...

Yvan

Voilà le leitmotiv d'Yvan, créateur du blog EmOtions. Tour à tour intervieweur ou chroniqueur, il nous ravit toutes les semaines en nous parlant littérature ou musique. Je vous propose donc de découvrir ce Lucky Luke de la chronique à travers quelques questions que mes amis blogeurs et moi-même lui avons concoctées.

Avec la participation de :

 

Nathalie du blog "Sous les pavés ... la page"

La petite souris du blog "Passion polar"

Bellette du blog "The cannibal lecteur"

Pierre du blog "Black novel"

Karine du blog "Livrenvie - Black cat's Blog"

et moi-même, Carine du blog "Le noir émoi"

 

Yvan, action !

Interview d'Yvan du blog EmOtions

Quoi ? Comment ? Moi l’intervieweur, me faire interviewer ? Que voilà un pervers complot fomenté, sans prévenir. Je vais tenter de relever le défi sans coup férir ...

Voilà pour la rime à deux balles, on va pouvoir commencer …

Nathalie : J'ouvre le bal par un honteux plagiat ;-) Peux-tu te définir en trois mots, juste trois ?

Manger, boire, dormir ? Sincère. J’ose affirmer que je suis quelqu’un pour qui la sincérité est une norme, voire même une valeur. Passionné. Logique non ? Je suis passionné de musique et de littérature et je partage mes passions à travers mon blog en tentant de faire passer mes émotions. Gentil. Oui je revendique haut et fort ce mot trop souvent galvaudé. Je le revendique à tel point qu’avec certains contacts Facebook et certains romanciers on s’est dit qu’on allait créer la Ligue Des Gentils (LDG) ;-). Attention les critères d’entrée seront drastiques.

 

La petite souris : Pour fréquenter fidèlement ton blog, tu fais la part belle aux thrillers. Par contre tu ne lis et ne chroniques que peu de livres que l'on pourrait véritablement classer comme "roman noir". Est-ce un genre qui t'attire moins, pourquoi ?

Non, non et non : ne commence pas à essayer de me coller dans une case, petit mulot ;-). Je n’aime pas les étiquettes autocollantes, encore moins quand elles sont collées sur une boîte fermée à double tour (je dois être un peu claustrophobe). Comme dirait un certain Johnny H., je viens de là, je viens du thriller. Tu n’as donc pas tout à fait tort. J’ai en effet une prédilection pour les thrillers psychologiques (tant qu’à parler de boîtes, autant faire dans le genre « poupées gigognes » et citer ce sous-genre). Mais ne fais pas ton Jivaro réducteur de tête : le roman noir, sous toutes ses formes m’attire (encore davantage, depuis que j’ai la chance de lire de sacrés bons blogs sur le sujet). Pour moi, un thriller est un roman noir, un roman de SF postapocalyptique est un roman noir, un polar sous toutes ses formes possibles est un roman noir… J’ouvre mes écoutilles sans trop me poser de questions sur la teneur de la chose. Par exemple, je suis tombé en extase cette année devant les deux derniers romans de Paul Colize, voilà les parfaits exemples de romans qui s’affranchissent des frontières des genres. Propose-moi un roman qui concilie profondeur psychologique des personnages, construction originale, rythme soutenu et une plume affirmée et tu gagneras le jackpot avec moi.

 

Karine : On te donne le choix de 5 convives, vivants ou revenants de l'au-delà, à un repas que tu dois présider ... lesquels choisis-tu ?

Ah, ça ne va pas être possible, il me faut en inviter six ! Par ordre alpha : Belette, Carine, Karine, La petite souris, Nath, Pierre ;-). Bon, ok, ok, j’arrête de tricher et je vais répondre à ta question (au passage, j’aurai immédiatement deviné l’auteure de cette question, même si on ne m’en avait pas donné le nom) ;-).

Stephen King : ce nom étonne quelqu’un dans l’assistance ?! Je ne suis pas du genre à me prosterner devant un auteur, j’ai pu constater depuis que je m’occupe du blog que ce sont des gens comme les autres (avec de passionnantes personnalités). Il n’empêche, le King reste la référence ultime pour moi, pour l’étendue de sa carrière et l’impressionnante profondeur émotionnelle de ses écrits. Pour avoir eu la chance d’être présent lors de sa conférence à Paris au Grand Rex, et pour avoir découvert une partie de l’homme, je ne peux que le placer en tête de ma liste d’invités.

Nelson Mandela : incroyable personnage, qui a tellement de choses à nous apprendre sur la force de caractère, la force de conviction et la force que l’on peut placer dans la tolérance de l’autre.

Arjen Lucassen : parce que c’est le musicien le plus talentueux que je connaisse, même si son nom ne dira rien à 99,99 % des gens qui liront cette interview. Musicalement et émotionnellement c’est celui qui a le mieux réussi à parler directement à mon « âme », mon esprit, mon essence profonde, mes tripes et mon cœur. C’est grâce à ce genre d’artiste que je reprends espoir en la nature humaine. C’est une lumière dans la noirceur de notre monde (même si, pourtant, sa musique est assez sombre).

Mère Teresa : parce que j’ai une haute opinion de ceux qui usent de leur temps pour les autres et une véritable interrogation sur leur capacité à le faire. Si une telle personne pouvait m’expliquer comment on trouve au quotidien cette énergie, comment on supporte la misère du monde en gardant le sourire et un moral en béton. Un vrai mystère pour moi, que j’aimerais bien toucher du doigt.

« Monsieur » ou « Madame Y », illustre inconnu, bref le quidam de service, une personne prise au hasard, mais avec qui je partage une passion. Parce que c’est une véritable richesse de pouvoir échanger avec un ou une passionné(e), même inconnu (e) et je serai moins intimidé à côtoyer le reste de la tablée. ;-)

 

Pierre : As tu envisagé d'écrire un roman un jour ? Quelle serait l'intrigue du premier chapitre ?

J’ai eu cette idée durant mon adolescence, j’ai même acheté une machine à écrire (électrique) à l’époque pour la trimbaler avec moi (les ordinateurs portables n’existaient pas, oui je suis vieux). J’ai dû écrire une dizaine de fois la première page ;-). J’ai fait pareil avec la guitare électrique … Depuis, je n’ai plus jamais eu cette envie. Je profite trop de la créativité des autres. Je suis toujours à l’affût des nouveautés livresques et musicales, c’est mon moteur, mon essence. Je m’extasie tous les jours devant ce que l’humain est capable de produire dans ces domaines et je n’aime rien de mieux que d’être surpris par cette créativité. Et puis replaçons les choses à leur place, je suis blogueur, je rédige (du mieux que je peux) des chroniques. Laissons les vrais écrivains à leur place centrale et les blogueurs là où ils sont. Mais pour jouer le jeu et répondre à ta question, l’intrigue se déroulerait dans un futur proche, un genre de « 1984 » version thriller.

 

Belette : Comment lis-tu ? Avec les images qui défilent dans ta tête ou pas ?

En général, je lis avec les yeux ouverts ;-). Souvent les images défilent quand je fais une pause dans ma lecture ou au moment de finir le roman. Si en cours de lecture ou après avoir tourné la dernière page, vous me voyez le regard dans le vide durant de longues minutes, c’est que je tiens dans les mains un roman que je n’oublierai pas, jamais. Et à ce moment-là, des milliards d’images défilent dans ma tête. En cours de lecture, les personnages évoluent, sortes de polymorphes (comme dans X Files) ;-). Je privilégie davantage leur intérieur que leur extérieur (je ne parle pas de barbaque, mais de l’aspect psychologique) et je me focalise beaucoup sur l’ambiance de l’environnement.

 

Carine : Dominique, ta tendre moitié partage ta passion pour la lecture. Cette passion est-elle à la base individuelle ou bien est-elle née chez l'un grâce à l'autre ? D'une manière générale, vos ressentis sont-ils plutôt similaires ou totalement différents ?

Oui, en matière de lecture, nous avons pas mal de goûts en commun avec ma chère et tendre (je n’ai pas dit tendre chair, je sais que je lis beaucoup de thrillers mais ça ne me monte pas à la tête, hein !) ;-). La lecture est un plaisir au départ solitaire, mais qui se partage parfaitement. Actuellement je lis davantage qu’elle, il y a quelques années c’était tout le contraire. Nous avons des goûts approchants mais pas totalement similaires pour autant. Dominique est plus polar, je suis davantage thriller. Mais souvent quand il y a coup de cœur, il est commun. Elle s’est récemment lancée dans une lecture très éloignée de ce que je peux lire habituellement, mais elle m’en a tellement parlé que je vais prendre ce chemin de traverse un de ces quatre (il s’agit de Confiteor de Jaume Cabré). C’est aussi ça toute la richesse d’être deux gros lecteurs.

 

Nathalie : Tu es un boulivrique (mot de mon invention, contraction de boulimique du livre). Comment te sens-tu si tu ne peux pas lire au moins quelques pages dans une journée ou si tu n'achètes pas les dernières parutions qui te font saliver depuis des mois ?

J’adore ce mot ! Si tu n’en as pas déposé les droits, je me permettrais de le replacer ;-). Déjà, comme je suis accro aux nouveautés et que j’ai la chance de pouvoir consacrer un budget conséquent à mes lectures, je ne salive en général pas durant des lustres. Si je salive, il me le faut rapidement et sinon il risque de se faire supplanter par un autre livre qui me fera saliver à son tour (et donc tomber dans les oubliettes). Je suis clairement accro aux nouveautés, mais j’aime quand on me fait découvrir une perle rare du passé. Actuellement, il ne se passe pas un jour sans lecture. Même quelques pages peuvent suffire, mais sinon le manque est prégnant. C’est une drogue, mes amis, je vous le dis ;-).

 

La petite souris : Quand vas-tu enfin te décider à lire le "Manuel du Castor Junior" ? 

Ben, quand tu te décideras à me prêter ton exemplaire original, celui que tu as déposé au coffre de ta banque sous un faux nom (à défaut d’avoir autre chose à y déposer). Pour ceux qui se demandent ce que l’auteur de la question a fumé, c’est un peu une private joke entre nous ;-). En fait, pour dire la vérité, j’ai lu les 3 manuels durant ma jeunesse ! Je me rappelle même les avoir trimbalés partout avec moi, tellement ça fourmillait d’inventivité et de créativité à chaque page. Comme tu le vois, nous avons les mêmes bases littéraires ;-).

 

Karine : En qualité de passionné, prends-tu le temps de lire des critiques littéraires "pros", d'écouter ou de voir des émissions littéraires ? Vois-tu une évolution dans la blogosphère ? 

Concernant ta première question : non ;-). Du moins rarement. Je n’y retrouve que rarement les genres qui m’intéressent et ce genre de critiques professionnelles manquent à mon sens de ce qui m’intéresse (logiquement d’ailleurs) : la passion et l’émotion. Chacun son métier, nous blogueurs ne sommes en aucun cas des critiques et encore moins professionnels ! Que chacun reste à sa place. Quant à la blogosphère, je trouve la situation assez paradoxale. De moins en moins de gens lisent et de plus en plus de personnes montent un blog. Cela prouve que chacun a aujourd’hui la possibilité de faire entendre sa petite voix et c’est plutôt positif. Je suis convaincu que, plus nous serons à parler de littérature ou de musique, et plus nous pourrons participer à notre humble niveau à ce que ce désintérêt pour la lecture ou la musique ne deviennent pas un cimetière à ciel ouvert de l’imaginaire de l’homme. C’est pour ça que j’aime donner la parole à tous les acteurs sur mon blog : auteurs, musiciens mais aussi libraires, éditeurs et mes collègues blogueurs. Il est également plus « facile » de se faire éditer qu’avant. Mais ça ne veut pas dire que le livre ou l’album se vendra pour autant. Les chiffres de vente qui circulent concernant les jeunes auteurs sont parfois assez effrayants. Et à ce niveau, les blogueurs ont une place vitale pour parler de ces auteurs méconnus et leur donner une espace dans le paysage. Il suffit parfois d’un petit rien pour lancer quelqu’un.

 

Pierre : Tu viens de publier tes coups de coeur récents, mais quels sont tes 10 polars préférés de tous les temps ?

Je vais te raconter une petite histoire, Pierre (je peux, on est juste entre nous, hein) ;-). J’ai beaucoup lu durant ma lointaine jeunesse, et à partir d’un moment je me suis retrouvé à peu lire. La lecture est revenue dans ma vie il y a quelques années (pour plusieurs raisons qui ne vont intéresser personne) et j’ai replongé corps et âme dans cette passion (en général, quand il s’agit de passion, je ne fais pas les choses à moitié). Bref, tout ça pour te dire que lister mes 10 polars préférés risque de ne pas être cohérent, du fait de ce trou dans le temps. Je vais donc tricher et te lister mes 10 romans préférés parmi 10 genres différents (vous remarquerez l’incohérence totale de la démarche par rapport à ce que je racontais un peu plus haut concernant les boîtes) ;-), en tentant volontairement de ne pas citer deux fois le même auteur (sinon je vais citer King à tous les étages).

Mon thriller préféré : Les apparences de Gillian Flynn (2012), parce qu’au niveau de l’analyse psychologique des personnages et des relations humaines au sein de notre société actuelle, Flynn est allée au plus profond. Quant au scénario, plus machiavélique, c’est difficile et j’adore ça ;-).

Mon polar préféré : je vais tricher et en citer deux : Le dernier Lapon d’Olivier Truc (2012) et Yeruldelgger de Ian Manook (2013), deux romans qui explosent les frontières du polar traditionnel en explorant d’autres contrées, d’autres mœurs et remettrent en cause nos belles certitudes.

Mon roman noir préféré : Back up de Paul Colize (2012). Qu’est-ce qu’un roman noir ? Vaste débat ;-). Le roman de Colize est tout à la fois et totalement inclassable. Suspense, émotions, profondeur du récit et des personnages, mélange du réel et de la fiction … Un roman à part, totalement inoubliable. Et il parle de rock et ça c’est la cerise ultime sur le gâteau.

Mon roman d’horreur préféré : Spectres de Dean Koontz (1986), parce que cet auteur (durant cette partie de sa carrière) n’avait pas son pareil pour instiller le frisson et la peur. Depuis, il est passé à autre chose.

Mon roman fantastique préféré : Replay de Ken Grimwood (1988). Un principe de « retour vers le passé » qui pourrait sembler rabâché, mais qui donne un récit d’une intensité émotionnelle inégalée, à mon sens. Un parcours initiatique étonnant et une incroyable histoire d’amour.

Mon roman de fiction préféré : Room de Emma donoghue (2011). Sans doute le roman qui m’a le plus touché dans ma vie (juste après le dernier de cette liste). Un récit extraordinaire, raconté à travers les mots et l’esprit d’un enfant de 5 ans qui ne connaît rien d’autre que quatre murs. Une histoire difficile et qui pourtant illumine de mille feux.

Mon roman de SF préféré : Dune de Franck Herbert (1970), parce que ce fut ma première incursion dans cet étrange monde de la SF (je devais avoir 14 ans), que j’en ai bavé comme jamais à lire ce récit à cet âge là et qui pourtant est le vrai début de mon amour pour les lectures de l’imaginaire (et quand je parle d’imaginaire, j’inclus l’ensemble des genres cités dans cette liste).

Mon roman de récit post-apocalyptique préféré : Julian de Robert-Charles Wilson (2011), parce que je suis particulièrement friand de ce genre de récit, que Wilson est un merveilleux humaniste qui nous prouve qu’une vision désenchantée de l’avenir peut aussi être porteuse (d’un peu) d’espoir.

Mon roman « jeune adulte » préféré : la trilogie du Chaos en marche de Patrick Ness (2009, 2010, 2011).Quand les auteurs ne prennent pas les ados et les jeunes adultes pour des cons, ça peut donner des réussites étonnantes, où les auteurs osent aller bien plus loin dans l’imaginaire que beaucoup d’écrivains « adultes ». Cette trilogie, dont les tomes sont pour moi indissociables, est un feu d’artifice d’originalité, autant en ce qui concerne la forme, le style, que l’histoire. Ness est un peu un alchimiste.

Mon roman humoristique préféré : Le vieux qui ne voulais pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson (2011), ou la preuve que l’on peut faire rire de manière intelligente et une nouvelle démonstration de l’étonnante capacité d’imagination de l’être humain.

Et puis le 11ème de la liste, mon roman préféré de tous les temps : 22/11/63 de Stephen King. Pour moi le chef d’œuvre absolu, la quintessence de ce qu’a pu proposer King dans sa carrière. Tout y est, tout ce que je recherche dans un roman … Tout est encore d’avantage. LE livre, pour moi.

 

Belette : Tous ces chouettes livres que tu chroniques, tu les choisis de quelle manière ? Bouche à oreilles ? Blogs ? Babelio ? Tu déambules dans une librairie et tu suis ton instinct ? Quels sont très critères de choix ?

Tout ça en même temps, chef ! Ma curiosité naturelle se nourrit de ces multiples sources. J’aime lire les avis et les ressentis de mes collègues blogueurs. C’est même indispensable ! Si c’est un livre que j’ai lu, j’adore confronter mon avis aux leurs, c’est une richesse de tous les instants, même quand l’avis diverge totalement du mien. Si c’est un livre que je n’ai pas lu, j’ai tendance à zapper la partie où le livre est résumé et scruter avec attention tout ce qui concerne le ressenti et l’émotion du chroniqueur (c’est tout personnel comme façon de lire les articles). Le bouche à oreilles et tout aussi important, parce qu’il fait également appel à un ressenti. Les avis de lecture sur Facebook sont aussi importants pour moi que ceux des blogs. Babelio, pareil que les blogs, c’est une mine d’informations et d’avis divers (voire contradictoires) : passionnant ! Enfin, déambuler dans une librairie est, pour moi, la sucrerie ultime. Je pourrais y passer des heures, profiter de l’ambiance autant que des livres, tomber au hasard sur une couverture qui m’attire l’œil, un post-it du libraire qui me titille le ciboulot … La librairie est un lieu un peu magique, où mes yeux s’agrandissent comme un enfant devant un sapin de Noël bien garni. Ensuite vient la dure réalité et cette fameuse pile de livres à lire qui prend des proportions dantesques, montagneuses, en équilibre totalement instable.

 

Carine : La musique a une place importante dans ta vie. Est-elle liée systématiquement à la lecture ou considères-tu qu'il y a un temps pour tout et par conséquent tu ne mêles jamais ces deux passions ?

Merci Carine de rappeler que mon blog est littéraire ET musical ! Ce sont effectivement deux passions dévorantes, même si celle concernant la musique est plus ancienne. Je ne suis pas certain que ces deux domaines font appel aux mêmes zones du cerveau (je ne suis pas neurologue). Pour preuve, Il m’arrive régulièrement de lire tout en écoutant de la musique. Mais pas toujours cependant, selon l’humeur du jour et le livre ou l’album concerné, le mélange n’est pas compatible. Certaines lectures me demandent une attention de tous les instants et de tous mes sens. Pour ces bouquins là, le silence doit être total. Si je ressens ce besoin, c’est que le livre en question sera unique et sa lecture une expérience marquante. Lecture ou musique : ce dont je suis convaincu, par contre, c’est que les émotions procurées peuvent être les mêmes !

 

Nous tous : Le mot de la fin t'appartient, allez lâche toi !

Un matin en me levant j’ai eu un flash et l’idée saugrenue de monter un blog. Je n’imaginais pas une seconde de ce que cela aller impliquer dans ma vie. Du taf, ça c’est certain, mais surtout des rencontres incroyables, de celles qui me font me rassurer sur la nature humaine (j’ai quelques doutes parfois …).

Le blog et par extension Facebook (sur lequel je refusais pourtant catégoriquement de ne mettre qu’un doigt de pied) m’ont permis de côtoyer des personnes épatantes et d’une belle humanité. Les échanges que je peux avoir avec les lecteurs, blogueurs, auteurs, musiciens, libraires et éditeurs sont d’une magnifique richesse et sont un bel oxygène pour le quotidien.

Des passionnés et des amis (si on m’avait dit que j’utiliserai ce mot il y a encore quelques mois, j’aurai éclaté de rire) qui font vivre les mots, vibrer les notes et les émotions. J’ai donc un grand merci à dire à ces personnes qui se reconnaîtront. Sinon, continuons tous à parler de nos passions, des livres et de ceux qui les font vivre ! Entrons en résistance positive contre le fait que cette passion qui semble disparaître du cœur de pas mal de monde. Je vais arrêter mon discours larmoyant : BORDEL : achetez des livres et des CD !!! ;-)

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LA MORT EN ROUGE de Pierre Gaulon

Publié le 20 Novembre 2013 par Carine Boulay

Premier roman du genre, auteur français et couverture attrayante, voilà un rapide constat qui aiguise ma curiosité. En creusant un peu plus, je découvre l’attraction quasi viscérale de cet auteur pour les livres.

Alléchée, je me laisse tenter par LA MORT EN ROUGE …

Les livres ont toujours fait partie intégrante de ma vie. J’ai fait des études littéraires pour étancher ma soif de lire et m’abreuver de nouveaux auteurs, puis j’ai passé des concours de bibliothécaire afin d’être au plus près des livres, je suis devenu professeur de français pour communiquer mon amour de la littérature et j’ai travaillé en librairie… Les livres me suivent partout où je vais, ou plutôt je vais partout où ils se trouvent.

Pierre Gaulon

LA MORT EN ROUGE de Pierre Gaulon

Clément Danver, étudiant en dernière année de licence de lettres modernes vient de vivre les minutes les plus éprouvantes de sa brève existence. Il y a encore peu de temps, un homme totalement affolé tambourinait à sa porte, le suppliant de le laisser entrer. Paralysé par la peur, Clément était resté stoïque et avait aperçu l’homme se jeter du haut du cinquième étage à travers l’œilleton. Mais ne lui avait-il pas semblé entrevoir derrière l’homme, une femme spectrale à la chevelure maculée de sang ? Sous l’emprise de l’alcool, ses perceptions semblaient avoir été altérées.

Suite à la découverte du cadavre, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Serinam est nommé directeur d’enquête. Le probable suicide du dénommé Yvan Lamet est une hypothèse qui ne le satisfait guère.

Simultanément, Lou Venucci ex-officier de gendarmerie reconvertie en détective privé, enquête sur la disparition d’une jeune fille. Aucune piste, aucun suspect à interroger jusqu’à ce qu’elle découvre que cette dernière aurait été aperçue approximativement à l’heure et à l’endroit même où Yvan Lamet s’est suicidé.

Deux évènements exceptionnels qui se déroulent au même endroit et au même moment … Fallait-il croire au hasard ?

« La vengeance vieille de cent ans a encore ses dents de lait »

Proverbe afghan

Devenu malgré lui le témoin oculaire d’une scène abominable, Clément Danver éprouve un fort sentiment de culpabilité. Mais plus encore, il est terrorisé par la femme spectrale qu’il lui a semblé voir. Fantôme ou pas, seule la résolution de cette énigme apaisera ses craintes.

Le lieutenant Serinam lui, patauge. Ce suicide probable ne trouve aucune explication tangible pour l’homme cartésien qu’il est.

Quant à la détective privée Lou Venucci, jeune femme passionnée à l’imagination débordante, il ne faut jamais se fier aux coïncidences …

La vengeance … Source inépuisable et intemporelle !

Dans ce savoureux roman, Pierre Gaulon mêle habilement récit historique et suspense. Grâce à un court prologue, qui sera le socle d'une histoire débutant presque sept décennies plus tard, il nous offre une mise en bouche qui crée sans attendre le suspense, éveillant ainsi l’intérêt du lecteur.

Intrigue complexe bâtie autour d’histoires parallèles, les chapitres scandent le roman entre passé et présent sans jamais égarer le lecteur. En effet, l’élaboration d’un roman fort bien structuré associée à la fluidité de l’écriture permet de profiter pleinement du récit.

LA MORT EN ROUGE est un thriller construit dans les règles de l’art et avec le plus grand soin. Une très belle découverte que je vous recommande vivement …

LA MORT EN ROUGE de Pierre Gaulon

LA MORT EN ROUGE

Pierre Gaulon

City éditions

Thriller

295 pages

Site de l'auteur

Pierre gaulon a 30 ans. Après des études de lettres modernes spécialisées dans la littérature fantastique et un an en tant que professeur de français, il partage désormais son temps entre son travail dans l'univers du jouet et l'écriture. En 2006 il publie son premier roman: "Tendres tortures", un écrit dérangeant sous fond de crise existentielle. La mort en rouge constitue son deuxième roman, une histoire mêlant l'Art, la folie et la passion, dans laquelle les hommes portent leur passé comme un fardeau trop lourd qui finira par ronger leur vie, leur amour.

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HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

Publié le 23 Octobre 2013 par Carine Boulay

En 2012, je découvrais Gaëlle Perrin-Guillet à travers un recueil de nouvelles, intitulé «Les auteurs du noir face à la différence ». Quinze auteurs, quinze talents, quinze histoires très noires afin d’illustrer la différence. Saisissantes, originales, imprévisibles, touchantes ou insoutenables, la diversité de ces nouvelles créait au final un livre marquant qui me permettait par la même occasion de découvrir de nouvelles plumes. Quelques coups de cœur plus tard, je me faisais la promesse d’en approfondir certaines. C’est chose faite avec l’une d’entre elles, celle de Gaëlle Perrin-Guillet avec son dernier roman, HAUT-LE-CHŒUR.

HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

C’est sans grand enthousiasme, qu’Alix Flament planche sur la une de son journal qui livrera en pâture dès le lendemain matin, un homme politique accusé de viol.

Actuellement journaliste politique, elle était six ans auparavant une spécialiste reconnue des affaires criminelles. C’est aux côtés des forces de police qu'elle avait enquêté sur différents crimes lors des dix dernières années.

Mais c’est l’affaire Frezet qui avait été le point culminant de sa carrière. La parution de son livre d’entretiens avec Éloane Frezet, la pire des tueuses en série que le pays ait connu depuis le XIXe siècle, l’avait propulsé face aux médias. Avec ce fait-divers sa carrière s’était envolée. Sa vie aussi.

Se voyant refuser une remise de peine pour bonne conduite, Éloane Frezet menace de s’évader et de tuer Alix.

Une promesse mortelle qui se matérialise cette nuit même, sous la forme d’un appel téléphonique. La tueuse la plus tristement célèbre de son époque vient de s’échapper de prison et a soif de vengeance.

Quand je sortirai, tu seras la première prévenue … Je saurai te retrouver.

P. 12

De confidente, statut concédé par Éloane Frezet il y a quelques années, Alix Flament se voit revêtir désormais celui de victime. En effet, la tueuse a décidé d’édifier son macabre jeu de piste autour de la journaliste, faisant d’elle sa marionnette.

Qu’est-ce qui a conduit Éloane Frezet, une femme que rien ne prédisposait à la violence, à basculer et à s’enfoncer dans le côté le plus sombre de l’humain ? Quels sont les desseins de cette psychopathe totalement habitée par sa folie meurtrière ?

La journaliste Alix Flament va tenter de décrypter et de comprendre les motivations de ce monstre à commettre de tels actes, afin de mettre un terme définitif à ce qu’elle a baptisé « sa grande œuvre ».

Si au fond de chacun de nous résidait une poussière d’animalité capable de nous faire commettre les pires folies sous l’influence du déclencheur le plus vieux du monde : l’amour ?

P. 58

Dès les premières pages, le tempo est donné. Nous assistons à l’évasion de la plus abjecte des tueuses en série de ces dernières années. Débute alors une intrigue construite autour de l’affrontement de deux femmes, avec d’un côté cet être à part devenu monstre, et de l’autre cette journaliste qui a vu sa carrière décoller, au détriment de sa vie.

Avec l’insertion de quelques-uns des entretiens consentis par Éloane Frezet à l’ancienne spécialiste d’affaires criminelles, Gaëlle Perrin-Guillet installe une atmosphère particulièrement pesante et angoissante.

Le duel va progresser au gré des indices judicieusement essaimés par l’auteure, jusqu’à l’ultime face à face tant attendu. Et là, point d’espoir déçu ! Malgré mon opiniâtreté à découvrir le mobile de cette psychopathe hors norme, l’habileté de Gaëlle Perrin-Guillet aura eu raison de mes élucubrations.

Avec HAUT-LE-CHŒUR, Gaëlle Perrin-Guillet nous offre un roman bien orchestré qui s’avale comme du petit lait

HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

HAUT-LE-CHOEUR

Gaëlle Perrin-Guillet

Thriller

Éditions Rouge Sang

275 pages

Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (le Sourire du diable en 2010 et Au fil des morts en 2011), elle participe à deux recueils des Auteurs du noir face à la différence (2012 – Éditions JIGAL et 2013 L’atelier Mosesu). Haut-le-chœur est son premier roman publié aux Editions Rouge Sang.

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BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

Publié le 7 Octobre 2013 par Carine Boulay

Au travers de mes romans, un seul sentiment m’intéresse, le sentiment amoureux et ses multiples déclinaisons : aimer, quitter, désaimer, découvrir, être quitté, retrouver, perdre, attendre, espérer … Dans BESO DE LA MUERTE, c’est la passion poussée jusqu’à la folie qui est ici mise en scène.

Gilles Vincent

Rappelez-vous, c’était il y a quatre mois environ. DJEBEL, mon premier rendez-vous avec Gilles Vincent se couronnait par un coup de foudre littéraire. Pressée d’explorer un peu plus l’univers de l’auteur, c’est avec ardeur que j’entame BESO DE LA MUERTE …

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

Août 1936, Espagne

Accusé de sympathie républicaine, Federico García Lorca est exécuté quelque part entre Viznar et Alfacar.

Août 2011, France

Abandonné entre les rails, le corps carbonisé d’une jeune femme est retrouvé dans la petite gare de la Blancarde à Marseille.

Entre ces deux morts, s’écrivent les tragédies du vingtième siècle, les secrets d’État, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète.

Entre ces deux âmes suppliciées, un pacte étrange, bien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia.

"El beso de la muerte … Le baiser de la mort … Lorsqu’on enquête sur un sujet brûlant, au moment précis où l’on touche la vérité, il faut l’approcher encore, cette vérité, l’approcher jusqu’à l’embrasser. Et ce baiser, peut parfois vous tuer."

Au terme d’une soirée noyée dans l’alcool avec ses collègues, Thomas Roussel rentre chez lui. Une soirée de plus à ignorer Claire, sa compagne depuis cinq ans. Mais ce soir, c’est la fois de trop. Après avoir vidé son sac, Claire prend ses cliques et ses claques. Un départ sans retour.

Quatre ans plus tard, il a trouvé en Délia un nouvel amour. Après quatre années d’absence sans un mot ni une explication, Claire lui téléphone durant son mariage. Elle a été enlevée car elle a mis à jour un secret explosif lors de ses recherches pour l’écriture de son livre. Des révélations qui vont bousculer de très importantes personnalités de la sphère politique mais qui risquent également de lui coûter la vie. Rien ne compte plus pour Thomas Roussel, commissaire à la police judiciaire de Pau, de mener cette affaire à son terme afin de pouvoir partir serein en voyage de noces.

Savoir débuter un roman est primordial, Gilles Vincent l’a bien compris. C’est au cœur d’une Espagne en furie qu’il s’accapare le lecteur dès le prologue, puis qu’il déroule avec brio le fil d’une histoire passionnante.

Déployant les ressources de son talent, l’auteur nous offre un roman taillé au cordeau. Intrigue complexe, personnages fouillés et sensibilité dans l’écriture, Gilles Vincent comble son lecteur par son savoir-faire.

Je suis littéralement sous le charme de l’écriture de cet auteur qui utilise à merveille la matière première essentielle de l’écrivain, les mots.

Avec BESO DE LA MUERTE la magie opère une nouvelle fois et je fais un vœu : « jamais deux sans trois ».

" ... C’est d’abord une histoire d’amour. Une putain d’histoire d’amour comme on en voit rarement. Une quête insensée …"

Federico García Lorca Federico García Lorca

Federico García Lorca

A Federico García Lorca

On le vit marchant entre des fusils

Par une longue rue  
Qui donnait sur la campagne froide  
de l'aube, encore sous les étoiles.  
Ils tuèrent Federico  
Alors que pointait la lumière.  
Le peloton de bourreaux  
N'osa pas le regarder au visage.  
Tous fermèrent les yeux ;  
Ils prièrent ... Dieu lui-même ne te sauverait pas ... 

Federico tomba mort  
- du sang sur le front, du plomb dans les entrailles -  
... C'est à Grenade que le crime eut lieu,  
Vous savez - pauvre Grenade ! - dans sa Grenade !  

[...] 
On les vit s'éloigner ... 
Taillez, amis, 
Dans la pierre et le rêve, à l'Alhambra, 
Une tombe au poète, 
Sur une fontaine, où l'eau pleure, 
et, éternellement dise : 
Le crime eut lieu à Grenade ... dans sa Grenade !

Ce poème de Machado fut publié pour la première fois le 17 octobre 1936 dans l'hebdomadaire "Ayuda".

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

BESO DE LA MUERTE

Gilles Vincent

Éditions Jigal

244 pages

Gilles Vincent est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Un grand-père député du Front Populaire, grand résistant, déporté … Une grand-mère institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père professeur de Fac, une mère professeur de Lettres, puis psychanalyste (personne n'est parfait). Et c'est du côté de Valenciennes que Gilles Vincent passe sa jeunesse dans laquelle ne trouvent grâce à ses yeux que les livres, les histoires, les contes et les légendes. À quatorze ans, au Maroc, il découvre Frédéric Dard (et sa seconde identité, San Antonio), et dévore tout "San Antonio" jusqu'à en oublier la magie du désert. Sa décision est prise : plus tard lui aussi racontera des histoires. À vingt ans, il abandonne ses études pour une carrière de commercial. Puis il rejoint le Sud, Marseille tout d'abord puis les environs de Pau où il vit depuis quelques années, tout entier consacré à "l'aventure des mots" : ateliers, classes, conférences et romans. Il a publié quatre romans dont Djebel, un polar dont Isabelle Adjani a acheté les droits cinématographiques. Il a reçu le Prix Marseillais du Polar 2010 pour son roman Sad Sunday. Dans les auteurs qui l'ont marqué, on retrouve Marguerite Duras, Didier Van Cauwelaert, Cormac McCarthy et Frédéric Dard bien sûr ! Dans ses passions se mêlent le ciné, les bouffes entre copains, les courses autour du lac, la lecture bien, les rêves, tous les rêves et Madrid où il se verrait bien vivre un jour ...

Bibliographie : 2012, Parjures (Jigal, "Polar"); 2011, Peine maximum (Jigal, "Polar"); 2010, Les Essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines (Jigal, "Polar"); 2008, Djebel (Timée, "Thriller").

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