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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

LE TUEUR DE L'OMBRE de Claire Favan

Publié le 15 Septembre 2012 par Carine Boulay

Je vous parlais il y a peu de temps, d’un livre exceptionnel LE TUEUR INTIME de Claire Favan. LE TUEUR DE L’OMBRE en est la suite. Tourner la dernière page du premier volet, a été pour moi LA déception de ce remarquable voyage dans la tête d’un tueur en série. C’est donc avec avidité, mais aussi appréhension, que j’attaque cette suite. Appréhension, car je me demande si ce second volet sera à la hauteur du premier ?! Me voilà donc re-plongée dans les dernières pages du TUEUR INTIME qui sont également les premières du TUEUR DE L'OMBRE …

LE TUEUR DE L'OMBRE de Claire Favan

Will Edwards, tueur en série de la pire espèce, réussit à s’évader avec l’aide d’un mystérieux complice, lors de son transfert en fourgon jusqu’au tribunal de Buffalo, dans l’Etat de New York.

Quelques temps auparavant, R.J Scanlon, actuel chef d’une équipe de l’Unité des sciences du comportement à Quantico, l’avait lui-même mis sous les verrous. La partie reprenait. Mais aujourd’hui, R.J Scanlon avait encore plus à perdre que la première fois, avec le retour de l’ex-mari de sa femme. Il avait sous-estimé son adversaire et ses ressources insoupçonnées. Comment un solitaire comme Will Edwards pouvait bénéficier de complicité ?

Pour Samantha, son cauchemar prenait corps. Elle était une survivante et non la victime d’un tueur en série. Elle avait eu la malchance d’être devenue l’objet de l’obsession d’un malade. Alors, entre les journalistes jetant sa vie en pâture et faisant d’elle la complice de Will, la perte de son emploi ou bien encore la police, l’ayant ajoutée à sa liste de suspects à interroger en cas de disparition étrange, la fuite de Will constitue le point de départ de sa descente aux enfers.

Elle frissonna d’effroi, alors que l’évidence s’imposait à elle, horrible, inéluctable, froide : tant que Will vivrait elle ne serait jamais en sécurité.

Elle sait que Will n’aura de cesse de les retrouver pour se venger. Une évasion qui va mettre à rude épreuve le couple qu’elle forme ave R.J Scanlon.

Les mois passent et l’assassin reste inactif. Mais lorsque les meurtres reprennent, bien pire qu’auparavant, c’est sans nul doute l’œuvre de Will Edwards. Toutefois de subtiles variations dans sa signature sont perceptibles. Alors, ont-ils affaire à un imitateur ? Non, bien pire …

Quel plaisir de retrouver les protagonistes du premier opus, qui m’avait totalement conquise ! Une suite, dans laquelle Claire Favan concède une nouvelle fois une importante et belle place à la psychologie de ses personnages. Des personnages fragilisés qu’elle poussera dans leurs retranchements pour aller au delà d’eux-mêmes, afin de s’en sortir.

Je dois bien avouer avoir une tendresse particulière pour Samantha dont l’évolution m’a plu jusqu’à la dernière page. Quant à Will, son ex-mari et tueur pervers j’aurai presque éprouvé de la compassion à un moment donné ! C’est la force de Claire Favan que de jouer avec nous, sur les sentiments qu’elle nous fait vivre à travers eux, passant avec une facilité déconcertante de l’horreur à la douceur.

D’autre part, elle fait usage d’un nouvel élément, en utilisant l’idée de complice. Très intéressant par rapport au personnage que l’on connaît de Will, puisque le fait qu’il soit solitaire est une des composantes importantes de sa personnalité. Mais elle utilise cette notion de manière inhabituelle … je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découvrir !

J’ai ressenti toutefois un rythme moins intensif que le premier volet, il faut dire que la barre était très, très haute ! Une suite réussie, mais je reconnais bien volontiers avoir un faible pour le premier volet LE TUEUR INTIME.

LE TUEUR DE L'OMBRE de Claire Favan

LE TUEUR DE L’OMBRE

Claire Favan

Editions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

536 pages

Claire Favan est née en 1976. Elle vit à Paris et travaille dans la finance. Le tueur intime est son premier roman qui sera récompensé par le Prix VSD du polar 2010. Le tueur de l’ombre son deuxième roman en est la suite. Un troisième roman est en cours d’écriture, mais sans lien avec les précédents.

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L'APPARENCE DE LA CHAIR de Gilles Caillot

Publié le 15 Septembre 2012 par Carine Boulay

Un livre nommé « désir » … Après avoir passé ma commande, il m’a fallu patienter trois semaines, faute de stock, avant de recevoir L’APPARENCE DE LA CHAIR de Gilles Caillot. Un engouement pour ce titre qui serait annonciateur de la qualité du livre ?!

Piaffant d’impatience, je l’attaque sans plus attendre, ce délai ayant renforcé mon désir de le lire au plus vite !

L'APPARENCE DE LA CHAIR de Gilles Caillot

Cela fait quinze ans que ça s’est produit et Sylvie Branetti a perdu une partie d’elle ce jour là. Un ouragan a dévasté tout ce qu’elle avait construit. Sa vie a basculé en une journée.

Sylvie Branetti, capitaine de police à Lyon, alors à la poursuite d’un tueur dénommé « le tanneur », a été piégée par celui-ci et laissée pour morte. Avant de l’abandonner, il lui confie qu’il a enlevé sa fille Lila. Elle échappe à la mort, sauvée de justesse par ses collègues. Une redoutable dépression s’installe alors. Une dépression qui la mènera à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique. Après avoir été quittée par son mari, qui ne supportait plus son état, elle n’a alors plus qu’une idée en tête : retrouver sa fille, seule raison qui lui reste dans cette existence de détresse. C’est au travers de séances d’hypnose, qu’elle espère découvrir ce qu’il s’est passé cette nuit là, car elle est persuadée que sa mémoire en détient la clé.

Mais lorsque une momie de chairs est découverte, avec dans les mains une coupure de presse portant son nom, elle se retrouve projetée quinze ans en arrière. Ce corps, vidé de son contenu, embaumé, puis délicatement recousu, est la signature du Tanneur. Elle demande à être associée à l’affaire, afin de pouvoir se mesurer à nouveau au monstre qui a détruit sa vie. C’est donc au côté de son ex-amant et collègue Paul Bénito, qu’elle va mener l’enquête. Une enquête qui la mènera aux confins de la réalité, mais qui pourrait s’avérer être une délivrance.

En préface Franck Thilliez nous annonce la couleur : "Un thriller avec une excellente fin est un thriller réussi ». C'est sans conteste le cas avec L’APPARENCE DE LA CHAIR. Etant avertie, la question qui me tarabustait au fur et à mesure de l’avancement de ma lecture, était la suivante : comment Gilles Caillot va-t-il s’en sortir au final ?! Eh bien j’ai été servie, croyez-moi, je suis restée littéralement scotchée !

Mais Gilles Caillot ne nous gratifie pas seulement d'une superbe fin ! Les chapitres courts donnent au livre une cadence plus soutenue, dans un rythme déjà infernal.

Entre rêve et réalité, on se laisse mener par le bout du nez avec délectation. Une intrigue qui se complique et monte en puissance au fil des pages. On croit deviner, et puis patatras nos déductions s’effondrent ! Et c’est ainsi tout le long du récit … hum, c’est trop bon ! Un thriller psychologique intense, à découvrir absolument pour un énorme moment de plaisir !

A noter, que L’APPARENCE DE LA CHAIR a été publié en format poche directement. Alors, aucune hésitation à avoir pour s’offrir un excellent moment de lecture grâce à Gilles Caillot !

J’ai beaucoup attendu ce livre mais ma patience a été récompensée … et pour tout vous dire je l’ai lu deux fois !!! Et vous savez quoi ?! La deuxième a été encore meilleure que la première !!!!!

L'APPARENCE DE LA CHAIR de Gilles Caillot

L’APPARENCE DE LA CHAIR

Gilles Caillot

Editions du Toucan

Thriller

405 pages

Né en 1967 à Lyon, Gilles Caillot a toujours été un grand passionné de littérature fantastique et de romans noirs. Il a connu ses premiers émois littéraires en lisant des auteurs tels que Stephen King, Dan Simmons, Jean-Christophe Grangé et plus récemment Maxime Chattam et Franck Thilliez. Consultant dans les technologies de l'information, il a découvert une passion débordante : l'écriture.Il est entré dans le monde du polar, il y a 5 ans. Après un passage d’un peu plus de trois ans aux éditions du polar avec les sorties de « L’ange du mal » en 2007, « Réminiscence » en 2008 et « Lignes de sang » en 2009, ce sont les éditions du Toucan qui publieront « L’apparence de la chair » en 2011.

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MAELSTRÖM de Stéphane Marchand

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Au départ, Stéphane Marchand avait en tête l’idée d’un scénario. C’est au bout de quelques semaines d’écriture, qu’il a eu l’envie de renouer avec le roman.Grand bien lui en a pris !

JE SUIS VENU VOUS DIRE QUE VOUS ALLEZ MOURIR
JE SUIS SERVI, J’AI UNE QUINTE FLUSH
JE RAFLE LA PREMIERE MISE
A TOI DE JOUER, HAROLD !
ET SOUVIENS-TOI DE NE PAS M’OUBLIER …

MAELSTRÖM de Stéphane Marchand

Harold Irving, vient de découvrir ce message tracé en lettres de sang, sur le mur de son salon. Son auteur : le MAESTRO.

Le Maestro, un homme abîmé par la vie, qui a décidé d’engager une PARTIE de poker macabre, en offrant sa première victime à Harold Irving, un romancier en panne d’inspiration et à Dexter Borden, un agent du FBI à la dérive. Un duo formé sous la contrainte, par deux personnalités que tout sépare.

Les modalités de ce jeu, orchestré par le Maestro sont strictes : pas de flics, ni de journalistes et profil bas de rigueur, sous peine d’être les responsables indirects de prochaines morts.

C’est ainsi qu’un JEU DE PISTE démarre avec la découverte de plusieurs cadavres … cadavres sur lesquels il faudra pratiquer des autopsies, car le Maestro prévoit de dissimuler des indices à l’intérieur des corps. C’est donc Franny Chopman, un médecin légiste de l’institut médico-légal de San Francisco, engagée aussi contre son gré qui en aura la charge.

C’est dans ses souvenirs, que Harold Irving devra chercher, pour trouver le lien qui l’unit au Maestro. Une mémoire capricieuse, truffée de zones d’ombres. Il va donc tenter de remonter le temps, grâce à l’hypnose.

Après avoir navigué dans le BROUILLARD, ce sera le temps des RéMINISCENCES, puis il connaîtra l’enfer avant d’espérer la rédemption.

Car tout finit toujours, là où tout a commencé …

D’entrée de jeu, Stéphane Marchand nous plonge dans l’ambiance avec un premier chapitre « percutant » ! Les suivants, ultra-courts nous emportent au gré de cette partie de poker dont le Maestro est l’instigateur. Vengeance, souffrance mais aussi amour, désir et rédemption sont les thèmes abordés dans MAELSTRÖM.

Embarqués malgré eux dans ce jeu de piste macabre, ces protagonistes à la dérive, sont attachants. Le Maestro, qui a mûri sa vengeance depuis déjà plusieurs années, se révèle être un tueur qui possède un goût prononcé pour la mise en scène, afin de créer une « œuvre artistique » au final.

Le final, justement parlons-en ! Lorsque l’on croit détenir la clé de l’intrigue, Stéphane Marchand nous offre quelques rebondissements supplémentaires et nous concède une fin surprenante et de surcroît émouvante. Cette touche d’émotion a clos ce livre d’une manière qui m’a ravie !

Un roman enthousiasmant, qui nous transporte de la première à la dernière page, avec un rythme soutenu, de manière constante. Un bel exploit de la part de Stéphane Marchand !

Les références à ses passions (séries télé, musique, automobile …) distillées tout au long du livre apportent une touche vraiment personnelle et s’accordent parfaitement au récit. Un récit bercé tout du long, au rythme d’un titre en particulier, interprété par Louis Armstrong et Ella Fitzgerald : ♫ Cheek to Cheek ♪.

Du rythme, des rebondissements, de bons personnages et une fin étonnante voilà les ingrédients dont a fait usage Stéphane Marchand pour faire de MAELSTRÖM un très beau moment de lecture !

MAELSTRÖM de Stéphane Marchand

MAELSTRÖM

Stéphane Marchand

Editions J’AI LU

Thriller

407 pages

Le site de Stéphane Marchand

Né à Lille en 1961, Stéphane Marchand est écrivain, peintre et parolier. De 1989 à 2000, il publie « La partition du voyageur » (Prix Athéna, Sélection Prix du premier roman et Grand Prix des lectrices de Elle) et « Le monde du sénateur » au Mercure France. « Un martien dans le frigo » (Prix du 15ème Festival du livre de jeunesse de Cherbourg), « Mille bravos pour Théo » chez Bayard Poche (J’aime Lire) et « Une grenade dans le crâne » chez Flammarion (Castor Poche). Pour le plaisir d'écouter des démos en studio, il compose également quelques paroles de chansons, dont « A chacun son histoire » titre du premier album de Natasha St-Pier. Il se consacre depuis quinze ans à la peinture, exposant une à deux fois par an dans différentes galeries, en France et à l'étranger, dont une exposition permanente sur trois années, à l'île de Ré, où un certain nombre de collectionneurs s'intéressent à son travail, au point d'acquérir régulièrement de nouvelles toiles.

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HELL.COM de Patrick Senécal

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Sans avoir fait au préalable de recherches approfondies, je pars à la rencontre d’un auteur québécois : Patrick Senécal. Les louanges parvenues jusqu’à mes oreilles, depuis maintenant quelques temps, ont suffi à me convaincre d’un premier « rendez-vous en tête-à-tête ». Un rendez-vous orchestré par mon cher Richard.

J’étais bien loin de m’imaginer ce qui allait suivre avec ce titre : je vous souhaite la bienvenue en enfer …

HELL.COM de Patrick Senécal

Du « wonder-boy » qu’il était à l’adolescence, à l’adulte qu’il est devenu aujourd’hui, tout réussit à Daniel Saul. Il a toujours été beau, charismatique, fier et plein d’assurance, mais il a un atout supplémentaire aujourd’hui : la fortune . PDG d’une entreprise immobilière, il est devenu milliardaire. Il fait partie d’une élite : celle des hommes les plus puissants du Québec.

Divorcé, il est le père d’un adolescent dont il a la garde à plein temps et en qui il fonde tous ses espoirs. C’est un Saul, sa chair et son sang et en ça il est condamné à réussir. Quand Martin Charron, investisseur et ancienne connaissance de collège, lui offre la possibilité de devenir membre d’un site internet secret mais illégal, il sait qu’il ne pourra refuser de s’y inscrire.

Il est temps que tu vives les plaisirs de ta caste.

Jeux, drogue, vengeance, combats à mort, esclaves sexuels, tortures ou chasse à l’homme tout est possible pour les membres du très sélect HELL.COM. Il va goûter au pouvoir, le vrai : celui qui lui donne le droit de tout acheter grâce à son immense fortune.

Sachez que l’enfer est partout et qu’il accueille deux classes de résidents : les démons et les damnés. La grande majorité des humains font partie de la seconde classe ; seuls les privilégiés comme vous appartiennent à la première. Et en enfer, les démons ont tous les droits !

Mais l’impensable se produit : son fils Simon découvre l’existence de ce site. Et ça, Daniel ne se le pardonne pas, tout est allé beaucoup trop loin. Il veut faire marche arrière, mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’on ne monte jamais aux enfers, on y descend !

Tout sauf un rendez-vous manqué ! A la lecture de HELL.COM, c’est non seulement un auteur que je découvre mais également un genre nouveau : le thriller d’horreur.

Patrick Senécal est doté d’une imagination extrêmement abondante, c’est le moins que l’on puisse dire !

Pour ce thriller horrifique, il utilise Internet comme point de départ, pour nous embarquer dans les pires atrocités … et quand je dis les « pires atrocités » je pèse bien mes mots !

C’est ainsi qu’il a échafaudé la trame de son roman, en imaginant qu’Internet puisse permettre d’arranger des rencontres avec le mal, le vice et le péché. Le web devient alors le nouvel enfer possible, avec un site qui regroupe toutes les folies.

Un pavé terrifiant et dérangeant mais « diablement » efficace qui marquera forcément votre esprit ! C’est du lourd … du très lourd !

Je terminerai avec une expression que j’abhorre, car elle est associée à tort et à travers aux thrillers, mais qui prend pleinement son sens à la lecture de HELL.COM : âmes sensibles, s’abstenir !

HELL.COM de Patrick Senécal

HELL.COM

Patrick Senécal

Editions ALIRE

Thriller d’horreur

557 pages

http://www.patricksenecal.net/

Patrick Senécal est né à Drummondville en 1967. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 un premier roman d’horreur « 5150, rue des Ormes », où tension et émotions fortes sont à l’honneur. Son troisième roman « Sur le seuil » un suspense fantastique publié en 1998, a été acclamé de façon unanime par la critique. Après, « Aliss » en 2000, une relecture extrêmement originale et grinçante du chef-d’œuvre de Lewis Carroll, « Les sept jours du talion » en 2002, « Oniria » en 2004, « Le vide » en 2007 et « Hell.com » en 2009 ont conquis le grand public dès leur sortie des presses. « Sur le seuil » et « 5150, rue des Ormes » ont été portés au grand écran par Eric Tessier 2003 et 2009, et c’est Podz qui a réalisé « Les sept jours du talion » en 2010. Trois autres romans sont actuellement en développement tant au Québec qu’à l’étranger.

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LE TUEUR INTIME de Claire Favan

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

C’est en lisant « Le silence des agneaux » que Claire Favan marque un tournant définitif dans le choix de ses lectures. Sa passion pour les tueurs en série est née. Frustrée quant à leurs réelles motivations, elle se lance le défi de retracer le parcours d’un tueur en série depuis son adolescence. Elle souhaite ainsi traiter des sujets qui l’interpellent : les motivations de ce genre d’individus, la construction du mode opératoire et la signature.

LE TUEUR INTIME de Claire Favan

Will Edwards 15 ans est un frêle jeune homme. Tête de turc de ses camarades il est depuis quelques années le souffre-douleur de toute l’école. Mère décédée, abusé sexuellement par un père alcoolique, ce n’est pas non plus en rentrant chez lui qu’il peut y trouver le soutien et le réconfort, mais plutôt les coups et les humiliations. Il sent son cœur s’emballer et l’espoir naître lorsque Samantha Monaghan, la nouvelle de la classe s’assoit à côté de lui et le prend sous son aile.

C’est après un énième viol, que Will sait qu’il aura sa revanche sur son père, sur sa mère et même sur Samantha, qui n’a pas le droit d’être heureuse alors que lui souffre. C’est tellement injuste, qu’il décide de prendre les commandes de sa vie à elle. Il s’arrangera pour qu’elle ne puisse plus jamais songer au bonheur sans l’associer à lui. Il se substituera à tout ce qui lui est cher pour devenir son unique source de vie. Samantha sera à lui ou elle ne sera pas.

Quand il y songerait plus tard, Will savait que sa haine s’était cristallisée à cet instant précis.

Quelques années plus tard, c’est un beau garçon, à l’allure athlétique. Froid et dur, sa tête dirige tout le reste de sa personne. Après « s’être débarrassé » du cavalier que Samantha a choisi pour le bal de fin d’année, elle accepte finalement qu’il l’accompagne. L’ultime phase de son plan est en place : entre persuasion, violence, douceur et autorité pour la faire sienne, il ne doit lui laisser aucune certitude sur la réalité de ce qu’elle va subir : il mordrait à belles dents dans leur camaraderie pour faire d’elle sa conquête. Sous le couvert de sa maladresse et de son inexpérience Will la viole. Lorsqu’il la raccompagne chez elle, samantha lui annonce son départ en Europe pour ses études.

Cinq ans plus tard : Will est de retour dans sa ville natale, Rogers. Il revient à la vie, après 5 années passées sous une autre identité, celle d’un garçon au passé trouble, emprisonné pour tentative de cambriolage. Période durant laquelle il a engrangé des fantasmes terrifiants, issus des moments cauchemardesques passés en prison. L’obligation de réfréner sa véritable nature pendant tant de temps a poussé ses pulsions à son paroxysme.

Il ne demandait qu’à renaître sous une forme encore plus monstrueuse.

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Mais s’il est de retour à Rogers, c’est pour entamer sa quête : retrouver la trace de Samantha. Il assoira une domination totale et blessante sur elle. Désormais sous son emprise, il l’abandonne à son triste sort et part sillonner les routes des Etats-Unis à la rencontre de ses futures victimes. « Le fétichiste » comme il a été surnommé par le FBI progresse à travers tout le pays et sème les cadavres les uns après les autres. Pas un seul indice, pas un seul témoin, c’est un véritable fantôme avec une signature bien à lui.

L’enquête s’enlise, R.J. Scanlon, diplômé en psychologie et en criminologie arrive en renfort pour y apporter un nouvel éclairage. Alliant perspicacité pour entrer dans l’esprit de ceux qu’il traque et ténacité pour suivre la moindre trace, ce chasseur acharné affiche un palmarès exceptionnel. Sa nouvelle équipe compte sur lui pour faire avancer l’enquête et mettre un terme aux agissements de ce tueur.

Une histoire qui s’étend sur presque 20 ans … voilà la concrétisation du défi que Claire Favan s’est lancé. De son adolescence à l’homme qu’il deviendra, elle nous fait pénétrer dans la tête d’un tueur manipulateur et redoutablement intelligent. Le thème des tueurs en série est vu et revu mais Claire Favan y apporte de l’originalité en choisissant cette manière de l’aborder.

L’écriture est parfaite et l’on glisse avec souplesse mais fébrilité dans les cinq parties qui constituent ce roman. La psychologie des personnages est peaufinée tout comme la description des méthodes perverses employées par ce prédateur redoutable, ce qui donne quelques scènes assez difficiles.

LE TUEUR INTIME est génialissime de la première à la dernière page et mérite amplement le prix qu’il lui a été attribué : le « Prix VSD du polar 2010 ».

La seule déception pour moi, a été de tourner la dernière page ! C’est donc avec impatience que je plongerai dans la suite : LE TUEUR DE L'OMBRE.

LE TUEUR INTIME de Claire Favan

LE TUEUR INTIME

Claire Favan

Editions Points

Thriller

637 pages

Le blog de Claire Favan

Claire Favan est née en 1976. Elle vit à Paris et travaille dans la finance. Le tueur intime est son premier roman qui sera récompensé par le Prix VSD du polar 2010. Le tueur de l’ombre son deuxième roman en est la suite. Un troisième roman est en cours d’écriture, mais sans lien avec les précédents.

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L'ENFANT DES CIMETIERES de Sire Cédric

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Intriguée par l’univers de Sire Cédric qui transparaît à travers son personnage, j’avais à cœur de découvrir cet auteur un peu singulier. Aux vues des nombreux admirateurs de l’auteur je ne pouvais faire l’impasse, et ce malgré mon scepticisme à aimer un thriller sur fond de fantastique.

L'ENFANT DES CIMETIERES de Sire Cédric

Le roman démarre sur le prologue d’une nouvelle, qu’il avait initialement écrite et publiée il y a quelques années pour l’Artbook « Ombres et Lumières ». Cette nouvelle avait été inspirée par une peinture de Jean-Marc Dauvergne.

Il nous y décrit la naissance de Nathaniel, l’enfant d’un démon. Naemah, un démon féminin fabuleux, d’une beauté éblouissante, l’incarnation du désir. Mère de toutes les égéries, inspiratrice de toutes les inspiratrices.

Un corps gracile aux hanches généreuses, aux fesses rondes pleines de promesses. Une poitrine qui appelle les baisers et les caresses. Un visage de poupée de porcelaine dont la bouche gourmande semble à elle seule l’incarnation du désir.

Naemah qui pour donner naissance à cet enfant s’abandonne aux morts.

Sous la terre dans leurs prisons de bois, les êtres allongés ont commencé à frémir … Naemah est revenue pour eux … eux seuls peuvent l’aimer … des membres masculins miraculeusement revenus à la vie glissent en elle … des cadavres de femmes s’immiscent jusqu’à elle et Naemah les étreint elles aussi avec passion … elle ravive cette vie en elles et à l’apex de son plaisir plante ses crocs dans leurs poitrines généreuses, arrache des morceaux de chair morte qu’elle avale en se cambrant de délice.

Un prologue lugubre, cru, insolite, mais prodigieux dans l’écriture, qui nous ouvre les portes d’un thriller diaboliquement original.

Le livre commence 13 ans plus tard … dans la réalité quotidienne d’une ville du sud de la France, Toulouse.

Aurore Dumas, journaliste Au nouveau regard persuadée de tenir un sujet en or, téléphone en pleine nuit à son collègue et ami David Ormeval photographe de presse, en lui demandant de rappliquer en vitesse : un crime particulièrement sordide vient d’avoir lieu.

Raymond Mendez, est apparemment un homme sans histoire. Jusqu’au jour où victime d’hallucinations schizophréniques, il tue sa femme ainsi que ses deux enfants au fusil à pompe avant de retourner l’arme contre lui pour se faire sauter la tête.

Le lendemain, François Mendez un adolescent se croyant poursuivi par des ombres menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel une jeune artiste peintre. Cet adolescent est le neveu de Raymond Mendez qui aurait hérité des mêmes troubles schizophréniques que son oncle.

Le photo-journaliste David Ormeval, qui n’est autre que le compagnon de Kristel décide de découvrir l’origine de cette contagion meurtrière. Il n’y a aucune explication logique à toutes ces morts, il cherche des réponses mais ne se retrouve qu’avec de nouvelles questions … des questions de plus en plus folles.

Le commandant Alexandre Vaubert de la police criminelle, est lui aussi dépassé par les évènements : ce n’était plus une série de coïncidences macabres qu’il avait sur les bras mais un épidémie de suicides ! D’autant plus qu’une légende urbaine vient faire surface : celle de l’enfant des cimetières. Cet enfant cannibale, ce fantôme vengeur : on raconte que ceux qui le voient deviennent fous. Que lorsque le spectre de cet enfant croise votre regard, alors les cauchemars s’emparent de vous jusqu’à vous faire sombrer dans la folie et vous poussent au suicide. Et si cette légende urbaine était vraie ? Si cet enfant existait vraiment ? Une confrontation avec l’inimaginable …

L’inimaginable, voilà vers quoi cette intrigue policière, qui glisse dans le surnaturel puis pénètre la réalité nous embringue.

Sire Cédric réussit la prouesse de nous conter des scènes d’horreur en y apportant des touches de sensualité et de poésie. Une écriture toute en délicatesse pour des scènes parfois d’une violence poussée au paroxysme.

Ses inspirations il les trouve dans des univers très différents : entre autre Stephen King côté auteur, Alan Edgar Poe et Charles Baudelaire côté poésie, David Lynch côté cinéma. Côté style : le gothique et côté musique : le métal.

Cet éclectique mélange des genres, donne une lecture détonante et audacieuse.

Les personnages traditionnels pour certains et totalement atypiques pour d’autres contribuent à l’originalité de ce roman.

Alors thriller gothique ou thriller fantastique, qualifiez-le comme bon vous semble mais laissez vos sentiments se déchaîner ! Envoûtée par ce livre, mon scepticisme a été chassé. Il a suscité chez moi l’envie d’approfondir ma découverte du fantastique pour transformer cet essai.

L'ENFANT DES CIMETIERES de Sire Cédric

L'ENFANT DES CIMETIERES

Sire Cédric

Editions Pocket

Thriller

527 pages

Site de Sire Cédric

Sire Cédric est né le 24 Octobre 1974. Cet écrivain français de thrillers vit et écrit à Toulouse, dans le Sud de la France. Son premier roman « Angemort » a reçu le prix Merlin 2007, il sera suivi par « L’enfant des cimetières » pour lequel il reçoit le prix Masterton, puis « De fièvre et de sang » pour lequel il reçoit le prix Polar au festival de Cognac. Son dernier roman « Le jeu de l’ombre » est publié aux éditions Le Pré aux Clercs.

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MEURTRE POUR DE BONNES RAISONS d'Olivier Kourilsky

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Une fois n’est pas coutume : ce n’est pas moi qui ai plébiscité l’auteur mais le contraire. En me choisissant, Olivier Kourilsky fait de moi une lectrice heureuse ! Vu la complexité à se rencontrer pour me faire découvrir ses livres, il me fait parvenir un exemplaire de son troisième roman « Meurtre pour de bonnes raisons ». Impatiente de découvrir cet ouvrage, je le fais donc passer par-dessus tous mes livres en attente dans ma pile à lire.

Olivier Kourilsky, baptisé au fil du temps par ses amis et collègues « Dr K », s’est fait une spécialité : celle d’écrire des romans policiers dont l’action se déroule dans le milieu hospitalier. Milieu bien connu et familier, puisqu’il est l’ancien chef de service néphrologie – dialyse du centre hospitalier Sud Francilien à Evry.

MEURTRE POUR DE BONNES RAISONS d'Olivier Kourilsky

Paris, Novembre 1996 : Agnès Bourdin vient de décrocher un poste dans le service de chirurgie réputé du CHU Saint-Antoine. De nature calme et efficace, Agnès a fait ses preuves dans ce milieu très masculin qu’est la chirurgie. Spécialisée dans la chirurgie viscérale, c’est dans le prestigieux service du professeur Bernard Lambertin qu’elle exerce. Mais elle cache une blessure profonde : celle de n’avoir jamais connu son père, Robert Viral.

Il meurt en Algérie -plusieurs mois avant sa naissance- au cours d’une mission de reconnaissance. Lors d’un accident de jeep, il a la nuque brisée : une mort sans combat et peu glorieuse. Déterminée, Agnès part sur les traces du passé de son père.

Suite à une succession d’actes de malveillance, le commissaire Maupas est appelé au centre hospitalier dans lequel travaille Agnès. Ces sabotages troublent le service et alimentent une suspicion générale. Il va donc enquêter et tenter d’enrayer ces incidents ayant entraîné le décès post-opératoires de plusieurs patients.

Dans le même temps, un tueur en série sème la terreur dans le quartier de Barbès en tuant de petits délinquants ou trafiquants d’origine maghrébine. Même si tout laisse à penser à des règlements de comptes locaux, Maupas appelle en toute discrétion Machefer en renfort, son collègue commissaire principal à la Criminelle pour faire avancer cette enquête qui piétine.

Ce roman policier, survenant dans le milieu médical m’a beaucoup plu. Olivier Kourilsky a su doser son livre avec justesse. Le contexte tout d’abord : celui d’un centre hospitalier où l’on ressent l’ambiance, le travail d’équipe et la chaleur humaine. L’utilisation des termes médicaux n’y est ni ennuyeuse, ni rebutante surtout pour les novices tels que moi.

Les personnages sont vraisemblables : Agnès la jeune femme indépendante, combative et féminine. Lambertin, le professeur sexagénaire, bel homme, séducteur et apprécié de tous, tout comme le commissaire Maupas, peu attaché à son apparence, consciencieux et droit dans ses bottes.

Olivier Kourilsky s’est inspiré de faits réels pour bâtir ce roman, ce qui le rend authentique. Que ce soit de par son métier, instigateur du scénario comme dans le choix de la guerre d’Algérie qu’il applique en toile de fond. Une intrigue où le superflu n’a pas sa place. On navigue aisément entre passé et présent, sans cesser d’échafauder des plans pour réussir à créer le lien final.

Séduite par ce livre et par l’élégance de la plume du Dr K, je n’en ai fait qu’une bouchée … voilà de « bonnes raisons » de le lire !

MEURTRE POUR DE BONNES RAISONS d'Olivier Kourilsky

MEURTRE POUR DE BONNES RAISONS

Olivier Kourilsky

Editions Glyphe

Policier

236 pages

Site d'Olivier Kourilsky

Ancien chef de service de néphrologie - dialyse du Centre Hospitalier Sud - Francilien et professeur associé au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris, le docteur Olivier Kourilsky s’est lancé, il y a quelques années dans l’écriture avec une spécialité : des romans policiers dont l’action se déroule en milieu hospitalier. Il est l’auteur de 5 romans : Meurtre à la morgue, Meurtre avec prémédication, Meurtre pour de bonnes raisons qui obtiendra le prix Littré en 2010, Homicide par précaution et Dernier homicide connu.

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LA ONZIEME PLAIE d'Aurélien Molas

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Ce livre figurait depuis pas mal de temps sur ma liste d’achat … il m’a finalement été offert par une amie lectrice … quel merveilleux cadeau !

Désireuse toujours et encore de découvrir de nouveaux auteurs français de polars, je pars cette fois à la rencontre d’Aurélien Molas.

Un jeune auteur qui n’a pas choisi un sujet facile puisqu’il s’agit de la pédophilie : pour un premier livre il fallait oser se lancer avec un tel sujet !

LA ONZIEME PLAIE d'Aurélien Molas

LA ONZIEME PLAIE est un titre métaphorique comme l’explique l’auteur dans une interview de la Nouvelle République des Pyrénées. « Une première génération est en révolte, la mienne et la génération suivante voit son innocence sapée à la base, c’est la métaphore de la pédophilie. Comment une société, avec deux générations sacrifiées, peut-elle survivre ? C’était ça l’idée de départ».

Dans un Paris à feu et à sang, où la violence est partout, des flics se sont engagés avec l’énergie du désespoir dans une croisade contre le mal.

Un service spécial a été créé par le Ministère de l’intérieur : une unité autonome et à faible effectif. A sa tête, le commissaire Maxime Kolbe, ancien patron de la brigade des mineurs, son bras droit le capitaine Alain Broissard et le lieutenant Léopold Appoline. Trois flics au total, sans attache et en marge du système. Leur mission prioritaire : le démantèlement des grand réseaux et les causes perdues.

Le Havre : Alain Broissard, capitaine de l’unité Spéciale épaulé par le brigadier Carrère du SRPJ de Rouen, découvrent des cartons remplis de DVD dans la cale d’un bateau. DVD dont la jaquette ne portent aucune description, aucun signe distinctif. Des boîtiers noirs, énigmatiques qui s’avèreront être des DVD pédophiles.

Oublier ce que ses yeux avaient vu. Oublier les résidus d’horreur qui gangrenaient sa mémoire. Juste oublier. Ce qu’il endurait n’était rien en comparaison de ce que ces enfants subissaient.

Métro Porte des Lilas : dans le ventre de Paris, deux cadavres de jeunes filles sont découverts. Suicide : le mot colle parfaitement pourtant il n’apporte pas la satisfaction d’une conclusion irréfutable. C’est, forte de cette conviction que Blandine Pothin, appartenant à la brigade criminelle, décide malgré l’enquête close et la formelle interdiction de son supérieur de poursuivre ses recherches et d’approfondir la mort de ces deux jeunes filles.

Un roman très sombre où les décors sont bien restitués : l’ambiance apocalyptique d’un Paris survolté, en proie à une crise sans précédent. Un contexte social secondaire, mais qui viendra toutefois compliquer la tâche aux enquêteurs.

On est catapulté dans le vif du sujet avec une atmosphère oppressante, une énigme machiavélique au rythme effréné qui maintient le suspens jusqu’au bout et met le lecteur sur des charbons ardents.

Des phrases percutantes, des scènes difficiles et une écriture très visuelle : voilà le savant mélange dont Aurélien Molas fait usage pour nous embarquer dans cette éprouvante et effroyable histoire.

Les protagonistes : Alain, Léopold et Blandine sont des personnages forts et investis personnellement dans cette terrible lutte contre la perversion. Une traque palpitante menée par des personnages crédibles.

Aurélien Molas réussi l’exploit de traiter ce sujet sans voyeurisme aucun : pari osé mais réussi !

Un premier ouvrage excellent pour ce jeune auteur qu’est Aurélien Molas … un auteur à suivre …

LA ONZIEME PLAIE d'Aurélien Molas

LA ONZIEME PLAIE

Aurélien Molas

Editions Le livre de Poche

Thriller

501 pages

Aurélien Molas est né le 4 Octobre 1985 à Tarbes. Après le bac, il part vivre à Madrid, avant de poser ses bagages à Paris où il réside. Etudiant, il gagne sa croûte en étant alternativement public d’émissions sur Télémadrid, pigiste et plongeur dans un restaurant de moules-frites. Cette période lui inspirera un texte court « Génération trou noir » qui fut lauréat du Prix du Jeune Ecrivain. Mais ses véritables débuts dans le monde de la littérature se font avec une seconde nouvelle, policière cette fois-ci, primée dans un festival breton et grâce à laquelle il est publié dans un recueil réunissant des pontes du genre tel que Claude Mesplède ou Marcus Malte. Fort de cette expérience, il se lance dans un travail d’enquête préalable à l’écriture d’une version longue : La onzième plaie dont le manuscrit sera accepté par les éditions Albin Michel et publié en 2010. Suivra Les fantômes du Delta …

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[GATACA] de Franck Thilliez

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

[GATACA] est le deuxième volet du dyptique de la violence. Comme nous le précise l’auteur en ouverture du livre, ce récit est complètement indépendant et peut donc être appréhendé comme tel par les nouveaux lecteurs.

Toutefois, je pense qu’il serait vraiment dommage de faire l’impasse sur LE SYNDRÔME [E] avant de se délecter avec sa suite [GATACA].

Après l’excellentissime premier volet de ce dyptique, où dans les toutes dernières pages un évènement inattendu me laissait en suspens, me voilà enfin, en possession de [GATACA] … la suite tant attendue !

C’est donc avec avidité que je me plonge dans la lecture de ce nouvel ouvrage.

[GATACA] de Franck Thilliez

Le commissaire Franck Sharko est appelé par son nouveau chef, Nicolas Bellenger, pour qu’il se rende rapidement au Centre de Primatologie de Meudon : une jeune femme vient d’être retrouvée morte dans une cage, agressée et mutilée semble-t-il par un chimpanzé.

Cette jeune femme c’est Eva Louts, étudiante à l’université de Jussieu. Elle travaillait sur une thèse concernant la latéralité chez les grands singes (fait d’être droitier ou gaucher).

Comment une simple étude avait-elle pu provoquer une mort si brutale ? Pourquoi avait-elle été amenée à voyager dans des villes d’Amérique latine jusqu’aux plus hautes montagnes d’Europe ? Pourquoi avait-elle rencontré des criminels investis d’une violence inouïe dont Grégory Carnot le meurtrier de Clara -l’une des jumelles- de Lucie Henebelle ?

Autant de questions qui mettent rapidement hors de cause le chimpanzé et amènent le commissaire Franck Sharko à se pencher plus en profondeur sur les recherches de la jeune étudiante.

Parallèlement, Grégory Carnot incarcéré dans le service de psychiatrie pénitentiaire, est retrouvé mort au fond du mitard. Il s’est arraché l’artère de la gorge, avec ses doigts.Quel genre de délire a pu frapper cet homme, pour qu’il en vienne à se mutiler aussi violemment ?

Enfin, la découverte d’une famille de Néandertaliens qui a été assassinée par un Cro- Magnon. Quel rapport entre toutes ces affaires et un crime commis il y a 30.000 ans ?

Il y a un an, quasiment jour pour jour, Grégory Carnot séparait Franck Sharko et Lucie Henebelle, aujourd’hui c’est lui qui les rassemble.

Nous voilà plongé dans l’univers de l’anthropologie, de la paléontologie mais aussi de la biologie. Beaucoup de recherches de la part de l’auteur autour de ces univers mais aussi dans un domaine moins connu et très pointu : celui de la génétique (ADN, biologie évolutive, génome …).

Le contenu scientifique a donc, vous l’aurez compris, une part importante : mais pas de panique ! Les différents sujets sont abordés de manière claire et restent donc à la portée de tout un chacun. De plus, l’aspect scientifique est impeccablement imbriqué dans le suspense, sans toutefois l’étouffer ni le sacrifier.

On constate une nouvelle fois l’aptitude de Franck Thilliez à associer la science et l’humain pour notre plus grand plaisir.

L’histoire qu’il a développée autour vient équilibrer le tout, avec notamment le tandem Lucie Henebelle et Franck Sharko. Un duo qui fonctionne à merveille. Ce sont des personnages forts et marquants, avec leurs fêlures respectives.

L’auteur les a donc réunis pour nous faire passer un excellent moment de lecture. Et grâce à la créativité de son imagination, il pousse Lucie et Franck à nous entraîner aux origines de la violence.

Force est de constater que Franck Thilliez bâti une nouvelle fois un roman instructif, une intrigue du tonnerre et des personnages consistants. Un équilibre parfait pour un livre magistral !

[GATACA] de Franck Thilliez

[GATACA]

Franck Thilliez

Editions Pocket

Thriller

600 pages

Site de Franck Thilliez

Franck Thilliez est né en 1973 à Annecy. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Son premier roman Train d’enfer pour ange rouge a été nominé au Prix SNCF du polar en 2004. Il est également l’auteur de La chambre des morts, adaptée au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du polar 2006 ainsi que le prix SNCF du polar français en 2007. Ses autres romans : Deuils de miel, La forêt des ombres, La mémoire fantôme, L’anneau de Moebius, Fractures, Le syndrôme [E], [Gataca] et Vertige.

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LA MORT EN FACE de Cody Mc Fadyen

Publié le 14 Septembre 2012 par Carine Boulay

Sous le charme de Smoky Barett, héroïne du premier roman de Cody Mc Fadyen, j’ai replongé avec délice et empressement dans cette nouvelle lecture, qui est la suite de SHADOW MAN.

LA MORT EN FACE de Cody Mc Fadyen

Smoky Barrett, agent chevronné du FBI, dirige la brigade criminelle de Los Angeles. Suite à sa dernière affaire, elle devient la mère adoptive de Bonnie. Grâce à elle, la vie la reprend dans ses filets.

Profitant de 15 jours de congé pour remettre un peu d’ordre dans sa vie, elle est appelée sur le lieu d’un triple homicide.

A Canoga Park, une jeune fille de 16 ans, Sarah Langstrom, attend avec un pistolet braqué sur la tempe. Elle réclame Smoky Barett et ne veut parler qu’à elle, sous peine de se suicider.

L’adolescente affirme que depuis l’âge de 6 ans, « l’étranger » un homme dont elle ne connaît ni le nom, ni le visage, ne cesse de tuer tous ceux qu’elle aime. De plus, personne ne croit à son existence. Lui qui l’a pourtant baptisé « sa petite douleur».

Alors, à travers son journal, Sarah racontera à Smoky sa courte mais effroyable vie. Comment depuis dix ans, ce tueur la poursuit et la modèle afin de la créer à sa propre image. Une sculpture à laquelle il a même donné un nom : Une vie ruinée.

Même si tu n’y es pour rien, ta souffrance sera ma justice.

J’appelle ce cahier un journal, mais ça n’en est pas vraiment un. Non. C’est une fleur noire. Un chemin vers le point d’eau où de sombres créatures viennent se désaltérer.

Cody Mc Fadyen nous entraîne, sans perdre de temps dans une intrigue dense sur fond de vengeance. Le scénario est étoffé et le psychopathe engagé dans cette croisade de la mort est terrifiant.

L’écriture y est fluide, les pages se tournent toutes seules. Le choix de l’auteur, d’alterner le récit de Smoky et le journal de Sarah renforce cette sensation. Pour notre plus grand plaisir, nous y retrouvons les personnages du premier opus et en découvrons de nouveaux. Le point fort de cet auteur est sans conteste l’aisance et la précision avec lesquelles il les décrit.

On notera que le titre LA MORT EN FACE est particulièrement à propos, peut-être encore plus que son titre original « Le visage de la mort ».

Au final, les retrouvailles avec Smoky sont des plus réjouissantes. Un récit que l’on dévore, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un excellent moment. Alors aucune hésitation à avoir avec cette lecture !

LA MORT EN FACE de Cody Mc Fadyen

LA MORT EN FACE

Cody Mc Fadyen

Editions Pocket

Thriller

601 pages

Site de Cody Mc Fadyen

Cody Mc Fadyen est né au Texas en 1968. Son premier roman Shadowman est devenu un best-seller international. Trois autres ont suivi depuis : La mort en face, The daker side et Abandonné. Il vit en Californie du Sud avec ses deux labradors noirs, boit du café (en quantité), joue de la guitare (mal) et lit (voracement).

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