Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

Publié le 26 Mars 2013 par Carine Boulay

Je possède la quasi-intégralité des livres de Patrick Senécal. Cependant, c’est avec parcimonie que de temps à autre, j’extrais un de ses romans de ma pile à lire, afin de combler une envie au moment opportun. J’ai, pour le moment en tout cas, l’embarras du choix et je jette mon dévolu pour cette fois sur LES SEPT JOURS DU TALION.

LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

Bruno Hamel, trente-huit ans est chirurgien. Il vit à Drummondville avec sa femme Sylvie et sa petite fille Jasmine.

Une vie somme toute banale, jusqu’à ce bel après-midi d’automne, où Jasmine est retrouvée dans le champ près de son école sauvagement violée et tuée.

Quatre jours après la découverte du corps de Jasmine, le sergent - détective Mercure lui annonce qu’ils ont retrouvé le meurtrier.

Un terrible projet germe alors dans l’esprit enténébré de Bruno Hamel. Il va enlever le monstre afin de le torturer pendant sept jours, après quoi il l’exécutera. Ensuite seulement, il se rendra …

Une heure avant que les ténèbres ne s’abattent sur lui, Bruno Hamel remerciait la providence de lui avoir accordé une vie sans réelles épreuves. On pense toujours que ça arrive à d’autres enfants, à d’autres parents, mais certainement pas à nous. Pourtant Jasmine, son unique fille est morte. Une épreuve pour son couple, qui depuis quelque temps déjà bat de l’aile. C’est le moment de redevenir le couple qu’ils formaient auparavant, afin de traverser ce drame, ensemble. Mais au lieu de les rapprocher, la mort de leur fille va les séparer.

C’est dans une détresse omniprésente, que Bruno Hamel brisé par le malheur et le désespoir va échafauder un projet démentiel, afin d’apaiser son sentiment d’impuissance et d’injustice. C’est de manière réfléchie et calculée, qu’il va élaborer une froide et chirurgicale préparation afin de torturer pendant sept jours l’assassin de sa fille dans le but de lui rendre la pareille.

Pendant les sept prochaines journées, chaque soir avant de te coucher, tu pourras te dire que le monstre qui a violé et tué notre fille vient de passer une journée de souffrance. Chaque jour, tu pourras te dire qu’il est en train de vivre les tortures qu’il a fait subir à Jasmine. Et chaque journée sera pire que la précédente. Il n’aura plus jamais son petit criss* de sourire baveux, tu comprends ? Jusqu’à lundi prochain, tu sauras que quelque part l’assassin de notre fille et en train de hurler de douleur. Pense à ça Sylvie, et ose me dire que tu es complètement contre cette idée !


Comment Bruno Hamel, cet homme altruiste et pacifiste, qui a choisi de soigner et de sauver des vies en devenant chirurgien, a-t-il pu endosser ce rôle de père vengeur ? Comment cet homme a-t-il pu passer du statut de père de famille ordinaire à celui de tortionnaire ? Le choix de contre-attaquer ne ravive-t-il pas encore plus la blessure ? La vengeance libère-t-elle de la haine et de la douleur ? Finalement, est-elle salutaire ?

Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique

Images tirées de l'adaptation cinématographique

Celui qui s’applique à la vengeance garde fraîches ses blessures.

Francis Bacon

Patrick Senécal, écrit un roman coup de poing avec ce drame psychologique. La violence exprimée avec force tout au long du récit n’est pas une fin en soi. Si l’auteur a recours à elle, c’est parce que c’est le phénomène par lequel la vengeance s’exprime le plus souvent. Se venger, c'est faire subir à l'autre un préjudice au moins aussi important que celui dont on estime avoir été soi-même victime. Alors dans le contexte d’une telle tragédie, Bruno Hamel se livre à des représailles qu’il imagine proportionnelles à sa douleur.

Un livre particulièrement ardu, à bien des niveaux. Psychologiquement, d’abord. Nous assistons à la métamorphose d’un homme ordinaire en bourreau mais également à la transformation d’un monstre en victime. Émotionnellement ensuite. Impossible de rester de marbre face à un homme que la noirceur a intégralement pénétré, au point d’empêcher tout épanchement de son désespoir, de même qu’il est difficile de rester imperturbable face aux supplications et aux lamentations du monstre. Une écriture très descriptive, quasi visuelle qui donne lieu à quelques scènes effroyables notamment lorsque l’homme laisse place au chirurgien afin de pratiquer son « art » de manière plus que particulière.

Vous l’aurez compris, mieux vaut être préparé avant d’attaquer LES SEPT JOURS DU TALION. Une lecture qui amène quoi qu’il en soit une réflexion intense voire une introspection. Qui n’a pas déjà eu envie de se venger à un moment de sa vie ? Comment réagirions-nous face à un tel drame ? La vengeance est un sentiment humain certes, mais de geste de reconstruction ne devient-elle pas un cercle vicieux aux effets dévastateurs ? N’est-elle pas finalement qu’illusion ? À vous de juger …

Après le dérangeant HELL.COM, le fascinant 5.150, RUE DES ORMES, je me réjouissais de retrouver le grand Patrick Senécal. Une fois encore je suis estomaquée et je constate à nouveau que c’est de main de maître que l’auteur allie psychologie et terreur.

L’immersion dans l’univers du maître de l’horreur québécois est pour moi toujours éprouvante, mais bigrement fascinante ! Avec LES SEPT JOURS DU TALION je tiens là mon second coup de cœur de l’année 2013.

__________________________________________________________________________
* criss : fait partie des sacres (jurons) les plus importants de la langue québécoise. Il signifie : putain, bordel. Les sacres sont utilisés également fréquemment pour remplacer « très ».
Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique

Images tirées de l'adaptation cinématographique

LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

LES SEPT JOURS DU TALION

Patrick Senécal

Thriller d'horreur

Editions ALIRE

333 pages

http://www.patricksenecal.net/

Patrick Senécal est né à Drummondville en 1967. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 un premier roman d’horreur « 5150, rue des Ormes », où tension et émotions fortes sont à l’honneur. Son troisième roman « Sur le seuil » un suspense fantastique publié en 1998, a été acclamé de façon unanime par la critique. Après, « Aliss » en 2000, une relecture extrêmement originale et grinçante du chef-d’œuvre de Lewis Carroll, « Les sept jours du talion » en 2002, « Oniria » en 2004, « Le vide » en 2007 et « Hell.com » en 2009 ont conquis le grand public dès leur sortie des presses. « Sur le seuil » et « 5150, rue des Ormes » ont été portés au grand écran par Eric Tessier 2003 et 2009, et c’est Podz qui a réalisé « Les sept jours du talion » en 2010. Trois autres romans sont actuellement en développement tant au Québec qu’à l’étranger.

commentaires

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

Publié le 17 Mars 2013 par Carine Boulay

La littérature noire propose un éventail de lectures très large, et c’est une véritable aubaine. Tombée dans cet univers avec le thriller, je ne voulais toutefois pas m’y cantonner ni m’en contenter. C’est en explorant le genre que j’ai appris à reconnaître le roman noir mais surtout, à l’apprécier …

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

Abraham est un fils de la rue. Avec Goran, son ami d’enfance, leurs vies ne forment qu’une seule et même expérience. Défonces, larcins et bagarres côte à côte rythment leurs quotidiens.

C’est lors d’une virée à Belleville, qu’Abraham découvre l’existence d’une salle de jeu clandestine et décide avec ses potes de braquer les types du bar.

L’équipe est montée, ils raflent la mise. Mais les truands ne comptent pas les laisser s’en sortir aussi facilement et leur promettent de leur faire passer l’envie de jouer aux bandits de grand chemin.

Derrière cette vitre dégoulinante de pluie, les toits de Paris, la nuit. Dès la prise en main du livre, la couverture nous révèle une ambiance morose et un horizon bouché. Jérémie Guez nous embarque dans une balade nocturne des plus agitées.

Abraham alias Abe, a perdu sa mère à l’âge de cinq ans. Aujourd’hui, il n’a quasiment aucun rapport avec son père, ils cohabitent ni plus ni moins. Il a arrêté l’école depuis longtemps et ne fait rien de sa vie, à part la regarder couler. Avec Goran, son meilleur ami ils partagent alcool, drogues, petites combines et gardes à vue.

Jusqu’au jour où, après avoir découvert une salle de jeu clandestine, Abe et ses potes décident de passer à la vitesse supérieure en braquant les types du bar. Un coup facile, qui leur permettra de gagner pas mal d’argent sans prendre trop de risques. Ensuite, juste besoin de s’éloigner quelques temps histoire de laisser les choses se tasser et de revenir comme si de rien n’était.

Je réalise, comme si cette pensée devenait une ultime révélation, que ma vie est ici et que, malgré sa violence et sa médiocrité, j’y suis attaché.

Exit la balade pour touristes, le Paris que nous dépeint Jérémie Guez est un univers violent, dans un paysage urbain des plus sombres.

Le roman est rédigé à la première personne du singulier, et pour ceux qui commencent à me connaître, j’affectionne particulièrement cette technique littéraire. Certes, elle limite le lecteur au point de vue d’un seul personnage –en l’occurrence Abe- mais il n’y a, en ce qui me concerne, pas meilleure perception voire compréhension, de ce que vit ledit personnage. Un choix particulièrement adapté en ce qui concerne ce roman, qui transpire les émotions et les sensations.

Nous arpentons donc les trottoirs de Paris aux côtés d’Abraham, qui va volontairement passer du statut de petit délinquant à celui de braqueur. Une vie qu’il a choisie de niveler par le bas, avec son pote Goran.

La nuit, je ne dors plus. Je somnole, hébété par la drogue et l’alcool qui viennent lancer la combustion d’un grand réservoir de haine. Je suis sûr que ma tête finira par me tuer, que cette roue, à l’intérieur, qui se met en branle en un éclair et qui tourne de plus en plus vite une fois lancée me rendra fou. Un jour, elle se détachera, quittera son axe et heurtera sans interruption les parois de mon crâne. Je vis en sursis et n’ai qu’un seul souhait : retarder l’échéance.

Ce roman très court compte 126 pages. Je n’ai pas éprouvé le besoin d’en avoir plus. Le texte concis et clair permet d’en dégager l’essentiel et le rend d’une incroyable efficacité. De plus, l’écriture nerveuse et le vocabulaire percutant de Jérémie Guez viennent coller parfaitement au sombre décor.

PARIS LA NUIT est le premier volet d’un triptyque consacré à Paris. Ce « petit » roman noir est une excellente introduction pour poursuivre avec BALANCÉ DANS LES CORDES son deuxième opus, que je m’offrirai prochainement lors de ma rencontre avec Jérémie Guez à Lyon, sur le salon "Quais du Polar".

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

PARIS LA NUIT

Jérémie Guez

Éditions J'ai Lu

Roman noir

126 pages

Jérémie Guez est né aux Sables d’Olonne en 1988. A l’âge de 16 ans, il commence à écrire Paris la nuit. Il grandit à Nantes avant de rejoindre la capitale pour suivre ses études et terminer son roman. Paris la nuit, paru en février 2012 aux Editions La Tengo, a reçu le Prix Plume Libre du Jury et est réédité en poche chez J'ai lu en mars 2012. Son second roman, Balancé dans les cordes est publié en février 2012.

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

A noter que son deuxième opus BALANCÉ DANS LES CORDES vient de paraître en format poche aux Éditions J'ai Lu le 13 mars 2013.

commentaires

1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

Publié le 11 Mars 2013 par Carine Boulay

1000 ÉTANGS MEURTRIERS fait partie de la « Série noire franc-comtoise » parue aux Édition du Citron bleu. C’est le troisième roman de Nathalie Michel, mais en ce qui me concerne c’est une première avec cette auteure.

1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

Nadine, romancière de série noire, découvre un jour de manière inopinée, un corps immergé autour du lac de Vaivre et Montoille. Cette macabre découverte va l'emmener jusqu'au pays des Mille Étangs où d'autres cadavres suppliciés ont été retrouvés.

Appuyée par le commandant lui-même, Nadine va tenter de solutionner cette affaire particulièrement ignoble aux côtés "des parisiens", un trio d'enquêteurs que l'insolubilité de l'affaire rend fou.

Suite à la découverte d’un corps immergé dans le lac de Vaivre et Montoille, lors de son footing dominical, Nadine est choquée et n’arrive pas à effacer sa vision d’horreur. Après un traitement et des consultations chez un thérapeute la vie reprend son cour normal, enfin a priori. Car si elle essaye de se persuader que son sort est moins terrible que celui du cadavre, elle se sent impliquée dans l’affaire, même si ce n’est qu’une victime collatérale. Alors insidieusement mais avec finesse, elle convainc le commissaire que sa présence peut aider à résoudre ce crime sordide. Par conséquent, le commissaire se démène auprès du procureur de la République, le seul à pouvoir donner son accord pour une demande aussi inhabituelle, et accède finalement à sa demande.

Alors je me suis dit : c’est mal parti ! Pas pour Nadine hein, quoique ?! … mais pour la lectrice que je suis ! Une romancière de série noire qui tombe sur un cadavre, pourquoi pas. Un commissaire qui lui confie être totalement fan de ses livres, pourquoi pas. Un commissaire qui se laisse convaincre qu’une civile comme elle, experte en résolution d’enquêtes insolubles « sur papier » peut lui être d’un grand secours … ça commence à se compliquer pour moi. Que ladite civile, intègre une équipe de professionnels et accède à l’intégralité du dossier … là, ça fait beaucoup.

N’étant pas tout à fait arrivée au quart du livre et curieuse par nature, je ne pouvais que persévérer dans ma lecture pour voir dans quelle direction Nathalie Michel m’emmènerait. Et là, au détour d’un chapitre intitulé « rencontres » l’auteure a su me faire –quasiment- oublier que la ficelle était un peu grosse.

Malgré l’avis contraire de son mari, Nadine quitte le domicile familial car elle a besoin de résoudre ce meurtre sur le terrain afin de retrouver son équilibre et son existence d’avant. Elle est donc accueillie par un trio baptisé « les parisiens », composé de Sylvie, Pascal et Lucien. Un accueil désopilant, avec des reparties cinglantes et fielleuses de la part du très misogyne Lucien.

On sait qui vous êtes, Madame ! On sait même lire figurez-vous ! … Non mais, vous lui expliquerez à la gonzesse, plutôt que de vous fendre la poire, qu’on n’est pas chez Agatha Christie. Dans ses livres, même si je ne les ai pas lus, je suis sûr que le tueur en série est un être doué d’une intelligence supérieure, un manipulateur qui signe ses crimes d’une manière sophistiquée, en suivant un but précis … Dans la vraie vie, ce n’est pas comme cela que ça marche, ne lui déplaise à la super-romancière ! La réalité est bien plus banale, morne et stupide !

Le ton est donné et l’enquête démarre. Nadine découvre que ce n’est pas un, mais douze corps qui ont été retrouvés. L’exécution a été pratiquée de manière différente à chaque fois, et les corps appartiennent systématiquement à des personnes en rupture avec la société.

Alors Nadine va-t-elle pouvoir réellement apporter sa pierre à l’édifice ? C’est en compagnie de ce « trio infernal » qu’elle va tenter de résoudre ce casse-tête criminel.

1000 ÉTANGS MEURTRIERS est un roman bien structuré. Les vingt-huit chapitres courts, tous émaillés de dialogues, offrent une lecture rythmée. En sus, des personnages hauts en couleur, de l’humour et une fin totalement inattendue !

Incrédule au démarrage, Nathalie Michel a su avancer ses pions et me surprendre, pour au final faire de 1000 ÉTANGS MEURTRIERS une réjouissante découverte !

1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel
1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

1000 ÉTANGS MEURTRIERS

Nathalie Michel

Série noire franc-comtoise

Éditions du Citron Bleu

236 pages

Nathalie MICHEL a depuis peu découvert un nouveau plaisir : l’écriture, qu’elle partage avec ses autres passions, son mari et ses deux enfants. Employée dans une collectivité territoriale, elle évolue dans un service communication, où la diversité des tâches l’oblige à une rigueur qui se retrouve dans son style. Haut-Saônoise pure souche, elle s’attache à mettre en valeur sa région dans son premier roman.

commentaires

POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

Publié le 4 Mars 2013 par Carine Boulay

Après CHARITÉE BIEN ORDONNÉE, Alexis Aubenque nous propose le deuxième volet des « Nuits noires à Seattle » : POUR LE BIEN DES ENFANTS.

Un frère et une sœur séparés dans leur enfance. Leur passé est la clé de meurtres inexpliqués.

POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

Becky Parker, a été adoptée à l’âge de trois ans par un couple d’américains et vit dans la banlieue chic de Seattle. Élève brillante, douée pour le piano, c’est au sein d’une famille aimante qu’elle a grandie. Après plusieurs années de recherches, elle vient enfin de retrouver la trace de son grand frère.

Mais c’est avec tristesse, qu’elle découvre à la une des médias, que ce grand frère, Oliver Hunter est soupçonné du meurtre d’un célèbre chirurgien, le Dr Lens Morgan.

Le capitaine Mike Logan, charge le lieutenant Rivera et son nouveau co-équipier Liu Zhang de cette enquête.

L’amour est un sentiment certes très puissant, mais la haine l’est plus encore.

Depuis qu’il a démissionné de son poste, Dean Nelson file le parfait amour avec Debbie Winedrove et mène désormais une vie de rentier. Le lieutenant Angelina Rivera, se voit donc attribuer un nouveau coéquipier en la personne de Liu Zhang, un ancien Marines. C’est à ce duo d’enquêteurs que Mike Logan confie l’affaire du « motard mortel ». Un malencontreux hasard fera que Dean se trouvera mêlé à l’enquête en cours de son ancienne collègue, qui n’est autre qu’un véritable sac de nœuds. Le tueur de Lens Morgan n’a pas été retrouvé, et d’autres meurtres viennent s’ajouter à celui du chirurgien.

Tout comme dans le premier volet des « Nuits noires à Seattle », l’enquête policière sert ici aussi de prétexte à Alexis Aubenque pour introduire et développer son sujet. En l’occurrence dans ce roman, c’est l’adoption et ses éventuelles dérives qu’a choisi d’aborder l’auteur ou comment deux enfants, porteurs des mêmes gênes peuvent avoir des parcours ô combien différents.

Oliver Hunter, a été adopté par un couple stérile afro-américain de classe moyenne alors qu’il n’a que quatre ans. C’est un enfant choyé, qui baigne dans une atmosphère d’amour, jusqu’à ce que son père abandonne femme et enfant pour refaire sa vie avec une femme plus jeune. Il supporte difficilement le divorce de ses parents adoptifs et entre en totale rébellion envers un beau-père qui le rejette. Le jour de son dix-huitième anniversaire, il quitte définitivement l’appartement familial.

De son côté, Becky Parker est adoptée à l’âge de trois ans par un couple d’américains blancs, qui l’élèvent dans l’amour et le respect. Douée pour le piano, cette jeune lycéenne déterminée envisage de quitter la banlieue chic de Seattle et son cocon familial afin d’intégrer Berkeley, l’université la plus cotée d’Amérique.

Plus que l’intrigue policière, ce sont les sujets qui sont prégnants dans ce roman et la réflexion qu’ils induisent. Adoption, mère porteuse, amour que l’on porte à un enfant, liens du sang, du cœur ou bien encore ethnique, là est à mon avis le cœur du roman d’Alexis Aubenque.

Férue de lectures noires et parfois violentes, j’aime m’octroyer des lectures plus soft de temps à autre. Alexis Aubenque me permet aujourd’hui encore, cette pause savoureuse sans toutefois sortir de mon genre de prédilection.

POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

POUR LE BIEN DES ENFANTS

Alexis Aubenque

Editions Calmann-Lévy

399 pages

Alexis Aubenque est originaire de Montpellier. Après des études de sciences économiques, il avait le choix entre être banquier ou essayer de vivre de sa passion. Il n’a pas longtemps hésité et il monte à Paris en 1999 avec des manuscrits sous le bras. Dix ans plus tard, il revenait dans son sud natal et se consacrait exclusivement à l’écriture. Il a inauguré en 2002 un cycle romanesque de science-fiction avec « La chute des mondes », space opera se déroulant au XXVIIe siècle dans une fédération galactique regroupant 250 mondes habités. En 2006, il débute un cycle reprenant les thèmes majeurs de « La chute des mondes » intitulé « L'Empire des étoiles », à savoir la réapparition d'un société féodale dans un univers futuriste où l'humanité a depuis longtemps quitté la Terre pour s'installer sur de nouvelles planètes.Il démarre dans le thriller en 2008 avec « 7 jours à River Falls », le premier tome d’une trilogie centrée sur le shérif Mike Logan et sa compagne Jessica Hurley, profileuse au FBI. Suivra « Un automne à River Falls » qui recevra le prix du polar de Cognac en 2009, « Un noël à River Falls » en 2010, « Charité bien ordonnée » en 2011, « Canyon Creek » en 2012 « Pour le bien des enfants » en 2013.

commentaires