Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

Publié le 23 Octobre 2013 par Carine Boulay

En 2012, je découvrais Gaëlle Perrin-Guillet à travers un recueil de nouvelles, intitulé «Les auteurs du noir face à la différence ». Quinze auteurs, quinze talents, quinze histoires très noires afin d’illustrer la différence. Saisissantes, originales, imprévisibles, touchantes ou insoutenables, la diversité de ces nouvelles créait au final un livre marquant qui me permettait par la même occasion de découvrir de nouvelles plumes. Quelques coups de cœur plus tard, je me faisais la promesse d’en approfondir certaines. C’est chose faite avec l’une d’entre elles, celle de Gaëlle Perrin-Guillet avec son dernier roman, HAUT-LE-CHŒUR.

HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

C’est sans grand enthousiasme, qu’Alix Flament planche sur la une de son journal qui livrera en pâture dès le lendemain matin, un homme politique accusé de viol.

Actuellement journaliste politique, elle était six ans auparavant une spécialiste reconnue des affaires criminelles. C’est aux côtés des forces de police qu'elle avait enquêté sur différents crimes lors des dix dernières années.

Mais c’est l’affaire Frezet qui avait été le point culminant de sa carrière. La parution de son livre d’entretiens avec Éloane Frezet, la pire des tueuses en série que le pays ait connu depuis le XIXe siècle, l’avait propulsé face aux médias. Avec ce fait-divers sa carrière s’était envolée. Sa vie aussi.

Se voyant refuser une remise de peine pour bonne conduite, Éloane Frezet menace de s’évader et de tuer Alix.

Une promesse mortelle qui se matérialise cette nuit même, sous la forme d’un appel téléphonique. La tueuse la plus tristement célèbre de son époque vient de s’échapper de prison et a soif de vengeance.

Quand je sortirai, tu seras la première prévenue … Je saurai te retrouver.

P. 12

De confidente, statut concédé par Éloane Frezet il y a quelques années, Alix Flament se voit revêtir désormais celui de victime. En effet, la tueuse a décidé d’édifier son macabre jeu de piste autour de la journaliste, faisant d’elle sa marionnette.

Qu’est-ce qui a conduit Éloane Frezet, une femme que rien ne prédisposait à la violence, à basculer et à s’enfoncer dans le côté le plus sombre de l’humain ? Quels sont les desseins de cette psychopathe totalement habitée par sa folie meurtrière ?

La journaliste Alix Flament va tenter de décrypter et de comprendre les motivations de ce monstre à commettre de tels actes, afin de mettre un terme définitif à ce qu’elle a baptisé « sa grande œuvre ».

Si au fond de chacun de nous résidait une poussière d’animalité capable de nous faire commettre les pires folies sous l’influence du déclencheur le plus vieux du monde : l’amour ?

P. 58

Dès les premières pages, le tempo est donné. Nous assistons à l’évasion de la plus abjecte des tueuses en série de ces dernières années. Débute alors une intrigue construite autour de l’affrontement de deux femmes, avec d’un côté cet être à part devenu monstre, et de l’autre cette journaliste qui a vu sa carrière décoller, au détriment de sa vie.

Avec l’insertion de quelques-uns des entretiens consentis par Éloane Frezet à l’ancienne spécialiste d’affaires criminelles, Gaëlle Perrin-Guillet installe une atmosphère particulièrement pesante et angoissante.

Le duel va progresser au gré des indices judicieusement essaimés par l’auteure, jusqu’à l’ultime face à face tant attendu. Et là, point d’espoir déçu ! Malgré mon opiniâtreté à découvrir le mobile de cette psychopathe hors norme, l’habileté de Gaëlle Perrin-Guillet aura eu raison de mes élucubrations.

Avec HAUT-LE-CHŒUR, Gaëlle Perrin-Guillet nous offre un roman bien orchestré qui s’avale comme du petit lait

HAUT-LE-CHOEUR de Gaëlle Perrin-Guillet

HAUT-LE-CHOEUR

Gaëlle Perrin-Guillet

Thriller

Éditions Rouge Sang

275 pages

Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (le Sourire du diable en 2010 et Au fil des morts en 2011), elle participe à deux recueils des Auteurs du noir face à la différence (2012 – Éditions JIGAL et 2013 L’atelier Mosesu). Haut-le-chœur est son premier roman publié aux Editions Rouge Sang.

commentaires

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

Publié le 7 Octobre 2013 par Carine Boulay

Au travers de mes romans, un seul sentiment m’intéresse, le sentiment amoureux et ses multiples déclinaisons : aimer, quitter, désaimer, découvrir, être quitté, retrouver, perdre, attendre, espérer … Dans BESO DE LA MUERTE, c’est la passion poussée jusqu’à la folie qui est ici mise en scène.

Gilles Vincent

Rappelez-vous, c’était il y a quatre mois environ. DJEBEL, mon premier rendez-vous avec Gilles Vincent se couronnait par un coup de foudre littéraire. Pressée d’explorer un peu plus l’univers de l’auteur, c’est avec ardeur que j’entame BESO DE LA MUERTE …

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

Août 1936, Espagne

Accusé de sympathie républicaine, Federico García Lorca est exécuté quelque part entre Viznar et Alfacar.

Août 2011, France

Abandonné entre les rails, le corps carbonisé d’une jeune femme est retrouvé dans la petite gare de la Blancarde à Marseille.

Entre ces deux morts, s’écrivent les tragédies du vingtième siècle, les secrets d’État, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète.

Entre ces deux âmes suppliciées, un pacte étrange, bien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia.

"El beso de la muerte … Le baiser de la mort … Lorsqu’on enquête sur un sujet brûlant, au moment précis où l’on touche la vérité, il faut l’approcher encore, cette vérité, l’approcher jusqu’à l’embrasser. Et ce baiser, peut parfois vous tuer."

Au terme d’une soirée noyée dans l’alcool avec ses collègues, Thomas Roussel rentre chez lui. Une soirée de plus à ignorer Claire, sa compagne depuis cinq ans. Mais ce soir, c’est la fois de trop. Après avoir vidé son sac, Claire prend ses cliques et ses claques. Un départ sans retour.

Quatre ans plus tard, il a trouvé en Délia un nouvel amour. Après quatre années d’absence sans un mot ni une explication, Claire lui téléphone durant son mariage. Elle a été enlevée car elle a mis à jour un secret explosif lors de ses recherches pour l’écriture de son livre. Des révélations qui vont bousculer de très importantes personnalités de la sphère politique mais qui risquent également de lui coûter la vie. Rien ne compte plus pour Thomas Roussel, commissaire à la police judiciaire de Pau, de mener cette affaire à son terme afin de pouvoir partir serein en voyage de noces.

Savoir débuter un roman est primordial, Gilles Vincent l’a bien compris. C’est au cœur d’une Espagne en furie qu’il s’accapare le lecteur dès le prologue, puis qu’il déroule avec brio le fil d’une histoire passionnante.

Déployant les ressources de son talent, l’auteur nous offre un roman taillé au cordeau. Intrigue complexe, personnages fouillés et sensibilité dans l’écriture, Gilles Vincent comble son lecteur par son savoir-faire.

Je suis littéralement sous le charme de l’écriture de cet auteur qui utilise à merveille la matière première essentielle de l’écrivain, les mots.

Avec BESO DE LA MUERTE la magie opère une nouvelle fois et je fais un vœu : « jamais deux sans trois ».

" ... C’est d’abord une histoire d’amour. Une putain d’histoire d’amour comme on en voit rarement. Une quête insensée …"

Federico García Lorca Federico García Lorca

Federico García Lorca

A Federico García Lorca

On le vit marchant entre des fusils

Par une longue rue  
Qui donnait sur la campagne froide  
de l'aube, encore sous les étoiles.  
Ils tuèrent Federico  
Alors que pointait la lumière.  
Le peloton de bourreaux  
N'osa pas le regarder au visage.  
Tous fermèrent les yeux ;  
Ils prièrent ... Dieu lui-même ne te sauverait pas ... 

Federico tomba mort  
- du sang sur le front, du plomb dans les entrailles -  
... C'est à Grenade que le crime eut lieu,  
Vous savez - pauvre Grenade ! - dans sa Grenade !  

[...] 
On les vit s'éloigner ... 
Taillez, amis, 
Dans la pierre et le rêve, à l'Alhambra, 
Une tombe au poète, 
Sur une fontaine, où l'eau pleure, 
et, éternellement dise : 
Le crime eut lieu à Grenade ... dans sa Grenade !

Ce poème de Machado fut publié pour la première fois le 17 octobre 1936 dans l'hebdomadaire "Ayuda".

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent

BESO DE LA MUERTE

Gilles Vincent

Éditions Jigal

244 pages

Gilles Vincent est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Un grand-père député du Front Populaire, grand résistant, déporté … Une grand-mère institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père professeur de Fac, une mère professeur de Lettres, puis psychanalyste (personne n'est parfait). Et c'est du côté de Valenciennes que Gilles Vincent passe sa jeunesse dans laquelle ne trouvent grâce à ses yeux que les livres, les histoires, les contes et les légendes. À quatorze ans, au Maroc, il découvre Frédéric Dard (et sa seconde identité, San Antonio), et dévore tout "San Antonio" jusqu'à en oublier la magie du désert. Sa décision est prise : plus tard lui aussi racontera des histoires. À vingt ans, il abandonne ses études pour une carrière de commercial. Puis il rejoint le Sud, Marseille tout d'abord puis les environs de Pau où il vit depuis quelques années, tout entier consacré à "l'aventure des mots" : ateliers, classes, conférences et romans. Il a publié quatre romans dont Djebel, un polar dont Isabelle Adjani a acheté les droits cinématographiques. Il a reçu le Prix Marseillais du Polar 2010 pour son roman Sad Sunday. Dans les auteurs qui l'ont marqué, on retrouve Marguerite Duras, Didier Van Cauwelaert, Cormac McCarthy et Frédéric Dard bien sûr ! Dans ses passions se mêlent le ciné, les bouffes entre copains, les courses autour du lac, la lecture bien, les rêves, tous les rêves et Madrid où il se verrait bien vivre un jour ...

Bibliographie : 2012, Parjures (Jigal, "Polar"); 2011, Peine maximum (Jigal, "Polar"); 2010, Les Essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines (Jigal, "Polar"); 2008, Djebel (Timée, "Thriller").

commentaires