Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

QUATRE RACINES BLANCHES de Jacques Saussey

Publié le 6 Janvier 2013 par Carine Boulay

Quelques années de réflexion, plusieurs voyages au Canada et deux autres romans auront été nécessaires à Jacques Saussey, avant de se lancer dans l’écriture de ce thriller contemporain aux accents de traditions ancestrales. En attendant de réaliser un jour, le rêve de partir à la découverte de cette contrée et de ses grands espaces, je m’offre un voyage par procuration avec QUATRE RACINES BLANCHES.

QUATRE RACINES BLANCHES de Jacques Saussey

L’officier de police judiciaire Daniel Magne, affecté au commissariat du Xème arrondissement de Paris, a été choisi par le Quai d’Orsay pour faire partie de la délégation constituée d’une dizaine de policiers, afin de représenter la Métropole au congrès Francopol d’Ottawa au Canada.

A l’issue de cette rencontre, il assiste dans un parking en sous-sol à l’enlèvement d’une inconnue et au meurtre de Louis Trédeau, l’un de ses collègues canadiens. Il échappe de justesse à la mort et devient par conséquent l’unique témoin.

Indispensable à l’enquête en tant que témoin principal, l’inspecteur-chef Lachance de la Sureté du Québec, le sollicite afin de les aider à identifier l’homme responsable de l’assassinat d’un des leurs.

Deux jours plus tard, le corps d’une femme est retrouvé par un riverain dans un terrain vague, à l’entrée de la réserve Mohawk de Kanawaghe. D’après les vêtements retrouvés près du cadavre, il s’agirait de l’inconnue du parking.

C’est hors de leur juridiction, que le capitaine Daniel Magne et sa coéquipière Lisa Heslin vont être confrontés à une enquête des plus compliquées.

Un polar intrigant, soutenu par une vision de la jungle urbaine sans concession mais sans généralisation. Lorsque les racines du mal sont si diffuses et mêlées que ceux qui se croyaient innocents se rendent compte qu’ils sont également coupables.

Andrea H. Japp

Un dépaysement complet, voilà la première remarque que je me suis fait une fois la dernière page tournée. J’ai été totalement embarquée par cette intrigue qui m’a conduite à la rencontre des Mohawks, la plus populeuse des nations autochtones du Québec. A travers ce livre Jacques Saussey rend hommage à un pays, et plus précisément à une de ses provinces, Le Québec.

Les termes et expressions typiques, employés avec parcimonie tout au long du livre, m’ont presque laissé entendre les accents chantant des Québécois.

J’ai ressenti une tendresse particulière pour le tandem Daniel et Lisa. Partenaires au travail comme dans la vie, Daniel est un homme très humain dans ses rapports avec les autres. Lisa est une jeune femme tête de lard, qui fait preuve d’une détermination hors du commun. Une association bien sympathique qui ajoute un supplément d’âme à cette intrigue.

Un thriller passionnant, qui nous entraîne dans une course-poursuite effrénée sur les traces d’un criminel extrêmement dangereux.

C’est l’amour du Québec, qui a donné l’envie à Jacques Saussey d’y planter le décor de QUATRE RACINES BLANCHES. C’est la passion des thrillers et la découverte d’un nouvel auteur français qui m’a guidé vers cette intrigue enneigée. Un ravissant voyage par procuration mais aussi une belle première fois avec Jacques Saussey.

Repérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanchesRepérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanchesRepérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanches
Repérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanchesRepérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanchesRepérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanches

Repérage photo à Montréal réalisé par Jacques Saussey pour Quatre racines blanches

QUATRE RACINES BLANCHES de Jacques Saussey

QUATRE RACINES BLANCHES

Jacques Saussey

Editions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

500 pages

Site de l'auteur

Né en 1961, Jacques Saussey a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans. Ces pages ont fini par former un recueil d'une trentaine de textes, « Anicroches », qui a dormi de longues années dans un tiroir. Il a ensuite participé à quelques concours d'écriture, afin de voir si ce qu’il écrivait plaisait à des lecteurs hors du cercle familial. L'une de ces nouvelles, « Le Joyau du Pacifique », a été sa première, et pour l'instant unique, édition en bande dessinée en 2007. Les encouragements apportés par sa victoire aux Noires de Pau en 2002 avec « Quelques petites taches de sang », puis ensuite par celle au concours Alfred Jarry en 2007 avec « Alfred Jarry est mort », l'ont incité à persévérer et à aborder un thème qu’il considérait avec appréhension jusque-là : le thriller. Il a alors entrepris en 2008 la rédaction de son premier polar, « Colère Noire », dans lequel il a mis en place l'ensemble de ses personnages récurrents, un groupe de policiers rattachés à un commissariat imaginaire du Xème arrondissement de Paris. Le capitaine Daniel Magne est né, ainsi que plusieurs autres officiers et agents de police judiciaire, dont la jeune Lisa Heslin, fille d'un magistrat tragiquement disparut à l'aube d'une prise de fonctions ministérielle. Ayant pratiqué le tir à l'arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92, il a cherché à utiliser dans ce premier roman son arme favorite, qu’il pratique toujours aujourd'hui. Il a donc bâti son intrigue autour de cette idée, et l'histoire emmène le lecteur de Paris à Sens, puis de l'Yonne à New York et jusqu'à Johannesburg, en Afrique du Sud. «Colère Noire» paraîtra le 3 janvier 2013. Son titre original était «La mante sauvage». Un deuxième thriller a suivi en 2009, « De Sinistre Mémoire », construit à partir de souvenirs d'enfance de famille durant les années 40 en Bretagne, et d'une nouvelle restée longtemps inachevée car trop longue à l'époque, à laquelle il manquait une assise historique. «De Sinistre Mémoire» a été édité le 2 septembre 2010 aux éditions des Nouveaux Auteurs. Il est sorti en version poche chez le même éditeur le 9 Juin 2011. Il a écrit son troisième thriller, « Quatre Racines Blanches », entre janvier et Juin 2010. Cette histoire se passe presque intégralement au Québec, à Montréal et ses environs immédiats. Il y a apporté quelques modifications à la suite des conseils avisés d'un sergent de la Sûreté du Québec, qui a bien voulu éclairer sa lanterne sur le fonctionnement des diverses forces de police au Canada. Ce polar enneigé a été édité le 12 avril 2012. Il a ensuite poursuivi par un quatrième roman, "Principes Mortels", écrit entre juin et septembre 2010. Il rompt avec les personnages des trois précédents. Il s'agit d'un drame familial français régional, écrit à la première personne. Une histoire sombre qu’il a voulu la plus intimiste possible, afin que le drame soit total. Les forces de police, ici, n’y sont représentées que comme personnages secondaires. Son cinquième polar est achevé depuis fin aout 2012, il s’agit de «L’enfant aux yeux d’émeraude», qui devrait voir le jour dans les rayons des librairies en 2014, si tout va bien. D’autres projets sont déjà dans les cartons, mais il les laisse mûrir tranquillement à l’abri de l’agitation de la sortie prochaine de «Colère Noire». Seule exception : une pièce de théâtre qui le chatouillait depuis un moment, et qu’il terminera d’ici le printemps prochain, si tout va bien.

commentaires

LES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien Molas

Publié le 21 Décembre 2012 par Carine Boulay

Est-il possible aujourd’hui au 21ème siècle d’avoir des idéaux, et si oui à quel prix ? Voilà le point de départ de la réflexion d’Aurélien Molas, quant à l’écriture de ce remarquable ouvrage, LES FANTÔMES DU DELTA.

LES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien Molas

Août 2003, le père David, français d’origine, est le directeur de l’orphelinat catholique des Petits Frères du Peuple situé à Owerri, dans le delta du Niger. Par un soir de tempête, une femme se présente à l’orphelinat en lui affirmant que le petit paquet qu’elle serre contre son sein est sa fille, Naïs. Désignée comme une sorcière, elle affirme que la vie de son enfant est menacée. Le prêtre lui promet de la protéger.

Un an plus tard, sur décision du gouvernement, l’orphelinat catholique du père David a fermé ses portes. Les prêtres qui s’en occupaient ont été chassés par le gouvernement, et depuis, c’est l’Etat qui en a repris la direction.

Juin 2006, Henry Okah, l’un des généraux du M.E.N.D (Movement for the Emancipation of the Niger Delta) et ses hommes viennent enlever Naïs à l’orphelinat. Ils capturent également deux ressortissants français, Benjamin Dufrais et Jacques Rougée appartenant à l’association humanitaire Médecins Sans Frontières. Mandatés par l’UNICEF pour vacciner les enfants contre la rougeole et établir des statistiques sur la malnutrition dans cette région, les deux médecins français vont se retrouver pris dans des conflits inter-ethniques et inter-religieux. Dépassés par les enjeux internationaux sur fond d’exploitation pétrolière, ils vont lutter pour sauver une fillette atteinte d’une maladie rarissime.

« Il avait vu couler assez de sang pour changer à jamais la couleur de tous les fleuves de ce continent, il avait vu des machettes ouvrir des visages en deux comme de vulgaires melons, il avait vu brûler des femmes et des enfants inondés d’essence, et il avait toujours trouvé en lui le courage de faire face et d’affronter ses peurs. C’était peut-être la foi qui l’avait empêché de basculer dans la folie, peut-être aussi cette croyance indéfectible qu’un homme devient mauvais parce qu’il souffre. Mais ni la foi ni la croyance ne l’épaulaient face à la terreur que lui inspirait cette enfant. »

« Un auteur à suivre … » voilà les mots avec lesquels j’avais clos ma chronique concernant l’excellent premier roman d’Aurélien Molas, LA ONZIEME PLAIE. C’est donc avec grand intérêt que je me suis plongée dans cette nouvelle lecture.

Aurélien Molas nous propose un roman très sombre, dans lequel il s’inspire pour une grande partie, de faits et évènements historiques véridiques et de personnages existants, pour retracer l’histoire de cette fillette, Naïs.

Cet admirable récit nous emmène en Afrique, plus précisément dans le Delta du Niger. Cette zone pétrolière qui se trouve à l’embouchure du fleuve Niger au Nigeria, détient du pétrole de très bonne qualité que les multinationales exploitent coûte que coûte et qui en fait par là même, une zone dangereuse. Un territoire où le MEND lutte pour reprendre les terres spoliées par les compagnies pétrolières étrangères, afin de rentrer en possession de leurs terres ancestrales « le territoire des ombres ». Où, des médecins humanitaires, au péril de leur vie vont tout faire pour sauver cette enfant dont les données génétiques intéressent grandement les scientifiques.

C’est avec ravissement que j’ai été prise dans un tourbillon d’images avec des paysages où la moiteur des marécages côtoie les terres brûlées et où l’immensité aride révèle une solitude extrême. Les personnages sont atypiques, et chacun à leur manière ils luttent à travers leurs vocations. La maladie rarissime dont est porteuse la fillette m’a fait gamberger, mais elle ne nous est dévoilée que dans les toutes dernières pages.

LES FANTÔMES DU DELTA est un roman de choix, tant par les qualités du décor, que celles des personnages ou bien encore celles de son intrigue.

A travers différents idéaux, l’humanitaire, la foi ou bien encore le combat des guérilleros, Aurélien Molas nous embarque dans une épopée absolument extraordinaire qui donne matière à réflexion.

LES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien MolasLES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien MolasLES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien Molas
LES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien MolasLES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien MolasLES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien Molas
LES FANTÔMES DU DELTA d'Aurélien Molas

LES FANTÔMES DU DELTA

Editions Albin Michel

Roman noir

516 pages

Aurélien Molas est né le 4 Octobre 1985 à Tarbes. Après le bac, il part vivre à Madrid, avant de poser ses bagages à Paris où il réside. Etudiant, il gagne sa croûte en étant alternativement public d’émissions sur Télémadrid, pigiste et plongeur dans un restaurant de moules-frites. Cette période lui inspirera un texte court « Génération trou noir » qui fut lauréat du Prix du Jeune Ecrivain. Mais ses véritables débuts dans le monde de la littérature se font avec une seconde nouvelle, policière cette fois-ci, primée dans un festival breton et grâce à laquelle il est publié dans un recueil réunissant des pontes du genre tel que Claude Mesplède ou Marcus Malte. Fort de cette expérience, il se lance dans un travail d’enquête préalable à l’écriture d’une version longue : La onzième plaie dont le manuscrit sera accepté par les éditions Albin Michel et publié en 2010. Suivra Les fantômes du Delta …

commentaires

THALAMUS de Stéphane Gérard

Publié le 10 Décembre 2012 par Carine Boulay

THALAMUS de Stéphane Gérard

Hélène et Laurent, jeune couple strasbourgeois apprennent qu’ils vont enfin devenir les heureux parents de jumeaux. Cela fait des années qu’Hélène attend ce moment, tant qu’elle ne l’espérait plus.

Une bonne nouvelle brusquement ébranlée, par la découverte de la tumeur au cerveau dont est atteint Laurent. Une forme de tumeur maligne, une des plus graves qui soit. A ce stade, un seul recours, l’intervention chirurgicale.

Lors de son accouchement, Hélène perd un des jumeaux et l’état de santé de Laurent se dégrade petit à petit. Malgré l’ablation complète de la tumeur, il décline chaque jour un peu plus et dépérit à vue d’œil.

C’est Françoise, collègue et amie d’Hélène, qui va par hasard tomber sur un article, la laissant perplexe. Ce professeur de sciences décide alors de transformer ses doutes en certitudes quant à un éventuel lien avec la maladie de Laurent, mais surtout d’y trouver une explication. Les réponses qu’elle trouvera la feront basculer dans l’effroi.

Notre évolution n’est pas terminée. Il reste encore beaucoup à découvrir. Il nous faut devenir les explorateurs de notre propre intérieur.

Une femme à l’état de légume est internée à l’hôpital de la Colombière, service de psychiatrie à Montpellier. Après maints examens, aucune cause physiologique n’a pu être mise à jour. Pas d’accident, pas de maladie ni de quelconque syndrome. Rien. L’état de cette patiente semble résulter d’une volonté délibérée et chronique de ne plus parler, ne plus bouger, ne plus s’alimenter, ne plus vivre. Maints spécialistes se sont relayés à son chevet pour la sortir de cette léthargie mais sans succès.

Stéphane Gérard nous ouvre les portes de cette aventure « thalamique » sur ce prologue qui aiguise grandement la curiosité.

Me voilà donc parachutée dans la vie d’un couple, dont l’attirance des contraires fait la force, celui d’Hélène et de Laurent. Lui, artiste dans toute sa splendeur, tête en l’air, marginal, hors de la réalité, tout à ses toiles et à ses sculptures. Elle, professeur de français, rigueur de la pédagogue et les pieds sur terre. Un couple hyper attachant, qui après le présage d’un bonheur annoncé avec la découverte de la grossesse d’Hélène, va vivre un véritable cataclysme avec la maladie de Laurent.

J’ai été très sensible tout au long du récit, aux différentes ambiances. Stéphane Gérard réussi avec habileté à nous faire passer d’une émotion agréable à une sensation de malaise et pratique avec aisance ce juste équilibre tout au long du récit. Les personnages jouent un rôle essentiel dans cette perception, car le moins que l’on puisse dire c’est que les personnages sont hauts en couleur.

L’exubérante et excentrique Françoise est l’amie fidèle. Cette bombe anatomique à l’assurance diabolique, possède une délicatesse linguistique peu commune et délicieusement caustique. La détestable et castratrice Rose est la mère de Laurent. Une femme incapable de manifester un semblant d’amour à ses enfants. Le passionné et ordonné Jeffrey est le frère de Laurent. Un des neurochirurgiens les plus réputés, admiré par son personnel, reconnu par ses pairs, cité en exemple par ses maîtres qui s’est longtemps torturé les neurones à propos de sa sexualité.

Mais Stéphane Gérard ne se contente pas de nous placer ces étonnants personnages. Grâce à ses bons mots, quelques sympathiques comparaisons et métaphores, la lecture est d’une extrême fluidité et le contenu scientifique se fond complètement et harmonieusement dans cet ouvrage.

Stéphane Gérard signe avec THALAMUS un premier ouvrage surprenant et réjouissant, avec moult qualités qui donnent une dimension particulière à ce thriller d’anticipation. Bref j’ai adoré !

Quelques extraits, juste pour le plaisir ...

« ça te dirait un plan à trois ? » Hélène à Laurent pour lui annoncer sa grossesse.

« sur le palier se tenait une femme sèche et austère, raide comme un tisonnier un jour d’hiver, au visage fermé et hautain qui aurait fait fondre d’effroi la plus tenace des banquises, si le réchauffement climatique ne s’en était déjà occupé »
arrivée de la belle-mère d’Hélène à un repas de famille.

« je suppose que la pintade d’élevage sera là » Françoise en parlant de la belle-mère d’Hélène.

« la prof de philo archétype de la vieille fille syndicaliste aussi radieuse qu’un pneu crevé » à propos d’une collègue.

« mais oui répondit poliment Hélène à une Dominique qui était à la pédopsychiatrie ce qu’était un cheeseburger à la diététique » à propos d'une voisine de sa mère.

THALAMUS de Stéphane Gérard

THALAMUS

STEPHANE GERARD

Editions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

490 pages

Stéphane Gérard est né le 17 mai 1973. Il enseigne les Lettres Modernes à des adolescents auxquels il s’escrime à expliquer que Zola ou Baudelaire ne sont ni des héros de télé-réalité ni des joueurs de foot ! Avec passion … Les deux meilleurs moyens de s’évader sont pour lui lire et écrire. Il aime Zola pour son sens de l'observation, Baudelaire pour son spleen, Voltaire pour sa causticité, Süskind pour son parfum, Nothomb pour sa folie mais aussi Descosse, Chattam, Serfati, Grangé pour leur créativité. Il aime peu de choses ... mais énormément, il déteste beaucoup de choses ... et entièrement. Il a été le lauréat d'un Prix Régional de nouvelles en 2007. En projet un deuxième thriller sur un sujet inédit, au titre provisoire : « Jusque là, tout va ... »

Stéphane Gérard nous présente THALAMUS ...

commentaires

CHARITE BIEN ORDONNEE d'Alexis Aubenque

Publié le 3 Décembre 2012 par Carine Boulay

Partie à la découverte d’Alexis Aubenque avec son excellente trilogie River Falls, j’ai poursuivi avec le tout aussi bon CANYON CREEK. Une nouvelle fois séduite, je poursuis mon petit bonhomme de chemin en embarquant cette fois-ci pour Seattle, l’une des plus grandes villes de la côte pacifique des États-Unis …

CHARITE BIEN ORDONNEE d'Alexis Aubenque

Cela fait maintenant quatre mois que l’ancien shérif de River Falls, Mike Logan a pris ses fonctions à Seattle. Chef du département homicides, il est confronté à la mort de Brandon Foster, étudiant en beaux-arts. Son cadavre vient d’être découvert à son domicile, par un de ses copains d’université, un coup de couteau en plein cœur.

Il confie l’affaire à sa meilleure équipe, Angelina Rivera et Dean Nelson. C’est en découvrant le nom de sa petite amie secrète, que l’enquête va s’orienter rapidement vers la famille la plus influente de la ville, les Winedrove. Ils comprennent alors que les ennuis commencent.

CHARITE BIEN ORDONNEE est le premier volume des « Nuits noires à Seattle ». Nous y retrouvons Mike Logan, le shérif et héros de la trilogie River Falls. Ici, il devient un personnage secondaire et laisse le premier plan à ses deux lieutenants, Angelina Rivera et Dean Nelson, qu’il a choisi pour enquêter sur ce meurtre.

C’est en arrêtant la principale suspecte dans cette affaire, Sandy Winedrove, qui était liée de façon intime à la victime, que Dean Nelson fait un bond de dix ans en arrière.

A l’époque, il était considéré comme un membre de cette famille. Lui et Tyron Winedrove, l’aîné rebelle de la famille, étaient comme des frères et il filait le parfait amour avec la douce Deebie Winedrove. Elle l’avait quitté au profit d’un autre, lors du décès de ses parents, au moment où il avait eu le plus besoin d’elle. A sa majorité, Dean avait pu hériter sa part des biens de ses défunts parents et avait souhaité couper les ponts avec les membres de cette famille.

Alexis Aubenque nous entraîne dans le monde des hyper-riches qui sera le théâtre d’un drame familial. Bienvenue dans l’univers impitoyable d’une famille richissime, les Winedrove.

L’auteur nous présente une galerie de personnages, tout droit sortis d’une série américaine. Charles, le père tyrannique au bras long ; Elisabeth, l’épouse docile ; Tyron, l’aîné rebelle ; Deebie, la jeune femme modèle ; Julian et Sandy les benjamins oisifs et fêtards ; Stanley Warren, l’un des meilleurs avocats de la ville qui doit réussir l’impossible et Dean Nelson, le flic atypique qui a choisi d’élucider des meurtres, plutôt que de profiter de sa fortune.

Une enquête en ouverture de roman qui sert de prétexte à Alexis Aubenque, pour nous plonger dans un monde où l’argent a corrompu le moindre des rapports humains. L’argent, qui n’était à l’origine qu’un moyen d’échange, est devenu peu à peu le moyen absolu de tout posséder. L’argent, est un symbole : celui de la puissance. Alors, l’argent rend la vie plus confortable certes, mais rend-t-elle nécessairement son propriétaire heureux ?

C’est à travers cette saga familiale que l’adage « l’argent ne fait pas le bonheur » prend tout son sens.

Alexis Aubenque, nous régale une fois encore en appliquant la même formule que dans ses précédents ouvrages. Dextérité pour nous faire entrer dans l’univers de ses personnages, fluidité dans l’écriture, souplesse dans le déroulement du récit et cerise sur le gâteau un dénouement qui m’a sidéré !

Je terminerai avec ce proverbe chinois, qui à mon avis se passe de commentaire.

L'argent est une richesse morte, les enfants sont une richesse vivante.

CHARITE BIEN ORDONNEE d'Alexis Aubenque

Le second volet des « Nuits noires à Seattle » est prévu pour janvier 2013 et s’intitule POUR LE BIEN DES ENFANTS aux Editions Calmann-Lévy.

CHARITE BIEN ORDONNEE d'Alexis Aubenque

A noter également la sortie en poche de CHARITE BIEN ORDONNEE en janvier 2013 aux éditions Le Livre de Poche.

CHARITE BIEN ORDONNEE d'Alexis Aubenque

CHARITE BIEN ORDONNEE

Alexis Aubenque

Editions Calmann-Lévy

540 pages

Alexis Aubenque 41 ans, est originaire de Montpellier. Après des études de sciences économiques, il avait le choix entre être banquier ou essayer de vivre de sa passion. Il n’a pas longtemps hésité et il monte à Paris en 1999 avec des manuscrits sous le bras. Dix ans plus tard, il revenait dans son sud natal et se consacrait exclusivement à l’écriture. Il a inauguré en 2002 un cycle romanesque de science-fiction avec « La chute des mondes », space opera se déroulant au XXVIIe siècle dans une fédération galactique regroupant 250 mondes habités. En 2006, il débute un cycle reprenant les thèmes majeurs de « La chute des mondes » intitulé « L'Empire des étoiles », à savoir la réapparition d'un société féodale dans un univers futuriste où l'humanité a depuis longtemps quitté la Terre pour s'installer sur de nouvelles planètes.Il démarre dans le thriller en 2008 avec « 7 jours à River Falls », le premier tome d’une trilogie centrée sur le shérif Mike Logan et sa compagne Jessica Hurley, profileuse au FBI. Suivra « Un automne à River Falls » qui recevra le prix du polar de Cognac en 2009, « Un noël à River Falls » en 2010, « Charité bien ordonnée » en 2011 et « Canyon Creek » en 2012.

commentaires

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

Publié le 22 Novembre 2012 par Carine Boulay

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

Paris, hiver 2011. La vie d’Alice Jourdan tourne inexorablement au cauchemar.

Tout a commencé par le décès de son mari deux mois auparavant, puis par la révélation de ses infidélités avec une de ses collègues.

Maintenant, la folie la menace, car elle vient de se faire agresser par un mort !

Son assaillant a le visage identique, trait pour trait, à celui de son défunt mari. Une ressemblance telle, qu’elle ne peut pas être qu’une ressemblance.

Ce qu’elle vient de voir à la lueur des réverbères, l’arrache à sa torpeur, bouscule les limites de son deuil, de son renoncement et la fait vaciller jusqu’aux fondements de sa raison.

C’est vers Victor Bellanger, flic borderline qu’elle va se tourner afin de se confier. Il voit en cette affaire, une enquête aux promesses cicatrisantes, susceptible de lui faire oublier, pour un temps tout au moins, ses démons. Mis à pied pour une durée de 15 jours, c’est hors du cadre légal, qu’il va mener sa propre enquête.

C’est ensemble, qu’ils vont tenter de démêler cette affaire qui va dévoiler peu à peu un passé torturé, au sujet de la famille d’Alice.

LE PSYCHOPOMPE, était dans les mythes de la Grèce antique, le guide des âmes qui passaient vers l’au-delà. Ces personnages, souvent divins assuraient le passage vers la nuit et ses mystères. Ils étaient les passeurs bienveillants des âmes humaines.

Mon âme a quitté mon corps comme un mouchoir de soie quitte votre poche.

Hemingway

Avec un titre énigmatique comme celui-là, je pressentais que ce thriller ne renfermait pas une histoire traditionnelle, tout du moins je l’espérais. Eh bien j’ai été totalement comblée !

Une entrée en matière ahurissante, avec l’agression d’Alice par un mort qui attise l’intérêt mais qui inquiète également. Car démarrer fort c’est bien, mais faut-il encore que ça suive derrière, et dans le cas présent sur presque 600 pages. Il fallait donc du costaud derrière, eh bien nous l’avons !

Une histoire qui prend ses racines en Afrique, et qui nous fait remonter le temps jusqu’au printemps 1966, date à laquelle les parents d’Alice, tous deux chercheurs au CNRS, s’y installent pour leurs recherches.

Le récit se fait donc en alternance, avec d’une part l’enquête en 2011 et, d’autre part la remontée à travers le temps grâce à une lettre testament, que Virginie Montserray, la mère d’Alice, lui a laissé. Car pour comprendre la situation dans laquelle se trouve Alice aujourd’hui, il faut remonter aux origines de cette incroyable histoire.

La succession des chapitres, présent - passé, donne une dynamique incroyable au récit et fait du livre LE PSYCHOPOMPE un véritable page-turner.

Dominique Maisons nous entraîne avec adresse et brio dans une histoire démente et dans un univers qui captive de bout en bout. Une généreuse documentation vient enrichir le récit, avec la découverte d’une région, d’un peuple, de leurs pratiques religieuses, de leurs us et coutumes.

LE PSYCHOPOMPE s’est révélé au-delà de mes espérances, j’ai été envoûtée par cette lecture, alliant détente et enrichissement culturel.

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

L’excellente nouvelle pour terminer est que LE PSYCHOPOMPE vient de paraître en format poche aux Editions POCKET sous le titre « Les violeurs d’âme » autant dire qu’il n’y a aucune raison pour ne pas succomber à la tentation !

LE PSYCHOPOMPE de Dominique Maisons

LE PSYCHOPOMPE

Dominique Maisons

Editions Les Nouveaux Auteurs

Thriller

562 pages

Site de l'auteur

Dominique Maisons est un auteur qui n’est pas dénué d’un sens certain de l’humour. Après avoir « glané quelques diplômes dont la liste n’a aucun intérêt », Dominique Maisons a travaillé dans le secteur musical ( « lorsque les gens achetaient encore de la musique »). Aujourd’hui, il se consacre à la publication de magazines et de publicités tout en continuant à faire vivre sa passion première : l’écriture. LE PSYCHOPOMPE, son premier roman a remporté un franc succès et s’est vu attribuer le prix Polar VSD l’année passée.

commentaires

LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

Publié le 12 Novembre 2012 par Carine Boulay

LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial.

Demain, le soleil disparu depuis 40 jours, va renaître. Pendant cette dernière nuit avant la renaissance du soleil, un tambour sacré des sami est volé. Cette même nuit, un éleveur de rennes est assassiné. Klemet le Lapon et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs à la police des rennes vont se lancer dans une enquête déroutante à plus d’un titre. Quel peut bien être le rapport entre ce tambour sacré et la mort de Mattis un simple éleveur de rennes ?

L’enquête, qui s’oriente d’abord sur des rivalités entre éleveurs, va se révéler bien plus complexe et mettre en lumière d’autres mobiles, d’autres intérêts.

Depuis les fondamentalistes protestants aux groupes politiques d’extrême droite, qui aussi pouvaient trouver un intérêt à voir disparaître ce tambour, symbole de la civilisation aborigène ?

Et quel est le rôle de ce géologue français qui écume les bars de la région ? Il faudra toute l’intelligence et la ténacité de nos deux enquêteurs pour démêler l’écheveau, et parvenir enfin à la vérité.

- Chuuut. Pas maintenant. Tu vas me gâcher le moment le plus magique de l'année.

Nina le regarda sans comprendre. Klemet ramassa le Finnmark Dagblad du jour et lui montra la dernière page, celle de la météo. (…) Klemet était recueilli, les yeux plissés. Le soleil avait de la difficulté à décoller. Il demeurait à proximité de l'horizon. Klemet paraissait maintenant observer son ombre dans la neige, comme s'il découvrait une magnifique œuvre d'art. Puis les enfants se remirent à jouer, des adultes à se taper dans les mains ou à sauter sur place. Le soleil avait tenu parole. Tout le monde était rassuré. L'attente, quarante journées sans ombre, n'avait pas été vaine.

Olivier Truc, journaliste français installé à Stockholm, signe avec ce premier roman un récit époustouflant de maîtrise sur ces terres inhospitalières du grand nord.

L’enquête policière proprement dite prend une dimension plus ethnologique et écologique avec la recherche du tambour. Les enquêteurs sont confrontés au racisme, à la ségrégation, toutes choses qui conduisent à la disparition d’une culture ancestrale.

L’écriture est précise et, avec une profusion de détails pittoresques, nous fait découvrir la culture des sami, peuple aborigène de Laponie, nous invite dans les « gumpi » (tentes traditionnelles), de ces éleveurs de rennes. Par petites touches, l’auteur nous dévoile peu à peu son intrigue. Ce récit décrit de manière fort poétique les paysages de ces immensités glacées, et les traditions et les coutumes des gens qui y vivent, et nous brosse un portrait sans concessions des sociétés suédoises et norvégiennes où règne le racisme envers les indigènes lapons.

Ce qui m’a touché dans ce roman, plus que l’enquête policière et le formidable dépaysement qu’il nous procure, est la dimension sociale et ethnologique qu’il véhicule sur le devenir d’une culture Lapone en résistance face à sa disparition programmée. La dignité et le courage de ces hommes déjà aux prises avec un environnement hostile, qui se battent pour préserver leur mode de vie, forcent le respect.

Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

A coup sûr, un grand roman !

Une chronique rédigée par Vincent Garcia.

LE DERNIER LAPON d'Olivier Truc

LE DERNIER LAPON

Olivier Truc

Éditions Métailié

Thriller

454 pages

Journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy).

commentaires

LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

Publié le 10 Novembre 2012 par Carine Boulay

LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

Je m’appelle Marc Loebb, je suis informaticien et je vis à Montréal. Le 3 octobre 2007, en voulant éviter un chien, je suis victime d’un accident sur le pont Jacques Cartier. Après avoir passé huit heures dans le coma, je m’en tirais seulement avec un traumatisme crânien et huit points de suture. On pouvait appeler ça un miracle !

Après avoir décroché un énorme contrat pour ma société, Mitchell Computer Network, je pensais avoir vécu le point d’orgue de ma journée. Grossière erreur de ma part !

Car à mon réveil à l’hôpital, ce que je considérais dans un premier temps comme un miracle, allait se transformer en un véritable cauchemar. Je me souvenais de tout concernant l’accident, mais pas à la même heure, pas au même endroit et pas dans les mêmes conditions.

Tout avait pourtant si bien commencé, c’était hier je crois …

Les journées qui font basculer une vie commencent toujours de la même manière sournoise : elles vous donnent confiance, puis dans la dernière ligne droite, elles vous mystifient par un revers lifté imparable. Personne ne leur échappe jamais.

Le récit est rédigé à la première personne du singulier et c’est donc Marc Loebb qui nous livre son témoignage. Vous remarquerez que j’ai fait le choix de construire mon résumé de la même manière, histoire de vous plonger dans l’ambiance. Je dois dire que j’apprécie ce choix car il donne une atmosphère particulière au récit, et crée une proximité avec le personnage principal.

Cadre vedette au sein de sa société, propriétaire d’un bel appartement et d’une luxueuse voiture, voilà le bilan rapide de la vie rêvée de Marc Loebb. Vie idéale, qui va être totalement chamboulée par cet accident, que personne n’a vu, et dont aucune trace n’existe nulle part.

Pour trouver la solution à cette énigme, il devra sortir du domaine rationnel, pour aller quelque part dans ce territoire que l’on nomme l’impossible, car on n’échappe pas à la mort, sauf peut-être si l’on doit réaliser quelque chose d’essentiel …

C’est le troisième livre fantastique que je lis, les deux premiers n’étant tout à fait dans la même veine que celui-là. Car la littérature fantastique est, à ma grande surprise une catégorie assez vaste.

La lecture du roman de Stéphane Bellat, LES PASSAGERS PERDUS est une plongée au cœur de « l’impossible » qui suscite une réflexion sur nos choix de vie.

Qui n’a pas rêvé un jour, d’avoir une seconde chance ? Que changerait-on ou referait-on différemment, en se retrouvant face à « son autre » ? Quelles erreurs commises par le passé éviterait-on ? Peut-on réellement influer sur le cours de sa vie et celle de son entourage ? Echapperait-on à son destin, si la vie nous donnait cette seconde chance ?

La lecture du roman de Stéphane Bellat, LES PASSAGERS PERDUS, m’a fait faire une pause en sortant de mon univers littéraire traditionnel, et je dois vous avouer, mon cher Stéphane, que cette lecture m’a laissé une saveur délicieuse au goût de revenez-y ...

LES PASSAGERS PERDUS de Stéphane Bellat

LES PASSAGERS PERDUS

Stéphane Bellat

Editions Paul & Mike

Roman fantastique

352 pages

Site de Stéphane Bellat

Né en 1961 dans l’ouest de la France, Stéphane Bellat est un pur autodidacte, autant par nature que par choix. Très vite attiré par l’expression artistique, il commence par dessiner, puis poursuit son parcours par la peinture. Après avoir créé deux ateliers, il se dirige vers l’étude de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Quelques années plus tard, il devient historien et rédige, durant une dizaine d’années, de nombreux articles pour plusieurs magazines spécialisés. Sa passion du contact humain l’incite à devenir, en parallèle, guide et conférencier, plus particulièrement autour de la Bataille de Normandie. En 2010, il se sent envahi par le besoin d’élargir son horizon et décide de revenir à sa première passion : la littérature fantastique. C’est ainsi que naissent LES PASSAGERS PERDUS, son premier roman. Avec ce virage décisif, Il souhaite maintenant s’orienter vers une carrière de romancier et se définit comme un homme de passion et de communication.

commentaires

UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

Publié le 3 Novembre 2012 par Carine Boulay

Éric Robinne signe avec UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE son premier ouvrage, qui est également le premier volet d’une série de six livres.

UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

Été 2005, Matthieu Guillaume, un jeune lieutenant de police, fatigué par les multiples affaires qui l’ont mobilisé ces derniers temps, prend ses vacances dans les Alpes.

Il exerce son métier avec passion, mais sature quant aux enquêtes ordinaires qui lui sont confiées. Il rêve d’une belle enquête, tordue à souhait, histoire de changer son horizon trop souvent gris. C’est en allant déposer une plainte à la gendarmerie, suite à un simple vol, qu’il va se retrouver embarqué dans une enquête alambiquée et accéder ainsi à ses désirs, par pur hasard.

Simultanément, l’ancien restaurateur, Daniel Dernemont, est contacté par Maître Duvernet, notaire à Modane. Celui-ci l’attend de manière urgente suite à l’accident mortel d’un membre de sa famille, afin de lui remettre un pli lui étant personnellement destiné. Dans cette enveloppe, il y trouve la photo ancienne d’un jeune garçon, dont les traits ne lui sont pas inconnus, une lettre dans laquelle il apprend l’existence de ses deux frères, ainsi qu’une feuille sur laquelle est écrit un poème totalement incompréhensible.

Comment avait-il pu ignorer jusqu’à présent l’existence de ses propres frères ? Pourquoi Denis, son frère jumeau et l’expéditeur de cette missive, lui demandait-il de retrouver leur troisième frère ? Quelles étaient les personnes dangereuses auxquelles il faisait allusion dans sa lettre ?

C’est en fouillant dans son passé enfoui, que Daniel croisera la route de Matthieu. Conjointement ils vont remonter le temps, jusqu’à l’inimaginable. C’était indéniablement un été trop tranquille …

Lorsque j’attaque une nouvelle lecture, j’aime par-dessus tout entrer rapidement dans le vif du sujet. Avec UN ÉTE TROP TRANQUILLE c’est le cas. L’intrigue démarre donc rapidement, s’étoffe constamment au fil des pages et nous apporte bon nombre de rebondissements.

Nos deux protagonistes, vont évoluer côte à côte tout au long du récit et vont devoir affronter les desseins les plus démentiels de ces quelques hommes, qui tapis dans l’ombre, ont édifié un projet tout bonnement ahurissant.

J’ai beaucoup apprécié ces deux personnages principaux mais également la place accordée à Hélène, la compagne de Daniel. L'auteur adoucit ainsi un chouïa ce roman policier truffé d’hommes, avec cette présence féminine.

Éric Robinne nous offre une intrigue complexe, des thèmes délicats en toile de fond

-comme les expériences médicales pratiquées par les nazis pendant la seconde guerre mondiale ou bien encore le clonage- et une fin totalement inattendue.

Pour son premier roman, on peut dire qu’Éric ROBINNE n’a pas choisi la voie de la simplicité. Il tire bien son épingle du jeu et j’ai passé un agréable moment de lecture.

Cependant, je ne peux malheureusement pas ignorer les coquilles qui se trouvent dans le livre. Je sais que l’auteur gère tout de A à Z, mais j’espère que ces erreurs diminueront voire disparaîtront au fil de la série. Une affaire à suivre donc avec LA FILLE AUX SEX-TOYS

UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE d'Éric Robinne

UN ÉTE TROP TRANQUILLE

Éric Robinne

Éditions ALEUMAR

Policier

430 pages

Site de l'auteur

Éric Robinne est né le 3 novembre 1955, à Rouen. Marié, 3 enfants, Ingénieur agricole, il poursuit, en dehors de l'écriture, sa carrière professionnelle en tant que directeur des restaurants administratifs de Paris depuis 2004. Il partage sa vie entre Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme où il demeure le week-end et pour ses loisirs, et la capitale. Eric Robinne n'a pas l'âme d'un téléspectateur, sauf pour regarder les émissions littéraires ou celles qui pourraient être source d'inspiration. Ce qui lui laisse le temps de s'adonner au footing (nombreuses courses locales et semi-marathon de Paris), de hanter les salles de cinéma en quête de films d’actions, policiers, ou fantastiques, et bien sûr de lire des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert. Il utilise ses derniers temps libres et bon nombre de ses soirées à l’écriture. Dans sa jeunesse, la poésie l’a beaucoup inspiré. Bien plus tard, suite à une sorte de défi lancé par son fils, il s'est lancé dans l'écriture de romans policiers en 2005. Il a délibérément choisi de les inscrire autour de faits divers ou d’événements politiques de la vie française. Ces livres forment une série mais chaque histoire est indépendante des autres. Le héros reste le même tout comme le « méchant ». Cinq romans sont disponibles à ce jour. Un sixième est en préparation et s’inspirera de la crise financière de 2011.

commentaires

LES CICATRICES de Jac Baron

Publié le 31 Octobre 2012 par Carine Boulay

LES CICATRICES de Jac Baron

J’avais entendu parler de ce roman de Jac Barron il y a quelque temps, et je me le suis procuré dernièrement. LES CICATRICES, est le premier tome de « La Trilogie des Pulsions ». Ce thriller psychique va nous entraîner au fil du roman, au bout de la terreur.

L’auteur a pris le parti de faire parler chacun de ses personnages à chaque chapitre, ce qui permet de prendre un certain recul. On va ainsi croiser Serge Miller, chargé de l’enquête, qui va lui-même appeler à la rescousse Franck Marshall, connu pour avoir précédemment et avec panache, débusqué un serial killer. On y rencontre aussi Marc Dru, le psychologue, qui suit étroitement un enfant maltraité, Emily, la compagne de Franck, qui semble désorientée par le métier prenant et difficile de Franck et qui va d’ailleurs le quitter dès le début du roman, et enfin deux autres personnages sans prénom : le prédateur et la proie.

J'observerai si longtemps les hommes que je n'aurai probablement pas assez de vies, de tripes ni de rage pour les expliquer et les laver tous, dans la fleur de leur âge. L'amour n'existe pas.

Le roman commence par la découverte d’un jeune homme mutilé et défiguré, dans un square parisien. Le jeune homme est encore en vie. Un autre disparaît, et est, lui aussi retrouvé atrocement mutilé, mais toujours en vie. Une autre victime est découverte, avec un crescendo dans la violence.

Les chapitres se succèdent rapidement, faisant parler l’un et l’autre des protagonistes. On se demande souvent, mais « qui est qui » ? Plein de pièces éparpillées qui peu à peu vont se rassembler. J’ai rarement été aussi « secouée » ! Car au-delà du thriller, Jac Barron nous entraîne dans la faune de la prostitution masculine, de l’homosexualité, de la maladie aussi, avec les non-dits, les tabous, les cicatrices de chacun des personnages principaux, leurs échecs et leurs remèdes, leurs renoncements, et leurs déchirements.

Il m’a fallu deux lectures pour m’en imprégner. Un très bon roman, très dur, mais il faut dépasser les scènes insoutenables, et voir au-delà ! Qui crée ces monstres ? Qui, permet à qui, de se sentir l’âme d’un purificateur ? Il faut aller à la source de la blessure pour en trouver la cicatrice ! Et la cicatrice est toujours indélébile.

Un roman très dur ! A ne pas mettre entre toutes les mains. Ceci dit, j'ai hâte de me plonger dans le prochain opus de la trilogie : Plasma.

Une chronique rédigée par Brigitte Lassalle.

LES CICATRICES de Jac Baron

LES CICATRICES

JAC BARON

Thriller

Editeur Stéphane Berthomet

485 pages

Jac Baron le blog

Jac Barron est né à Thouars le 23 décembre 1968. Il arrive seul à Paris à l'âge de dix-huit ans. Premier employeur : le restaurant Drouant. Ensuite l'armée, dans la gendarmerie à la DGGN (Direction Générale Gendarmerie Nationale). Puis il travaille pour le cinéma, les décors des tournages de pub, l'événementiel, les réceptions privées. Il reprend ses études à vingt-neuf ans, participe à des ateliers d'écritures, découvre la psychanalyse lacanienne, commence immédiatement des travaux de recherche sur les symbioses du langage, de la pensée, du corps et de la position sexuelle, en étroite collaboration avec un spécialiste du comportement psychique. Il assiste à ses cours particuliers de criminologie psychique et rédige un mémoire. Ensuite, il s'intéresse à la victimologie psychique et continue, toujours les études sur la schizophrénie, les addictions modernes et les horizons de la jouissance sexuelle. Fin 2005, il se sent prêt pour un premier projet : "La Trilogie des Pulsions". Entre 2005 et 2006, il écrit son premier roman, Les Cicatrices, et de 2007 à 2009 Plasma. Actuellement, il œuvre sur Impulsions, le dernier opus, tout en préparant d'autres projets d'écritures de romans, psychiques et oniriques.

commentaires

CRIMINAL LOFT d'Armelle Carbonel

Publié le 25 Octobre 2012 par Carine Boulay

On ne gagne pas parce qu’on est meilleur, mais parce qu’on est pire.

CRIMINAL LOFT d'Armelle Carbonel

Ils sont huit. Six hommes, deux femmes. Tous accusés de meurtres. Huit individus reconnus coupables par la justice américaine pour avoir commis des actes irréparables. Huit volontaires enfermés dans le couloir de la mort.

Huit candidats sélectionnés pour participer au reality show le plus brûlant qui n’ait jamais existé : CRIMINAL LOFT. Chaque semaine, les votes du public désigneront l’un d’entre eux, afin qu’il quitte le loft et retourne dans le couloir de la mort. Un seul recouvrira la liberté.

Seront-ils prêts à tout, même au pire, pour convaincre le public qu’ils méritent de vivre ?

On nous percevait comme des monstres, mais l’intérêt des téléspectateurs pour ce reality show prouvait leur fascination pour la cruauté de nos actes. La plupart d’entre eux seraient rivés à leur écran, dénonçant le concept immoral d’un tel jeu … certains assouviraient leurs pulsions les plus secrètes … et d’autres y trouveraient une vocation.

Etats-Unis, Sanatorium de Waverly Hills. Huit dangereux criminels se retrouvent prisonniers du lieu-dit « le plus hanté des Etats-Unis » : Léonard, le négro ; Wallace, le croque-mort ; Michaël, le français ; Lynda, la jumelle ; James, le zozoteur ; Terrance, le chétif ; l’envoûtante Aileen et l’intelligent et charmeur John.

Un show qui se déroule sur trois semaines, pendant lesquelles les candidats seront guidés par « la voix » tout au long de leur séjour. Ils devront répondre à tous ses appels, se soumettre à toutes les épreuves qu’elle leur fera subir et devront également respecter un règlement intérieur.

Mais au cours de la première semaine, Wallace est retrouvé éviscéré, malgré les systèmes de surveillance censés épier leurs moindres faits et gestes. Qui a réussi à déjouer les caméras et à lui infliger cette mort atroce ?

Waverly Hills représente leur unique chance de survie mais n’ont-ils finalement pas pris un aller simple pour l’enfer en entrevoyant le début de la liberté ?

Quel remarquable choix, que celui du sanatorium de Waverly Hills pour établir l’intrigue de son thriller ! Armelle Carbonel en choisissant ce lieu de souffrances, encombré de faits mystérieux inexpliqués, de phénomènes paranormaux, d’une chambre maudite ou bien encore du tunnel de la mort s’octroie ainsi une large palette pour nous faire frissonner.

C’est John T. qui nous livre le récit de ce loft de l’horreur. Cet ancien psychiatre est « le » personnage charismatique du groupe. Intelligent, ayant de la prestance et du charme, il en use et en abuse auprès de ses concurrents, pour quoi qu’il arrive, être celui qui échappera à l’injection létale.

C’est un redoutable prédateur, dont les terrifiantes légendes sur Waverly Hills deviennent pour lui des récits alléchants et dont les adversaires ne sont pas à la hauteur de son prétendu génie. Dénué d’empathie, sadique sexuel, fétichiste et doté d’un mode opératoire très élaboré, lorsqu’on tente de lui faire porter le chapeau pour le meurtre de Wallace, il se targue de n’avoir pas besoin d’endosser le forfait d’autrui pour pouvoir exister.

Avec CRIMINAL LOFT, Armelle Carbonel transpose la télé réalité en gardant le contexte mais en faisant, bien évidemment, un casting diamétralement opposé. Le statut des concurrents se transforme ainsi radicalement, passant de « candidats ordinaires » sans grand intérêt à « dangereux prédateurs » personnages intéressants pour son récit. Elle a très bien su inoculer le milieu ambiant, indispensable à ce genre d’émissions. Car que serait une télé réalité sans « la voix » et sans ces animateurs grotesques entre autre ?!

Armelle Carbonel nous offre avec CRIMINAL LOFT un bouquin du tonnerre, jouant habilement avec tous les thèmes liés à ces émissions télé. Enfermement, surveillance vidéo, conspiration, perversion, fascination, curiosité, voyeurisme, trucage ou encore manipulation.

Tout au long de ma lecture, j’ai frissonné d’horreur, frissons d’horreur qui se sont transformés en frissons de plaisir !

Je vous souhaite la bienvenue dans CRIMINAL LOFT ...

Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous.  Source : Wikipédia
Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous.  Source : Wikipédia
Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous.  Source : Wikipédia
Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous.  Source : Wikipédia
Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous.  Source : Wikipédia

Le sanatorium de Waverly Hills aux Etats-Unis est un ancien hôpital qui était destiné, dans un premier temps, à soigner des malades atteints par la tuberculose. Dans un second temps, c’est devenu un hôpital gériatrique qui a été contraint de fermer définitivement ses portes en 1981, suite à de nombreuses plaintes pour mauvais traitements envers les malades. Les légendes urbaines sont nées à ce moment là, laissant croire que les lieux étaient devenus un asile d’aliénés et de fous. Source : Wikipédia

CRIMINAL LOFT d'Armelle Carbonel

CRIMINAL LOFT

Armelle CARBONEL

The Book Edition

Thriller

408 pages

Armelle Carbonel vit actuellement en région parisienne. Mariée et mère d'un enfant, elle consacre la majeure partie de son temps libre à l'écriture et travaille parallèlement dans le domaine de l'infrastructure pour le Ministère de la défense. Après « Les Marais funèbres » et « La Maison de l'ombre », elle signe son troisième thriller avec « Criminal Loft ».

commentaires
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>