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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Publié le 27 Juin 2013 par Carine Boulay dans Salons

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Pour la cinquième année consécutive se tenait à Saint-Maur-des-Fossés le salon international du livre au format de poche .

Une librairie éphémère de 1500m2, située en plein cœur de la ville sur le parvis de la gare RER Saint-Maur / Créteil.

Facile d’accès et gratuit, ce festival littéraire a pour objectif de rendre accessible la lecture à tous en faisant redescendre le livre dans la rue.

Plus de 140 auteurs au rendez-vous ! L’édition 2013 était placée sous le signe du polar, une vraie bénédiction pour ma première visite.

SAINT-MAUR EN POCHE a été l’opportunité de rencontrer quelques-uns de mes auteurs favoris ...

Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...
Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...
Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...

Claire Favan, Alexis Aubenque, Paul Colize et Barbara Abel ...

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

De croiser le fondateur du salon, célèbre libraire et chroniqueur littéraire ...

Gérard Collard de la Griffe noire

Gérard Collard de la Griffe noire

C’est un salon passeur d’émotion, où la simplicité de la forme se joint à la multiplicité du contenu, afin de créer un évènement singulier, ouvert à tous ... C’est un salon plaisir qui fait chanter les mots, aimer les livres et redonne envie à ceux qui ne lisent plus.

Gérard Collard

De faire des rencontres totalement inattendues, mais ô combien réjouissantes dans les allées du salon ...

Jacques Saussey et Gilles Caillot ...
Jacques Saussey et Gilles Caillot ...Jacques Saussey et Gilles Caillot ...

Jacques Saussey et Gilles Caillot ...

D'assister à la remise du prix Saint-Maur en poche, attribué à Paul Colize pour son formidable roman Back Up ... coup de cœur 2012 Le noir émoi !

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !

Et de revenir avec de jolies dédicaces ...

SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !
SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !SAINT-MAUR EN POCHE 2013 : Une édition aux couleurs du polar !
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Bref ... une journée étourdissante !

Merci à ma maman d'avoir partagé cette journée avec moi et d'avoir une nouvelle fois joué les photographes. Merci aux auteurs pour leur simplicité et leur gentillesse. Une pensée également aux copains - copines rencontrés pour la première fois ou revus avec un immense plaisir.

À une prochaine !

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DJEBEL de Gilles Vincent

Publié le 17 Juin 2013 par Carine Boulay

Initialement paru chez Timée Éditions en 2008, DJEBEL vient d’être réédité le mois dernier par les Éditions Jigal en format poche. Cet éditeur indépendant qui se veut « défricheur de talents », offre une seconde vie à ce remarquable roman. Une idée de génie, car incontestablement Gilles Vincent rime avec talent …

DJEBEL de Gilles Vincent

Mars 1960 - Ouadhia, Kabylie

Dernière garde, encore trois jours et c’est la quille. Après avoir donné deux ans de sa vie, le deuxième classe Antoine Berthier va enfin pouvoir retrouver ses parents et sa sœur jumelle qui l’attendent sur le continent. Mais quelques jours plus tard, sans aucune explication, il se donne la mort sur le bateau du retour.

Septembre 2001 - Marseille

Viviane Dimasco, sœur jumelle d’Antoine, vient de recevoir un coup de téléphone de Sylvie Michaud, femme d’un certain René Michaud, ayant effectué son service militaire dans le même régiment que son frère. Avant de mourir, son mari lui a demandé de révéler la vérité concernant la mort du petit Berthier. Celui-ci n’était pas mort au combat. Ça, c’était la version officielle qu’on leur avait imposée. Il s’était suicidé sur le bateau du retour, devant tout le monde. Une révélation absolument insupportable pour Viviane, qui confie l’affaire au détective privé Sébastien Touraine afin de connaître la cause de son suicide. Mais, alors que celui-ci part à la recherche des éventuels témoins de la mort d’Antoine, il est confronté à la mort successive de ses anciens compagnons d’armes. La mort du jeune soldat semblerait porter en elle bien plus qu’une simple interrogation.

C’est en duo que Sébastien Touraine, ex-commissaire aux stups désormais détective et Aïcha Sadia, jeune femme d’origine kabyle aujourd’hui commissaire principale, vont remonter les traces de l’Histoire …

DJEBEL de Gilles VincentDJEBEL de Gilles Vincent
"Une fois de plus l’Algérie va se réveiller entre caillasse et sang séché. Une fois de plus, la nuit aura effacé les cris de ceux qu’on grille à l’électricité, un peu partout dans le pays. Les poitrines trempées des Algériens attachés aux tables des écoles, leurs regards paniqués et le rire des jeunes soldats au milieu des beignes qui tombent. Le spectacle de cette jeunesse qui sombre et qui cogne, qui fabrique, sans le savoir, le terreau de ses cauchemars futurs. Aujourd’hui comme la veille et le jour suivant, le cri des hommes résonnera dans les caves jusque tard dans la nuit. Jusqu’au petit matin où la rafale claquera le dos du type abandonné entre les pierres. Du type qui n’avait rien à dire. "

Gilles Vincent entame son roman avec quelques vers isolés, empruntés à l’un des plus grands écrivains français. Une phrase d’introduction, composée de deux célèbres alexandrins qui résonnent en moi comme la promesse d’un grand moment de lecture.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, ni les voiles au loin descendant vers Harfleur …

Victor Hugo

En débutant son intrigue durant « La sale guerre », Gilles Vincent s’empare du lecteur dès les premières pages puis avec l’aisance du conteur expérimenté, l’empoigne jusqu’au dernier mot.

Écriture sobre mais puissante, descriptions détaillées mais sans excès, personnages étoffés et attachants, Gilles Vincent possède un extraordinaire sens du récit.

DJEBEL c’est la guerre, la mort, mais pas que. C’est aussi une rencontre, celle de Sébastien Touraine et d’Aïcha Saida. L’auteur nous brosse deux portraits intenses. Celui d’un homme meurtri, investi d’une mission sacrée afin de réparer l’irréparable et celui de la belle Aïcha Saida, jeune femme tout en contraste qui a rendez-vous avec la terre des siens.

« … trente-cinq ans, bien foutue, brune aux yeux bleus avec un je-ne-sais-quoi de survolté. Des cheveux comme l’automne sur une superbe gueule de Kabyle. Un jour en jeans, le lendemain en tailleur. C’est un peu tout ça, Aïcha Sadia. Un petit bout de femme à la fois légère et grave, autoritaire et douce en même temps. Un peu comme l’Algérie finalement. Belle et tragique à la fois … »

Confectionné avec minutie, DJEBEL est un roman pétri de qualités. Un de ceux qui vous happent dès les premières lignes et qui vous laissent une trace une fois la dernière page tournée. Du très bel ouvrage.

Gilles Vincent un auteur à découvrir d’urgence !

DJEBEL de Gilles Vincent

DJEBEL

Gilles Vincent

Éditions Jigal

Collection Polar

256 pages

Gilles Vincent est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Un grand-père député du Front Populaire, grand résistant, déporté … Une grand-mère institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père professeur de Fac, une mère professeur de Lettres, puis psychanalyste (personne n'est parfait). Et c'est du côté de Valenciennes que Gilles Vincent passe sa jeunesse dans laquelle ne trouvent grâce à ses yeux que les livres, les histoires, les contes et les légendes. À quatorze ans, au Maroc, il découvre Frédéric Dard (et sa seconde identité, San Antonio), et dévore tout "San Antonio" jusqu'à en oublier la magie du désert. Sa décision est prise : plus tard lui aussi racontera des histoires. À vingt ans, il abandonne ses études pour une carrière de commercial. Puis il rejoint le Sud, Marseille tout d'abord puis les environs de Pau où il vit depuis quelques années, tout entier consacré à "l'aventure des mots" : ateliers, classes, conférences et romans. Il a publié quatre romans dont Djebel, un polar dont Isabelle Adjani a acheté les droits cinématographiques. Il a reçu le Prix Marseillais du Polar 2010 pour son roman Sad Sunday. Dans les auteurs qui l'ont marqué, on retrouve Marguerite Duras, Didier Van Cauwelaert, Cormac McCarthy et Frédéric Dard bien sûr ! Dans ses passions se mêlent le ciné, les bouffes entre copains, les courses autour du lac, la lecture bien, les rêves, tous les rêves et Madrid où il se verrait bien vivre un jour ...

Bibliographie : 2012, Parjures (Jigal, "Polar"); 2011, Peine maximum (Jigal, "Polar"); 2010, Les Essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines (Jigal, "Polar"); 2008, Djebel (Timée, "Thriller").

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ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

Publié le 10 Juin 2013 par Carine Boulay

ON SE RETROUVERA est le premier roman de Laëtitia Milot. Après une autobiographie parue en 2010, elle s’essaye au roman noir. Parmi les thèmes abordés, deux sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur : la violence faite aux femmes notamment à travers le viol, mais également la quête identitaire.

ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

Christiane vient de livrer sa dernière bataille face à la maladie. Mais avant de s’éteindre, elle dévoile à sa fille Margot, un secret enfoui depuis de nombreuses années.

Une nuit, en sortant du travail, elle a été violée par quatre hommes puis laissée pour morte sur le bord de la route. Suite à cette agression, elle tombe enceinte et donne naissance à une petite fille.

C’était il y a trente ans, et cette enfant ... c’est elle.

Une révélation qui fait l’effet d’une bombe sur Margot. Malgré la peine et la douleur, la jeune femme se lance sur les traces de son passé afin d’obtenir des réponses. Son envie de savoir faisant place à un besoin obsessionnel, c’est au mépris du danger et des conséquences de ses recherches, qu’elle s’élance sur la piste de son père biologique.

Elle parlait au présent. Comme si ces hommes se forçaient encore en elle. Sa voix ne butait pas sur les mots dérangeants. Ni sur les détails atroces. Ils coulaient de sa bouche comme si elle en avait oublié le sens ; comme si elle ignorait le décalage troublant entre sa voix posée, plate et l’atrocité de la scène. Toute censure psychologique avait disparu. Pour laisser place à une certaine … aisance. L’aisance du soulagement. De la libération.

P 23

ON SE RETROUVERA débute par le récit abrupt du viol collectif de la mère de Margot. Un épisode suintant d’horreur, où les scènes explicites et brutales constituent une introduction percutante.

Après cette entrée en matière saisissante, le roman se déploie autour de la quête de Margot. Confrontée à son encombrant passé, la jeune femme devra faire face à un parcours tourmenté afin de recueillir le plus d’informations possible pour faire avancer ses recherches. Car derrière l’acte de souffrance qui l’a enfantée, se cache un père criminel qu’elle veut retrouver. Tantôt victime, tantôt bourreau, ce personnage aux multiples facettes se complexifie au fil des pages et sa quête, initialement identitaire, prendra des allures de vengeance.

Servi par une écriture simple mais efficace, ON SE RETROUVERA est un roman dynamique. Émaillé de nombreux dialogues ainsi que des pensées intimes de Margot, le roman ne laisse aucune place à la monotonie. Un petit bémol cependant, lorsque l’auteure a recours à l’ellipse narrative. Cette figure de style -pas toujours utilisée à bon escient- a parfois troublé ma lecture.

Le dénouement est surprenant car totalement imprévisible. Il marquera les esprits d’une manière ou d’une autre et ne manquera pas de susciter des réactions. Au terme de son roman, Laëtitia Milot laisse plusieurs questions en suspens et cette fin ouverte laisse par conséquent présager une éventuelle suite.

Laëtitia Milot nous offre un premier roman attrayant, où simplicité et suspense sont de mises.

ON SE RETROUVERA de Laëtitia Milot

ON SE RETROUVERA

Laëtitia Milot

Éditions Fayard noir

Roman noir

334 pages

Site de l'auteure

Laëtitia Milot, née le 5 juillet 1980 à Limoges est actrice et mannequin. Elle joue actuellement le personnage de Mélanie Rinato dans la série Plus belle la vie.

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ROAD TRIPES de Sébastien Gendron

Publié le 1 Juin 2013 par Carine Boulay

« Un polar délirant signé Sébastien Gendron, dans la lignée de Donald Westlake, Joe R. Lansdale et Tim Dorsey. » Voilà ce que promet la quatrième de couverture. Un polar délirant j’y aspire grandement, quant aux noms accolés je n’en connais aucun. Je ne peux donc présumer de ce qui m’attend, et c’est peut-être mieux ainsi. Les quelques lectures réalisées dans la même veine ne m’ont apporté jusqu’à maintenant que peu de satisfaction. Je compte aujourd’hui sur ROAD TRIPES pour combler mes espoirs déçus …

ROAD TRIPES de Sébastien Gendron

Musicien raté, piètre époux et père, Vincent est mis à la porte du domicile conjugal par sa femme. Ce qui était urgent du temps de son couple, devient vital aujourd’hui : trouver un emploi. Tour à tour pianiste, puis dentiste, puis dentiste avorté et pianiste perdu, Vincent se fait embaucher dans une société qui propose des contrats de distribution de prospectus.

En pleine dépression, sa route va croiser celle de Carell. Carell, un crétin paumé au visage hideux, à la dentition crevassée et au crâne saturé de flotte. Prendre sa vie en main et faire des choix, Vincent en a toujours été incapable. Carell lui, ne réfléchit pas, il avance.

C’est dans son sillage que Vincent se laisse entraîner, au gré d’un périple granguignolesque à travers la France, plutôt que de rester à pleurnicher sur son triste sort. De départementales en départementales, nos deux cow-boys solitaires vont rouler au hasard, enchaînant les « conneries » sur 4000 kilomètres de faux désert.

Je découvrais un monde, celui de la route, où tout devenait possible. On prenait le volant et tout pouvait commencer. J’étais en train de comprendre ce grand sentiment de liberté qui suintait des road movies américains. Carell et moi on était Peter Fonda, Dennis Hopper, James Taylor, Warren Oates, Robert Blake, Barry Newman : les aigles du bitume, les seigneurs de la ligne discontinue, les princes du pot d’échappement.

P101

Conçu comme un road-movie, ROAD TRIPES nous embarque dans un insensé voyage, aux côtés de deux crétins sociopathes. Une équipée délirante et bourrée d’humour qui rend nos deux anti-héros irrésistibles.

De situations surréalistes en péripéties imprévisibles, de dialogues savoureux en scènes désopilantes, Sébastien Gendron nous offre une réjouissante et décapante virée.

L’auteur manie l’humour noir avec audace et cynisme, mais avec infiniment d’intelligence évitant ainsi l’écueil de la vulgarité.

Une injection de bonne humeur au résultat instantané. Sébastien Gendron, un auteur qui fait du bien !

« J’adore les cons magnifiques … » Sébastien Gendron

ROAD TRIPES de Sébastien Gendron

ROAD TRIPES

Sébastien Gendron

282 pages

Éditions Albin Michel

Né en 1970 à Talence, Sébastien Gendron a passé sa jeunesse dans le Bordelais. Après une licence d'études cinématographiques, il se retrouve tour à tour livreur de pizzas, manœuvre ou encore télévendeur de listes de mariage, avant de devenir assistant-réalisateur puis réalisateur. À 33 ans, il publie son premier roman "La jeune fille et le cachalot" suivi d'un recueil de nouvelles et de quatre autres romans dont le numéro 266 de la collection du Poulpe : Mort à Venise (Éditions Baleine, 2010). Il vit aujourd'hui à Bordeaux.

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