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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

Publié le 22 Novembre 2012 par Carine Boulay

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

Paris, hiver 2011. La vie d’Alice Jourdan tourne inexorablement au cauchemar.

Tout a commencé par le décès de son mari deux mois auparavant, puis par la révélation de ses infidélités avec une de ses collègues.

Maintenant, la folie la menace, car elle vient de se faire agresser par un mort !

Son assaillant a le visage identique, trait pour trait, à celui de son défunt mari. Une ressemblance telle, qu’elle ne peut pas être qu’une ressemblance.

Ce qu’elle vient de voir à la lueur des réverbères, l’arrache à sa torpeur, bouscule les limites de son deuil, de son renoncement et la fait vaciller jusqu’aux fondements de sa raison.

C’est vers Victor Bellanger, flic borderline qu’elle va se tourner afin de se confier. Il voit en cette affaire, une enquête aux promesses cicatrisantes, susceptible de lui faire oublier, pour un temps tout au moins, ses démons. Mis à pied pour une durée de 15 jours, c’est hors du cadre légal, qu’il va mener sa propre enquête.

C’est ensemble, qu’ils vont tenter de démêler cette affaire qui va dévoiler peu à peu un passé torturé, au sujet de la famille d’Alice.

LE PSYCHOPOMPE, était dans les mythes de la Grèce antique, le guide des âmes qui passaient vers l’au-delà. Ces personnages, souvent divins assuraient le passage vers la nuit et ses mystères. Ils étaient les passeurs bienveillants des âmes humaines.

Mon âme a quitté mon corps comme un mouchoir de soie quitte votre poche.

Hemingway

Avec un titre énigmatique comme celui-là, je pressentais que ce thriller ne renfermait pas une histoire traditionnelle, tout du moins je l’espérais. Eh bien j’ai été totalement comblée !

Une entrée en matière ahurissante, avec l’agression d’Alice par un mort qui attise l’intérêt mais qui inquiète également. Car démarrer fort c’est bien, mais faut-il encore que ça suive derrière, et dans le cas présent sur presque 600 pages. Il fallait donc du costaud derrière, eh bien nous l’avons !

Une histoire qui prend ses racines en Afrique, et qui nous fait remonter le temps jusqu’au printemps 1966, date à laquelle les parents d’Alice, tous deux chercheurs au CNRS, s’y installent pour leurs recherches.

Le récit se fait donc en alternance, avec d’une part l’enquête en 2011 et, d’autre part la remontée à travers le temps grâce à une lettre testament, que Virginie Montserray, la mère d’Alice, lui a laissé. Car pour comprendre la situation dans laquelle se trouve Alice aujourd’hui, il faut remonter aux origines de cette incroyable histoire.

La succession des chapitres, présent - passé, donne une dynamique incroyable au récit et fait du livre LE PSYCHOPOMPE un véritable page-turner.

Dominique Maisons nous entraîne avec adresse et brio dans une histoire démente et dans un univers qui captive de bout en bout. Une généreuse documentation vient enrichir le récit, avec la découverte d’une région, d’un peuple, de leurs pratiques religieuses, de leurs us et coutumes.

LE PSYCHOPOMPE s’est révélé au-delà de mes espérances, j’ai été envoûtée par cette lecture, alliant détente et enrichissement culturel.

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

L’excellente nouvelle pour terminer est que LE PSYCHOPOMPE vient de paraître en format poche aux Editions POCKET sous le titre « Les violeurs d’âme » autant dire qu’il n’y a aucune raison pour ne pas succomber à la tentation !

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

LE PSYCHOPOMPE

Dominique Maisons

Editions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

562 pages

Site de l'auteur

Dominique Maisons est un auteur qui n’est pas dénué d’un sens certain de l’humour. Après avoir « glané quelques diplômes dont la liste n’a aucun intérêt », Dominique Maisons a travaillé dans le secteur musical ( « lorsque les gens achetaient encore de la musique »). Aujourd’hui, il se consacre à la publication de magazines et de publicités tout en continuant à faire vivre sa passion première : l’écriture. LE PSYCHOPOMPE, son premier roman a remporté un franc succès et s’est vu attribuer le prix Polar VSD l’année passée.

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LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

Publié le 12 Novembre 2012 par Carine Boulay

LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial.

Demain, le soleil disparu depuis 40 jours, va renaître. Pendant cette dernière nuit avant la renaissance du soleil, un tambour sacré des sami est volé. Cette même nuit, un éleveur de rennes est assassiné. Klemet le Lapon et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs à la police des rennes vont se lancer dans une enquête déroutante à plus d’un titre. Quel peut bien être le rapport entre ce tambour sacré et la mort de Mattis un simple éleveur de rennes ?

L’enquête, qui s’oriente d’abord sur des rivalités entre éleveurs, va se révéler bien plus complexe et mettre en lumière d’autres mobiles, d’autres intérêts.

Depuis les fondamentalistes protestants aux groupes politiques d’extrême droite, qui aussi pouvaient trouver un intérêt à voir disparaître ce tambour, symbole de la civilisation aborigène ?

Et quel est le rôle de ce géologue français qui écume les bars de la région ? Il faudra toute l’intelligence et la ténacité de nos deux enquêteurs pour démêler l’écheveau, et parvenir enfin à la vérité.

- Chuuut. Pas maintenant. Tu vas me gâcher le moment le plus magique de l'année.

Nina le regarda sans comprendre. Klemet ramassa le Finnmark Dagblad du jour et lui montra la dernière page, celle de la météo. (…) Klemet était recueilli, les yeux plissés. Le soleil avait de la difficulté à décoller. Il demeurait à proximité de l'horizon. Klemet paraissait maintenant observer son ombre dans la neige, comme s'il découvrait une magnifique œuvre d'art. Puis les enfants se remirent à jouer, des adultes à se taper dans les mains ou à sauter sur place. Le soleil avait tenu parole. Tout le monde était rassuré. L'attente, quarante journées sans ombre, n'avait pas été vaine.

Olivier Truc, journaliste français installé à Stockholm, signe avec ce premier roman un récit époustouflant de maîtrise sur ces terres inhospitalières du grand nord.

L’enquête policière proprement dite prend une dimension plus ethnologique et écologique avec la recherche du tambour. Les enquêteurs sont confrontés au racisme, à la ségrégation, toutes choses qui conduisent à la disparition d’une culture ancestrale.

L’écriture est précise et, avec une profusion de détails pittoresques, nous fait découvrir la culture des sami, peuple aborigène de Laponie, nous invite dans les « gumpi » (tentes traditionnelles), de ces éleveurs de rennes. Par petites touches, l’auteur nous dévoile peu à peu son intrigue. Ce récit décrit de manière fort poétique les paysages de ces immensités glacées, et les traditions et les coutumes des gens qui y vivent, et nous brosse un portrait sans concessions des sociétés suédoises et norvégiennes où règne le racisme envers les indigènes lapons.

Ce qui m’a touché dans ce roman, plus que l’enquête policière et le formidable dépaysement qu’il nous procure, est la dimension sociale et ethnologique qu’il véhicule sur le devenir d’une culture Lapone en résistance face à sa disparition programmée. La dignité et le courage de ces hommes déjà aux prises avec un environnement hostile, qui se battent pour préserver leur mode de vie, forcent le respect.

Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

A coup sûr, un grand roman !

Une chronique rédigée par Vincent Garcia.

LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

LE DERNIER LAPON

Olivier Truc

Éditions Métailié

Thriller

454 pages

Journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy).

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LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

Publié le 10 Novembre 2012 par Carine Boulay

LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

Je m’appelle Marc Loebb, je suis informaticien et je vis à Montréal. Le 3 octobre 2007, en voulant éviter un chien, je suis victime d’un accident sur le pont Jacques Cartier. Après avoir passé huit heures dans le coma, je m’en tirais seulement avec un traumatisme crânien et huit points de suture. On pouvait appeler ça un miracle !

Après avoir décroché un énorme contrat pour ma société, Mitchell Computer Network, je pensais avoir vécu le point d’orgue de ma journée. Grossière erreur de ma part !

Car à mon réveil à l’hôpital, ce que je considérais dans un premier temps comme un miracle, allait se transformer en un véritable cauchemar. Je me souvenais de tout concernant l’accident, mais pas à la même heure, pas au même endroit et pas dans les mêmes conditions.

Tout avait pourtant si bien commencé, c’était hier je crois …

Les journées qui font basculer une vie commencent toujours de la même manière sournoise : elles vous donnent confiance, puis dans la dernière ligne droite, elles vous mystifient par un revers lifté imparable. Personne ne leur échappe jamais.

Le récit est rédigé à la première personne du singulier et c’est donc Marc Loebb qui nous livre son témoignage. Vous remarquerez que j’ai fait le choix de construire mon résumé de la même manière, histoire de vous plonger dans l’ambiance. Je dois dire que j’apprécie ce choix car il donne une atmosphère particulière au récit, et crée une proximité avec le personnage principal.

Cadre vedette au sein de sa société, propriétaire d’un bel appartement et d’une luxueuse voiture, voilà le bilan rapide de la vie rêvée de Marc Loebb. Vie idéale, qui va être totalement chamboulée par cet accident, que personne n’a vu, et dont aucune trace n’existe nulle part.

Pour trouver la solution à cette énigme, il devra sortir du domaine rationnel, pour aller quelque part dans ce territoire que l’on nomme l’impossible, car on n’échappe pas à la mort, sauf peut-être si l’on doit réaliser quelque chose d’essentiel …

C’est le troisième livre fantastique que je lis, les deux premiers n’étant tout à fait dans la même veine que celui-là. Car la littérature fantastique est, à ma grande surprise une catégorie assez vaste.

La lecture du roman de Stéphane Bellat, LES PASSAGERS PERDUS est une plongée au cœur de « l’impossible » qui suscite une réflexion sur nos choix de vie.

Qui n’a pas rêvé un jour, d’avoir une seconde chance ? Que changerait-on ou referait-on différemment, en se retrouvant face à « son autre » ? Quelles erreurs commises par le passé éviterait-on ? Peut-on réellement influer sur le cours de sa vie et celle de son entourage ? Echapperait-on à son destin, si la vie nous donnait cette seconde chance ?

La lecture du roman de Stéphane Bellat, LES PASSAGERS PERDUS, m’a fait faire une pause en sortant de mon univers littéraire traditionnel, et je dois vous avouer, mon cher Stéphane, que cette lecture m’a laissé une saveur délicieuse au goût de revenez-y ...

LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

LES PASSAGERS PERDUS

Stéphane Bellat

Editions Paul & Mike

Roman fantastique

352 pages

Site de Stéphane Bellat

Né en 1961 dans l’ouest de la France, Stéphane Bellat est un pur autodidacte, autant par nature que par choix. Très vite attiré par l’expression artistique, il commence par dessiner, puis poursuit son parcours par la peinture. Après avoir créé deux ateliers, il se dirige vers l’étude de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Quelques années plus tard, il devient historien et rédige, durant une dizaine d’années, de nombreux articles pour plusieurs magazines spécialisés. Sa passion du contact humain l’incite à devenir, en parallèle, guide et conférencier, plus particulièrement autour de la Bataille de Normandie. En 2010, il se sent envahi par le besoin d’élargir son horizon et décide de revenir à sa première passion : la littérature fantastique. C’est ainsi que naissent LES PASSAGERS PERDUS, son premier roman. Avec ce virage décisif, Il souhaite maintenant s’orienter vers une carrière de romancier et se définit comme un homme de passion et de communication.

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UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

Publié le 3 Novembre 2012 par Carine Boulay

Éric Robinne signe avec UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE son premier ouvrage, qui est également le premier volet d’une série de six livres.

UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

Été 2005, Matthieu Guillaume, un jeune lieutenant de police, fatigué par les multiples affaires qui l’ont mobilisé ces derniers temps, prend ses vacances dans les Alpes.

Il exerce son métier avec passion, mais sature quant aux enquêtes ordinaires qui lui sont confiées. Il rêve d’une belle enquête, tordue à souhait, histoire de changer son horizon trop souvent gris. C’est en allant déposer une plainte à la gendarmerie, suite à un simple vol, qu’il va se retrouver embarqué dans une enquête alambiquée et accéder ainsi à ses désirs, par pur hasard.

Simultanément, l’ancien restaurateur, Daniel Dernemont, est contacté par Maître Duvernet, notaire à Modane. Celui-ci l’attend de manière urgente suite à l’accident mortel d’un membre de sa famille, afin de lui remettre un pli lui étant personnellement destiné. Dans cette enveloppe, il y trouve la photo ancienne d’un jeune garçon, dont les traits ne lui sont pas inconnus, une lettre dans laquelle il apprend l’existence de ses deux frères, ainsi qu’une feuille sur laquelle est écrit un poème totalement incompréhensible.

Comment avait-il pu ignorer jusqu’à présent l’existence de ses propres frères ? Pourquoi Denis, son frère jumeau et l’expéditeur de cette missive, lui demandait-il de retrouver leur troisième frère ? Quelles étaient les personnes dangereuses auxquelles il faisait allusion dans sa lettre ?

C’est en fouillant dans son passé enfoui, que Daniel croisera la route de Matthieu. Conjointement ils vont remonter le temps, jusqu’à l’inimaginable. C’était indéniablement un été trop tranquille …

Lorsque j’attaque une nouvelle lecture, j’aime par-dessus tout entrer rapidement dans le vif du sujet. Avec UN ÉTE TROP TRANQUILLE c’est le cas. L’intrigue démarre donc rapidement, s’étoffe constamment au fil des pages et nous apporte bon nombre de rebondissements.

Nos deux protagonistes, vont évoluer côte à côte tout au long du récit et vont devoir affronter les desseins les plus démentiels de ces quelques hommes, qui tapis dans l’ombre, ont édifié un projet tout bonnement ahurissant.

J’ai beaucoup apprécié ces deux personnages principaux mais également la place accordée à Hélène, la compagne de Daniel. L'auteur adoucit ainsi un chouïa ce roman policier truffé d’hommes, avec cette présence féminine.

Éric Robinne nous offre une intrigue complexe, des thèmes délicats en toile de fond

-comme les expériences médicales pratiquées par les nazis pendant la seconde guerre mondiale ou bien encore le clonage- et une fin totalement inattendue.

Pour son premier roman, on peut dire qu’Éric ROBINNE n’a pas choisi la voie de la simplicité. Il tire bien son épingle du jeu et j’ai passé un agréable moment de lecture.

Cependant, je ne peux malheureusement pas ignorer les coquilles qui se trouvent dans le livre. Je sais que l’auteur gère tout de A à Z, mais j’espère que ces erreurs diminueront voire disparaîtront au fil de la série. Une affaire à suivre donc avec LA FILLE AUX SEX-TOYS

UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

UN ÉTE TROP TRANQUILLE

Éric Robinne

Éditions ALEUMAR

Policier

430 pages

Site de l'auteur

Éric Robinne est né le 3 novembre 1955, à Rouen. Marié, 3 enfants, Ingénieur agricole, il poursuit, en dehors de l'écriture, sa carrière professionnelle en tant que directeur des restaurants administratifs de Paris depuis 2004. Il partage sa vie entre Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme où il demeure le week-end et pour ses loisirs, et la capitale. Eric Robinne n'a pas l'âme d'un téléspectateur, sauf pour regarder les émissions littéraires ou celles qui pourraient être source d'inspiration. Ce qui lui laisse le temps de s'adonner au footing (nombreuses courses locales et semi-marathon de Paris), de hanter les salles de cinéma en quête de films d’actions, policiers, ou fantastiques, et bien sûr de lire des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert. Il utilise ses derniers temps libres et bon nombre de ses soirées à l’écriture. Dans sa jeunesse, la poésie l’a beaucoup inspiré. Bien plus tard, suite à une sorte de défi lancé par son fils, il s'est lancé dans l'écriture de romans policiers en 2005. Il a délibérément choisi de les inscrire autour de faits divers ou d’événements politiques de la vie française. Ces livres forment une série mais chaque histoire est indépendante des autres. Le héros reste le même tout comme le « méchant ». Cinq romans sont disponibles à ce jour. Un sixième est en préparation et s’inspirera de la crise financière de 2011.

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