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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

NUIT BLANCHE de Sylvie Chaussée-Hostein

Publié le 26 Septembre 2013 par Carine Boulay

Aujourd’hui ce n’est pas d’un roman dont je vais vous parler, mais d’une nouvelle. NUIT BLANCHE de Sylvie Chaussée-Hostein est un court récit de fiction composé d’une vingtaine de pages qui se présente sous la forme d’un e-book. Adepte du bon vieux livre papier, c’est un format de lecture dont je n’ai pas l’habitude. La nouvelle me paraît parfaitement adaptée pour inaugurer le livre numérique …

NUIT BLANCHE de Sylvie Chaussée-Hostein

Dans les montagnes du nord-ouest des États-Unis, une violente tempête de neige s’annonce.

Un tourment de plus pour Martha qui cherche à franchir le col de Werner cette nuit même.

Alors qu’elle affronte une route dangereuse et verglacée, une autre tempête se déchaîne dans sa tête : celle du souvenir de ses dernières vacances en famille.

Soudain, surgissant du sous-bois, un étrange auto-stoppeur la supplie de le laisser monter à bord de sa Dodge.

Fermement déterminée à continuer sa route malgré la dangerosité de son périple, Martha se remémore les vacances qu’elle a partagées avec sa famille dans leur chalet familial de Sachaweaga Crest. Après une année professionnellement chargée, son couple avait glissé à l’arrière-plan. Ces vacances ont été pour eux l’occasion de se retrouver.

Plongée dans ses souvenirs, Martha évite de justesse un homme planté au milieu de la route. Visage hagard et littéralement gelé, elle n’a pas le temps de reprendre ses esprits qu’il s’arc-boute déjà à sa portière …

En fait, tout aurait pu être presque parfait, lors de ce séjour.

P.6

Semblable à un « mini » road-movie, Sylvie Chaussée-Hostein nous embarque dans une glaciale et redoutable traversée.

Tantôt nostalgique, tantôt énigmatique, l’auteure a tricoté une narration à mailles serrées, qui nous entraîne de fil en aiguille vers un déconcertant mais remarquable dénouement.

Au vu de sa brièveté, la nouvelle est un exercice qui se doit d’être sans failles. Sous une apparente simplicité, la nouvelle exige concision et efficacité de manière à optimiser le résultat. C’est ce qu’a brillamment réalisé Sylvie Chaussée-Hostein avec NUIT BLANCHE, en nous proposant un format court fort bien conçu, le tout dans les règles de l’art.

La nouvelle était effectivement parfaite pour débuter avec le livre numérique. Cependant, il va falloir que j’investisse dans un support adapté, car la lecture sur l’ordinateur n’est pas très confortable …

NUIT BLANCHE de Sylvie Chaussée-Hostein

NUIT BLANCHE

Sylvie Chaussée-Hostein

Thriller

Pour commander le livre cliquer ici

24 pages

Globe-trotter d'origine parisienne et bretonne, elle est installée depuis une quinzaine d'années entre l'Ile Maurice et La Réunion, où elle continue de collaborer à l'émission télévisée de voyages "Zone Australe". Ses multiples tours du monde l'ont menée à travers les plus beaux paysages de la planète, parmi les peuples les plus attachants, au cœur des cultures les plus captivantes. Elle en a rapporté des mots forts, qu'elle nous livre, avec sa collection « 3 voyages », dans un style riche, alerte et poétique. Ces ouvrages à thème, sur un pays, une région du monde ou un attrait touristique particulier, posent un regard à la fois personnel et ouvert sur la découverte de l'autre. Sylvie Chaussée-Hostein s'inscrit ainsi dans la grande lignée des écrivains voyageurs. Depuis 2013, elle aborde également la fiction. Sa nouvelle "Nuit blanche", un thriller en forme de « road-story », vous tiendra en haleine jusqu'à un dénouement stupéfiant.

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LES SECRETS DU CYLINDRE d'Isabelle Bruhl-Bastien

Publié le 11 Septembre 2013 par Carine Boulay

Mon père est décédé en 2007. Chaque jour, j’ai une pensée pour lui. En janvier 2010, alors que je pensais à lui, l’idée m’est venue. Cela peut paraître étrange à certains, mais c’était un peu comme si c’était lui qui m’envoyait cette histoire. Je me suis précipitée sur un carnet afin de noter ce que j’avais en tête. Puis, installée devant l’ordinateur mes doigts ont pianoté sur le clavier... et c’était parti pour cette belle aventure.

Isabelle Bruhl-Bastien

LES SECRETS DU CYLINDRE d'Isabelle Bruhl-Bastien

Après de brillantes études, Julie a aisément réussi le concours d’entrée au Centre de Recherche Astronomique de Lyon. Aujourd’hui, à bientôt 35 ans, elle est reconnue comme l’un des meilleurs chercheurs par ses pairs.

Mais le décès de son père l’amène à tourner la page de sa vie lyonnaise et à revenir en Haute Saône, dans la maison de son enfance.

En guise de testament, son père lui a laissé des « lettres-énigmes » formant un gigantesque jeu de piste.

Point de trésor à trouver, encore moins de vérité. Quelque chose de beaucoup plus subtil …

« J’ai décidé de t’offrir le bien le plus précieux. Je ne devrai même pas employer le terme « bien », car qui dit « un bien » dans le sens le plus couramment utilisé, associe ce terme à la possession, donc à « l’avoir ». Or, je te propose « d’être ». »

« À mon père ». C’est par ces quelques mots qu’Isabelle Bruhl-Bastien ouvre son roman à la mémoire de son père. Sobre et pudique, l’en-tête est à l’image de ce premier roman de l’auteure.

Pas de crime sanglant au programme -pour cette fois- mais le récit de l’énigmatique voyage d’une jeune femme à la recherche de ses origines. Fille unique, Julie n’a jamais connu sa mère morte en couches. Au décès de son père, c’est par le biais d’un jeu de piste que celui-ci souhaite l’amener sur le chemin de son histoire familiale. À la manière d’un puzzle, Julie va reconstituer les fragments de la vie de ses parents pour découvrir qui elle est, et d’où elle vient.

En assumant un présent, je ressaisis et je transforme mon passé, j’en change le sens, je m’en libère, je m’en dégage …

Merleau-Ponty

Simplicité dans le ton mais également dans les émotions dépeintes, LES SECRETS DU CYLINDRE est un roman tout en retenue. L’auteure glisse doucement de l’histoire familiale à la quête personnelle, en ménageant mystère et suspense.

LES SECRETS DU CYLINDRE ou le récit d’une jeune femme soumise aux vicissitudes de la vie donne matière à réflexion et nous incite à faire le point sur nos priorités.

Un épilogue qui m’a totalement pris au dépourvu et ce malgré son air de déjà-vu. Je me suis laissée avoir comme une bleue, pour mon plus grand plaisir !

Finesse, sobriété, nostalgie et sensibilité voilà l’harmonie tendre mais jamais doucereuse que nous offre Isabelle Bruhl-Bastien avec son premier roman.

Sophrologue depuis plusieurs années, Isabelle Bruhl-Bastien signe ici son premier roman. Cette ancienne infographiste, originaire du Pays de Montbéliard vit dans un petit village du Territoire de Belfort. Créatrice dans l'âme, elle s'est essayée à la peinture, mais c'est dans l'écriture qu'elle trouve sa passion. En alliant psychologie des personnages, suspense et mystères de la vie, elle fait voyager ses lecteurs sur les routes de France , notamment en Franche-Comté.

LES SECRETS DU CYLINDRE d'Isabelle Bruhl-Bastien

LES SECRETS DU CYLINDRE

Isabelle Bruhl-Bastien

Éditions du Citron bleu

Série Citron mystère

Le site de l'auteure

269 pages

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LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé

Publié le 12 Août 2013 par Carine Boulay

En juin dernier sortait en salles LA MARQUE DES ANGES - MISERERE, l’adaptation cinématographique du roman de Jean-Christophe Grangé, initialement paru en 2008. Les Éditions Albin Michel ont pour l’occasion publié une nouvelle édition. Une quatrième de couverture énigmatique et intrigante à souhait, il ne m’en faut pas plus pour succomber à la tentation …

Appuyez sur la touche lecture pour lire la chronique en musique ...

Composé en 1638, le Miserere de Gregorio Allegri est une œuvre musicale chantée a cappella, uniquement à la chapelle Sixtine lors de la semaine sainte. Cet ouvrage a conservé une réputation de mystère et d'inaccessibilité pendant les siècles écoulés, depuis sa composition jusqu'à l'époque moderne, avant tout de par le caractère exceptionnel d'une méditation qui semble imiter les voix angéliques. Basé sur un schéma musical très simple et atteignant très régulièrement le suraigu, il dégage un grand sentiment de pureté.

Source : Wikipédia

CE SONT DES ENFANTS.
ILS ONT LA PURETÉ DES DIAMANTS
LES PLUS PARFAITS.
AUCUNE OMBRE.
AUCUNE INCLUSION.
AUCUNE FAILLE.
MAIS LEUR PURETÉ
EST CELLE DU MAL.

4ème de couverture

LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé

Wilhelm Goetz, organiste et musicologue d’origine chilienne est retrouvé assassiné dans la cathédrale arménienne Saint-Jean Baptiste à Paris.

Le meurtre ayant eu lieu dans sa paroisse, l’ancien commandant Lionel Kasdan, aujourd’hui retraité, décide de réintégrer sa peau de flic. Ce flic du pavé possède une grande expérience du mal et de la violence. Une violence qu’il a réussie à canaliser et à reconvertir dans la traque des assassins.

Simultanément, Cédric Volokine, jeune inspecteur appartenant à la Brigade de Protection des Mineurs s’intéresse à cette affaire qui semble impliquer des enfants. Son point fort, le feeling avec les mômes.

Les meurtres s’enchaînent, le rituel et les messages du tueur évoluent.

Lionel Kasdan et Cédric Volokine, deux flics à la marge et totalement illégitimes vont s’enfoncer dans un labyrinthe de douleur et de cruauté afin de démêler les fils d’une affaire complexe qui mêle religion, châtiment et voix humaine.

Wilhelm Goetz est retrouvé mort d’un malaise cardiaque. À l’origine du décès, une violente douleur générée par la perforation de ses deux tympans. Cette mort peu banale n’est autre qu’un assassinat, qui sera le premier d’une série. Des meurtres à la chaîne auxquels Lionel Kasdan et Cédric Volokine vont tenter de mettre un terme.

Ce superbe pavé de 524 pages n’a pas fait un pli entre mes mains. Maîtrise, richesse et diversité, voilà les caractéristiques de ce roman. Jean-Christophe Grangé nous offre une intrigue complexe remplie de chausse-trappes, pourvue d’une écriture nerveuse parfaitement ajustée à l’intrigue. Nombreux sont les thèmes abordés, avec entre autres la religion, les tortionnaires, l’endoctrinement, le nazisme ou bien encore les dictatures militaires.

Ce qui au départ apparaît comme un jeu de dupes entre Lionel Kasdan, l’Arménien exilé et Cédric Volokine, « le Russe » va se révéler être une collaboration. Des motivations toutefois différentes dans la résolution de cette énigme pour nos deux partenaires de choc. Pour Lionel Kasdan cette affaire est la conclusion d'une époque voire une rédemption et l’occasion de solder tous ses comptes. Quant à Cédric Volokine en pleine cure de désintoxication, cette enquête paraît être la solution pour l’éloigner de l’abîme. Une enquête qui a besoin de lui. Mais par-dessus tout, il a besoin d’elle. Ces deux électrons libres vont rapidement se rendre compte que leur enquête est un cyclone et qu’ils se trouvent à l’intérieur de l’œil. Les deux partenaires de choc nous entraînent dans un périple au fin fond de la folie humaine.

Quel plaisir de m’abandonner à l’univers de l’un des maîtres incontesté du thriller français. Avec ce titre, Jean-Christophe Grangé nous offre un roman sombre à l’intrigue vertigineuse. Fascinée par le savoir-faire de l’auteur je n’en ai fait qu’une bouchée … LA MARQUE DES ANGES – MISERERE un thriller terriblement bon !

LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé

LA MARQUE DES ANGES - MISERERE

JEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ

Thriller

524 pages

Éditions Albin Michel

Né en 1961, Jean-Christophe Grangé vit à Paris. Grand reporter indépendant, il a collaboré à différentes agences de presse puis a cofondé sa propre agence, L and G. Auteur de reportages d'aventures et de reportages scientifiques, il collabore avec la presse française et étrangère. Parmi ses reportages les plus importants, on compte Nomades (série de six reportages sur les derniers peuples nomades dans le monde), Les Seigneurs des îles (série sur les milliardaires qui ont choisi de vivre sur une île), Le Trésor de Prusse (découverte des partitions originales des plus grands musiciens allemands, cachées dans un monastère polonais par les Nazis ), L'Homme bionique (plongée dans les systèmes informatiques intégrés au corps humain) ou encore Pharaons Noirs, retour vers le passé (premier reportage numérique qui reconstruit les mystérieuses pyramides de la civilisation koushite).
C’est lors d’un reportage sur les oiseaux migrateurs que naît l’idée de son premier roman, Le Vol des cigognes. Son deuxième thriller, Les Rivières pourpres, est adapté à l’écran par Mathieu Kassovitz ; Le film, comme le roman, connaît un immense succès en France mais aussi dans le reste du monde. Devenue culte, l’œuvre de Grangé est traduite en plus de trente langues… La plupart de ses thrillers ont été adaptés ou sont en cours d’adaptation au cin
éma.

LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
LA MARQUE DES ANGES - MISERERE de Jean-Christophe Grangé
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C'EST DANS LA BOITE de Frédéric Ernotte

Publié le 29 Juillet 2013 par Carine Boulay

L’idée de ces boîtes m’est venue lors d’un déménagement. En préparant les caisses, je suis tombé nez à nez avec un trésor de guerre de ma jeunesse. Une boîte à chaussures contenant divers souvenirs. Des tranches de vie. Face à ces objets insolites, je me suis demandé si quelqu’un d’autre que moi pourrait comprendre le sens de ce colis. À combien de kilomètres de la vérité tomberait une personne qui ouvrirait cette boîte ? » Quelques jours plus tard, devant un épisode Halloween des Simpsons, j’ai imaginé une nuit durant laquelle des personnages se lanceraient dans une ronde d’histoires. C’est dans la boîte était né !

Frédéric Ernotte

C'EST DANS LA BOITE de Frédéric Ernotte

Jeff Marnier. C’est mon nom. Je suis inspecteur à la Brigade criminelle depuis maintenant huit mois. À trente-cinq ans, je suis un fantôme sans famille et sans amis, passé maître dans l’art de la solitude. Ma seule compagne, la vodka.

Depuis peu j’appartiens à une communauté virtuelle. Un forum qui regroupe des enquêteurs du monde entier ironiquement baptisé la « boîte noire ». Je me sens revivre par ce lieu virtuel qui s’offre à ma curiosité. En seulement trois mois, je suis devenu l’un des membres les plus actifs.

Alors que l’enquête sur laquelle je bosse est au point mort, un tueur de flics sème la terreur dans la région. Il en a déjà eu deux de chez nous et nous venons de retrouver le corps de Catherine, une de mes collègues. Sa mort est pour moi l’occasion de partir faire le vide. La ronde des boîtes tombe à point nommé.

Je pars pour un huis clos secret entre inspecteurs à l’écart de tout. Une nuit en terre ardennaise qui s’annonce captivante. Une nuit durant laquelle soulever le couvercle d’une boîte peut vous laisser des traces indélébiles.

Nous vous convions à notre évènement « La ronde des boîtes ». Cette aventure unique vous permettra de passer du virtuel à la réalité l’espace d’une nuit. À l’écart de tout, huit membres de la « boîte noire » se retrouveront pour des heures inoubliables … Une fois la nuit passée, les participants se quitteront en signant le pacte que cette soirée n’a jamais eu lieu.

P. 23

Jeff Marnier est excité comme un gamin la veille de Noël. Il a rendez-vous dans les Ardennes belges pour une soirée assez étrange, réservée à quelques membres de la « boîte noire ». Chaque participant doit se munir d’une boîte à chaussures contenant cinq indices, concernant une affaire élucidée ou non. Successivement, chacun dévoilera le contenu de sa boîte aux autres, sans la moindre explication. Le groupe aura pour mission de découvrir ce qui se cache derrière ces indices.

Originalité. C’est le terme qui me vient instantanément à l’esprit pour définir C’EST DANS LA BOITE de Frédéric Ernotte. J’ai énormément apprécié la construction atypique de ce premier roman qui développe de multiples intrigues secondaires à l’intérieur de l’intrigue principale, et ce grâce à l’insertion de plusieurs nouvelles au cœur même du roman.

En attribuant une nouvelle à chacune des boîtes, Frédéric Ernotte alterne les niveaux de narration, engendrant de ce fait un rythme trépidant tout en provoquant chez moi une espèce de gloutonnerie quant à l’ouverture des boîtes. Que ce soit dans l’imbrication ou dans l’enchaînement de ces nouvelles, Frédéric Ernotte a parfaitement coordonné le tout afin de rendre l’ensemble cohérent et particulièrement attrayant.

Agrémentée de nombreux dialogues, l’écriture est très fluide et l’auteur distille plaisamment l’humour au fil des mots. Après un tel engouement, un regret cependant … Celui d’une fin mi-figue mi-raisin au lieu du bouquet final escompté.

Doté d'une construction remarquablement menée, C'EST DANS LA BOITE est un huis clos enthousiasmant et un premier roman prometteur ...

C'EST DANS LA BOITE de Frédéric Ernotte

C'EST DANS LA BOITE

Frédéric ERNOTTE

Thriller

252 pages

Avant-propos Éditions

Son blog

Frédéric Ernotte est né à Namur (Belgique) le 28 janvier 1982. Assistant social et journaliste de formation, ce jeune écrivain est un véritable touche à tout. C'est dans la boîte est son premier roman. Il est également à l'origine du blog journal d'un Workaholic, un espace virtuel où il dissèque notre quotidien sous la loupe d'un bourreau de travail.

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DEMAIN EST UNE AUTRE VIE de Thierry Serfati

Publié le 16 Juillet 2013 par Carine Boulay

«Envoûtant, à couper le souffle » titre Le Figaro à propos du roman de Thierry Serfaty, DEMAIN EST UNE AUTRE VIE. Quelques mots dithyrambiques qui aguichent et retentissent comme la promesse d’un excellent moment de lecture. Nourrissant l’espoir de voir se concrétiser la déclaration étalée sur la couverture, je me laisse tenter afin de me forger une opinion …

DEMAIN EST UNE AUTRE VIE de Thierry Serfati

La pluie gifle les vitres de ma voiture et s’étale en flaques troubles sur mon pare-brise. Je suis en retard. Mon portable sonne alors que le feu passe au rouge. Je décroche et j’accélère, essuyant au passage les reproches de ma femme Inès. Je viens de griller un feu rouge. Malgré les trombes d’eau je vois nettement le visage déformé du conducteur, qui lui, vient de passer au feu vert. Il me semble que le temps s’arrête. Je sais que je vais mourir …

Le lendemain matin je me réveille en sursaut. La revêche et distante Inès a disparu laissant place à la sublime et aimante Meredith. Mes deux garçons me sautent au cou avant de s’installer à la table familiale. Cette magnifique famille je ne l’ai jamais vu, avant ce matin.

Non je ne rêve pas. Je m’éveille d’un cauchemar traumatisant qui me poursuit depuis cet accident, six ans plus tôt. Mais lorsqu’Inès ressurgi dans ma vie, je suis prêt à tout pour sauver ce qui compte le plus pour moi, ma famille. Celle dont j’ai trop longtemps rêvé …

Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité"

Antoine de Saint-Exupéry

Jamie Byrne, est chirurgien dans l’un des plus grands centres hospitaliers des États-Unis, le Mount Sinaï Medical Center. Pleinement heureux dans son travail, Jamie est complètement désenchanté quant à sa vie conjugale. Lorsqu’il se réveille un matin avec une nouvelle famille à ses côtés, il est désemparé. Il l’est bien plus encore, lorsqu’il est accusé de meurtre …

C’est une véritable course contre la montre dans laquelle Thierry Serfati nous entraîne. Pris dans la tourmente avec Jamie, j’ai rapidement oublié mes quelques appréhensions inhérentes au bandeau de couverture et j’ai été happée par cette singulière cavale.

Des personnages touchants, une intrigue dynamique, un suspense constant, l’auteur nous emporte dans un tourbillon de plaisir.

Et quelle fin ! Je ne sais pas pourquoi, je redoutais une fin quelque peu convenue, mais pas le moins du monde. Au contraire même, Thierry Serfati nous offre un dénouement totalement imprévisible qui m’a épaté.

Qu’est-ce que j’ai bien fait de me laisser tenter ! DEMAIN EST UNE AUTRE VIE est un roman prenant qui devrait en séduire plus d’un …

DEMAIN EST UNE AUTRE VIE de Thierry Serfati

DEMAIN EST UNE AUTRE VIE

Thierry Serfati

349 pages

Édition J'ai lu

Site de l'auteur

Thierry Serfaty, né le 7 décembre 1967, est un docteur en médecine et écrivain français auteur de polars. Il a publié six thrillers. Son roman Le Sang des Sirènes a obtenu le prix Polar 2000 à Cognac et le prix Synopsis du meilleur roman adaptable à l’écran au Festival de Cannes en 2001. Afin d'éviter toute confusion entre les deux registres de livres destinés à des publics différents, Thierry Serfaty a choisi le pseudonyme d'Éli Anderson pour la série de romans jeunesse Oscar Pill. Une série composée de cinq tomes, illustrant le thème du combat du bien contre le mal à l'intérieur du corps humain. Il a également créé la série télévisée Le cocon.

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HOMICIDE POST MORTEM d'Olivier Kourilsky

Publié le 9 Juillet 2013 par Carine Boulay

Il y a un peu plus d’un an, je découvrais bien volontiers Olivier Kourilsky avec Meurtre pour de bonnes raisons. Aujourd’hui, c’est avec son sixième roman, HOMICIDE POST MORTEM que je poursuis ma découverte de l’auteur …

HOMICIDE POST MORTEM d'Olivier Kourilsky

L’ex-divisionnaire André Buchot a été assassiné à son domicile. L’arme du crime est un Beretta ayant appartenu à Jules Machefer, un flic pourri abattu quinze ans plus tôt.

Un message signé des initiales de Prosper Croquemétal alias Jules Machefer est retrouvé sur les lieux du crime.

Ce n’est qu’un début.

Ma vengeance va continuer.

Lentement mais sûrement.

P.C.

Quelques jours plus tard, c’est au tour du professeur Pierre Banari de recevoir le même message, lorsque sa fille et son compagnon sont arrêtés au Laos en possession de cannabis et d’une importante quantité d’héroïne.

Alors que les cadavres s’accumulent, le commandant Claude Chaudron et son équipe vont tenter de mener à bien leur enquête afin de découvrir qui se cache derrière cette histoire de revenant …

Le commandant Claude Chaudron et son équipe se trouvent en plein désarroi face à une enquête qui sort de l’ordinaire. Le zombie, nom de code donné au tueur par les enquêteurs de la Criminelle, menace clairement de s’en prendre à tous ceux qui ont joué un rôle dans la neutralisation de Machefer, quinze ans auparavant. Le temps presse car le zombie mène la danse, désorganisant ainsi le travail de Claude Chaudron et de son groupe.

Avec HOMICIDE POST MORTEM, Olivier Kourilsky nous offre un roman rythmé au suspense maîtrisé. Dans cette traditionnelle intrigue policière, il nous balade à sa guise, dirigeant tour à tour les soupçons sur plusieurs membres de l’équipe du commandant Chaudron, créant ainsi son lot de fausses pistes. Les quelques scènes se déroulant au Laos auraient mérité d’être plus approfondies afin de donner au roman la possibilité de se démarquer un peu plus.

C’est en tout cas avec satisfaction que j’ai retrouvé les qualités auxquelles j’avais pu goûter à la lecture de Meurtre pour de bonnes raisons, tant sur le plan de la réalisation que sur celui de l’écriture du roman. Intrigue classique mais efficace, élégance de la plume et zeste d’humour font de ce roman un bon moment de lecture.

D’agréables retrouvailles …

HOMICIDE POST MORTEM d'Olivier Kourilsky

HOMICIDE POST MORTEM

Olivier Kourilsky

Roman policier

212 pages

Éditions Glyphe

Site de l'auteur

Ancien chef de service de néphrologie - dialyse du Centre Hospitalier Sud - Francilien et professeur associé au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris, le docteur Olivier Kourilsky s’est lancé, il y a quelques années dans l’écriture avec une spécialité : des romans policiers dont l’action se déroule en milieu hospitalier. Il est l’auteur de 6 romans : Meurtre à la morgue, Meurtre avec prémédication, Meurtre pour de bonnes raisons qui obtiendra le prix Littré en 2010, Homicide par précaution,Dernier homicide connu et Homicide post mortem.

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LA MÉMOIRE DU BOURREAU de Maud Tabachnik

Publié le 3 Juillet 2013 par Carine Boulay

Auteure d’une trentaine de romans, Maud Tabachnik explore les noirceurs de l’esprit humain à travers ses romans politiques et historiques. Paru aux Éditions du Masque en 1999, LA MÉMOIRE DU BOURREAU vient d’être réédité chez J’ai lu. Une couverture évocatrice associée à un titre percutant, pour une première fois marquante …

LA MÉMOIRE DU BOURREAU de Maud Tabachnik

Anton Strübell, ancien commandant de camp SS vit paisiblement comme un riche aristocrate sous la protection du gouvernement syrien.

Son fils Gerhardt vient recueillir ses abominables souvenirs afin de les diffuser sur Internet. Anton Strübell raconte … Son idéal, son combat, ses espoirs mais aussi sa vie d’homme, sa femme et ses enfants.

Mais au fil des entretiens, Gerhardt supporte de plus en plus mal le passé de son père, empreint de mort, de violence et de cruauté.

Rapatrié en Allemagne suite à un problème de santé, Anton Strübell est sauvé par le Docteur Klein et devra affronter la mémoire de l’Histoire.

Maud Tabachnik plante le décor de manière originale en ouvrant son roman directement par un dialogue. Une conversation entre un père et son fils, quoi de plus banal ? Le tête-à-tête prend une tournure nettement moins ordinaire lorsque le père est un des principaux chefs SS rescapés de la guerre.

Pour rédiger LA MÉMOIRE DU BOURREAU l’auteure s’est glissée dans la peau d’un tortionnaire. Un homme qui par soumission a volé, déporté, torturé et tué. Un nazi convaincu, qui avait pour mission de donner la chasse aux Juifs désignés comme les principaux responsables de la pitoyable situation de l’Allemagne. Un soldat prêt à donner sa vie pour le Führer, qui admettait que sacrifier « les fruits pourris d’une récolte » était une décision qui s’avérait nécessaire, puisqu’elle ne concernait que des sous-hommes, des déchets de cette humanité qu’il fallait sauver. Un homme persuadé que le national-socialisme était l’espoir et qui pensait au destin grandiose qui l’attendait grâce au Führer. Un homme prêt à tout recommencer …

Nous étions persuadés que le Reich allait durer mille ans ; que notre race dominerait, et montrerait le chemin. Nous voulions pour nos enfants ce qu’il y avait de mieux. Chaque ennemi que nous terrassions était une marche qui nous hissait plus haut vers la victoire. Que valaient pour nous ces populations misérables, que nos chefs nous désignaient comme n’appartenant pas à l’humanité, et dont il fallait se défaire ? Nous voulions créer un homme nouveau, un monde nouveau. Nos chefs nous avaient persuadés que nous le pouvions. Eux, d’une Allemagne écrasée et humiliée, avaient fait l’élite des nations. Elle combattrait contre tous et elle vaincrait.

P121

LA MÉMOIRE DU BOURREAU de Maud TabachnikLA MÉMOIRE DU BOURREAU de Maud Tabachnik

Élevé dans l’idéologie national-socialiste, son fils qu’il pensait acquis à ses idées va progressivement évoluer. Gerhardt prend peu à peu la mesure de la monstruosité des actes commis par son père et l’héritage paternel devient lourd à porter.

Tu connais mes idées, c’est hélas toi qui me les as données. Mais t’entendre jour après jour, évoquer vos exploits guerriers, m’a fait comprendre que le mouvement nazi a été dirigé par des monstres. Des pervers fanatiques qui ont entraîné notre pays dans le chaos. Leur but n’était pas de créer une race nouvelle, il était d’écraser l’humanité.

P 158

En rédigeant son roman à la première personne du singulier, l’auteure donne une atmosphère particulière à ce récit, amplifiant de ce fait l’impact sur le lecteur. Ce roman noir historique illustrant un homme guidé par le devoir, portant un regard teinté d’émotion sur son passé et n’éprouvant aucun regret sur « ses exploits guerriers » ne peut laisser impassible.

Imaginer les mémoires d’un officier SS, un exercice difficile que Maud Tabachnik a relevé haut la main. La Shoah vu sous l’angle d’un bourreau, plutôt inédit et carrément terrifiant.

Une première fois marquante qui annonce assurément d'autres rendez-vous avec Maud Tabachnik !

LA MÉMOIRE DU BOURREAU de Maud Tabachnik

LA MÉMOIRE DU BOURREAU

Maud Tabachnik

Roman noir historique

223 pages

Éditions J'ai Lu

Née le 12 novembre 1938 à Paris. Sur son enfance, on ne sait rien. Bien qu'ayant suivi des études commerciales, elle choisit de se diriger vers le métier de kinésithérapeute. Elle commence sa carrière en 1963 avec une spécialisation d'ostéopathe. Dix-sept ans plus tard, Maud Tabachnik est obligée d'arrêter son métier suite à une intervention chirurgicale et c'est à cinquante ans qu'elle décide d'essayer l'écriture.Maud Tabachnik est une passionnée de cinéma, de lecture et de poésie. Elle écrit son premier roman, La Vie à fleur de terre en 1991. Ses thrillers politiques sont un coup de poing dans l'univers typiquement machiste des auteurs de polars.

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SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Publié le 27 Juin 2013 par Carine Boulay dans Salons

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Pour la cinquième année consécutive se tenait à Saint-Maur-des-Fossés le salon international du livre au format de poche .

Une librairie éphémère de 1500m2, située en plein cœur de la ville sur le parvis de la gare RER Saint-Maur / Créteil.

Facile d’accès et gratuit, ce festival littéraire a pour objectif de rendre accessible la lecture à tous en faisant redescendre le livre dans la rue.

Plus de 140 auteurs au rendez-vous ! L’édition 2013 était placée sous le signe du polar, une vraie bénédiction pour ma première visite.

SAINT-MAUR EN POCHE a été l’opportunité de rencontrer quelques-uns de mes auteurs favoris ...

Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...
Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...
Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...

Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

De croiser le fondateur du salon, célèbre libraire et chroniqueur littéraire ...

Gérard Collard de la Griffe noire

Gérard Collard de la Griffe noire

C’est un salon passeur d’émotion, où la simplicité de la forme se joint à la multiplicité du contenu, afin de créer un évènement singulier, ouvert à tous ... C’est un salon plaisir qui fait chanter les mots, aimer les livres et redonne envie à ceux qui ne lisent plus.

Gérard Collard

De faire des rencontres totalement inattendues, mais ô combien réjouissantes dans les allées du salon ...

Jacques Saussey et Gilles Caillot ...
Jacques Saussey et Gilles Caillot ...Jacques Saussey et Gilles Caillot ...

Jacques Saussey et Gilles Caillot ...

D'assister à la remise du prix Saint-Maur en poche, attribué à Paul Colize pour son formidable roman Back Up ... coup de cœur 2012 Le noir émoi !

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Et de revenir avec de jolies dédicaces ...

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !
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Bref ... une journée étourdissante !

Merci à ma maman d'avoir partagé cette journée avec moi et d'avoir une nouvelle fois joué les photographes. Merci aux auteurs pour leur simplicité et leur gentillesse. Une pensée également aux copains - copines rencontrés pour la première fois ou revus avec un immense plaisir.

À une prochaine !

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DJEBEL de Gilles Vincent

Publié le 17 Juin 2013 par Carine Boulay

Initialement paru chez Timée Éditions en 2008, DJEBEL vient d’être réédité le mois dernier par les Éditions Jigal en format poche. Cet éditeur indépendant qui se veut « défricheur de talents », offre une seconde vie à ce remarquable roman. Une idée de génie, car incontestablement Gilles Vincent rime avec talent …

DJEBEL de Gilles Vincent

Mars 1960 - Ouadhia, Kabylie

Dernière garde, encore trois jours et c’est la quille. Après avoir donné deux ans de sa vie, le deuxième classe Antoine Berthier va enfin pouvoir retrouver ses parents et sa sœur jumelle qui l’attendent sur le continent. Mais quelques jours plus tard, sans aucune explication, il se donne la mort sur le bateau du retour.

Septembre 2001 - Marseille

Viviane Dimasco, sœur jumelle d’Antoine, vient de recevoir un coup de téléphone de Sylvie Michaud, femme d’un certain René Michaud, ayant effectué son service militaire dans le même régiment que son frère. Avant de mourir, son mari lui a demandé de révéler la vérité concernant la mort du petit Berthier. Celui-ci n’était pas mort au combat. Ça, c’était la version officielle qu’on leur avait imposée. Il s’était suicidé sur le bateau du retour, devant tout le monde. Une révélation absolument insupportable pour Viviane, qui confie l’affaire au détective privé Sébastien Touraine afin de connaître la cause de son suicide. Mais, alors que celui-ci part à la recherche des éventuels témoins de la mort d’Antoine, il est confronté à la mort successive de ses anciens compagnons d’armes. La mort du jeune soldat semblerait porter en elle bien plus qu’une simple interrogation.

C’est en duo que Sébastien Touraine, ex-commissaire aux stups désormais détective et Aïcha Sadia, jeune femme d’origine kabyle aujourd’hui commissaire principale, vont remonter les traces de l’Histoire …

DJEBEL de Gilles VincentDJEBEL de Gilles Vincent
"Une fois de plus l’Algérie va se réveiller entre caillasse et sang séché. Une fois de plus, la nuit aura effacé les cris de ceux qu’on grille à l’électricité, un peu partout dans le pays. Les poitrines trempées des Algériens attachés aux tables des écoles, leurs regards paniqués et le rire des jeunes soldats au milieu des beignes qui tombent. Le spectacle de cette jeunesse qui sombre et qui cogne, qui fabrique, sans le savoir, le terreau de ses cauchemars futurs. Aujourd’hui comme la veille et le jour suivant, le cri des hommes résonnera dans les caves jusque tard dans la nuit. Jusqu’au petit matin où la rafale claquera le dos du type abandonné entre les pierres. Du type qui n’avait rien à dire. "

Gilles Vincent entame son roman avec quelques vers isolés, empruntés à l’un des plus grands écrivains français. Une phrase d’introduction, composée de deux célèbres alexandrins qui résonnent en moi comme la promesse d’un grand moment de lecture.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, ni les voiles au loin descendant vers Harfleur …

Victor Hugo

En débutant son intrigue durant « La sale guerre », Gilles Vincent s’empare du lecteur dès les premières pages puis avec l’aisance du conteur expérimenté, l’empoigne jusqu’au dernier mot.

Écriture sobre mais puissante, descriptions détaillées mais sans excès, personnages étoffés et attachants, Gilles Vincent possède un extraordinaire sens du récit.

DJEBEL c’est la guerre, la mort, mais pas que. C’est aussi une rencontre, celle de Sébastien Touraine et d’Aïcha Saida. L’auteur nous brosse deux portraits intenses. Celui d’un homme meurtri, investi d’une mission sacrée afin de réparer l’irréparable et celui de la belle Aïcha Saida, jeune femme tout en contraste qui a rendez-vous avec la terre des siens.

« … trente-cinq ans, bien foutue, brune aux yeux bleus avec un je-ne-sais-quoi de survolté. Des cheveux comme l’automne sur une superbe gueule de Kabyle. Un jour en jeans, le lendemain en tailleur. C’est un peu tout ça, Aïcha Sadia. Un petit bout de femme à la fois légère et grave, autoritaire et douce en même temps. Un peu comme l’Algérie finalement. Belle et tragique à la fois … »

Confectionné avec minutie, DJEBEL est un roman pétri de qualités. Un de ceux qui vous happent dès les premières lignes et qui vous laissent une trace une fois la dernière page tournée. Du très bel ouvrage.

Gilles Vincent un auteur à découvrir d’urgence !

DJEBEL de Gilles Vincent

DJEBEL

Gilles Vincent

Éditions Jigal

Collection Polar

256 pages

Gilles Vincent est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Un grand-père député du Front Populaire, grand résistant, déporté … Une grand-mère institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père professeur de Fac, une mère professeur de Lettres, puis psychanalyste (personne n'est parfait). Et c'est du côté de Valenciennes que Gilles Vincent passe sa jeunesse dans laquelle ne trouvent grâce à ses yeux que les livres, les histoires, les contes et les légendes. À quatorze ans, au Maroc, il découvre Frédéric Dard (et sa seconde identité, San Antonio), et dévore tout "San Antonio" jusqu'à en oublier la magie du désert. Sa décision est prise : plus tard lui aussi racontera des histoires. À vingt ans, il abandonne ses études pour une carrière de commercial. Puis il rejoint le Sud, Marseille tout d'abord puis les environs de Pau où il vit depuis quelques années, tout entier consacré à "l'aventure des mots" : ateliers, classes, conférences et romans. Il a publié quatre romans dont Djebel, un polar dont Isabelle Adjani a acheté les droits cinématographiques. Il a reçu le Prix Marseillais du Polar 2010 pour son roman Sad Sunday. Dans les auteurs qui l'ont marqué, on retrouve Marguerite Duras, Didier Van Cauwelaert, Cormac McCarthy et Frédéric Dard bien sûr ! Dans ses passions se mêlent le ciné, les bouffes entre copains, les courses autour du lac, la lecture bien, les rêves, tous les rêves et Madrid où il se verrait bien vivre un jour ...

Bibliographie : 2012, Parjures (Jigal, "Polar"); 2011, Peine maximum (Jigal, "Polar"); 2010, Les Essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines (Jigal, "Polar"); 2008, Djebel (Timée, "Thriller").

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ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

Publié le 10 Juin 2013 par Carine Boulay

ON SE RETROUVERA est le premier roman de Laëtitia Milot. Après une autobiographie parue en 2010, elle s’essaye au roman noir. Parmi les thèmes abordés, deux sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur : la violence faite aux femmes notamment à travers le viol, mais également la quête identitaire.

ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

Christiane vient de livrer sa dernière bataille face à la maladie. Mais avant de s’éteindre, elle dévoile à sa fille Margot, un secret enfoui depuis de nombreuses années.

Une nuit, en sortant du travail, elle a été violée par quatre hommes puis laissée pour morte sur le bord de la route. Suite à cette agression, elle tombe enceinte et donne naissance à une petite fille.

C’était il y a trente ans, et cette enfant ... c’est elle.

Une révélation qui fait l’effet d’une bombe sur Margot. Malgré la peine et la douleur, la jeune femme se lance sur les traces de son passé afin d’obtenir des réponses. Son envie de savoir faisant place à un besoin obsessionnel, c’est au mépris du danger et des conséquences de ses recherches, qu’elle s’élance sur la piste de son père biologique.

Elle parlait au présent. Comme si ces hommes se forçaient encore en elle. Sa voix ne butait pas sur les mots dérangeants. Ni sur les détails atroces. Ils coulaient de sa bouche comme si elle en avait oublié le sens ; comme si elle ignorait le décalage troublant entre sa voix posée, plate et l’atrocité de la scène. Toute censure psychologique avait disparu. Pour laisser place à une certaine … aisance. L’aisance du soulagement. De la libération.

P 23

ON SE RETROUVERA débute par le récit abrupt du viol collectif de la mère de Margot. Un épisode suintant d’horreur, où les scènes explicites et brutales constituent une introduction percutante.

Après cette entrée en matière saisissante, le roman se déploie autour de la quête de Margot. Confrontée à son encombrant passé, la jeune femme devra faire face à un parcours tourmenté afin de recueillir le plus d’informations possible pour faire avancer ses recherches. Car derrière l’acte de souffrance qui l’a enfantée, se cache un père criminel qu’elle veut retrouver. Tantôt victime, tantôt bourreau, ce personnage aux multiples facettes se complexifie au fil des pages et sa quête, initialement identitaire, prendra des allures de vengeance.

Servi par une écriture simple mais efficace, ON SE RETROUVERA est un roman dynamique. Émaillé de nombreux dialogues ainsi que des pensées intimes de Margot, le roman ne laisse aucune place à la monotonie. Un petit bémol cependant, lorsque l’auteure a recours à l’ellipse narrative. Cette figure de style -pas toujours utilisée à bon escient- a parfois troublé ma lecture.

Le dénouement est surprenant car totalement imprévisible. Il marquera les esprits d’une manière ou d’une autre et ne manquera pas de susciter des réactions. Au terme de son roman, Laëtitia Milot laisse plusieurs questions en suspens et cette fin ouverte laisse par conséquent présager une éventuelle suite.

Laëtitia Milot nous offre un premier roman attrayant, où simplicité et suspense sont de mises.

ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

ON SE RETROUVERA

Laëtitia Milot

Éditions Fayard noir

Roman noir

334 pages

Site de l'auteure

Laëtitia Milot, née le 5 juillet 1980 à Limoges est actrice et mannequin. Elle joue actuellement le personnage de Mélanie Rinato dans la série Plus belle la vie.

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