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Le noir émoi ...

Passionnée de littérature noire, retrouvez les chroniques des livres que j'ai aimés un peu, passionnément voire à la folie. Bienvenue au coeur de mes noirs émois ...

QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !

Publié le 5 Avril 2013 par Carine Boulay dans Salons

QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !

Créé en 2005, Quais du Polar s'est imposé au fil des années comme un évènement international majeur.

Auteurs prestigieux, dédicaces, conférences, soirées cinéma, enquêtes ou bien encore animations jeunesse, tout un chacun peut y trouver son bonheur.

Un rendez-vous exceptionnel pour tous les amoureux de littérature noire, qui pour la première fois cette année se déroulait sur quatre jours.

C'est en plein coeur de Lyon que le Palais du commerce reçoit en son sein le festival Quais du Polar. Un lieux absolument somptueux ...

QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !

Le Palais du Commerce se transforme donc pour l 'occasion en grande librairie du Polar ...

QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !

Un salon à taille humaine qui permet d'échanger avec les auteurs, pour mon plus grand plaisir ...

Fabio Mitchelli, Jeffery Deaver, Sire Cédric, Jérémie Guez, Amédée Mallock, Gilles Caillot, Sandrine Collette, Elsa Marpeau et Franck Thilliez.Fabio Mitchelli, Jeffery Deaver, Sire Cédric, Jérémie Guez, Amédée Mallock, Gilles Caillot, Sandrine Collette, Elsa Marpeau et Franck Thilliez.Fabio Mitchelli, Jeffery Deaver, Sire Cédric, Jérémie Guez, Amédée Mallock, Gilles Caillot, Sandrine Collette, Elsa Marpeau et Franck Thilliez.
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Fabio Mitchelli, Jeffery Deaver, Sire Cédric, Jérémie Guez, Amédée Mallock, Gilles Caillot, Sandrine Collette, Elsa Marpeau et Franck Thilliez.

Quais du Polar c'est aussi le passage du virtuel au réel avec des amis lecteurs et bloggeurs ...

QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !
QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !QUAIS DU POLAR 2013 : j'y étais !

Et l'occasion de réaliser de belles dédicaces ...

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Un week-end absolument fantastique ! Merci à tous ceux qui y ont contribué d'une manière ou d'une autre. Le rendez-vous est pris pour 2014 !

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LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

Publié le 26 Mars 2013 par Carine Boulay

Je possède la quasi-intégralité des livres de Patrick Senécal. Cependant, c’est avec parcimonie que de temps à autre, j’extrais un de ses romans de ma pile à lire, afin de combler une envie au moment opportun. J’ai, pour le moment en tout cas, l’embarras du choix et je jette mon dévolu pour cette fois sur LES SEPT JOURS DU TALION.

LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

Bruno Hamel, trente-huit ans est chirurgien. Il vit à Drummondville avec sa femme Sylvie et sa petite fille Jasmine.

Une vie somme toute banale, jusqu’à ce bel après-midi d’automne, où Jasmine est retrouvée dans le champ près de son école sauvagement violée et tuée.

Quatre jours après la découverte du corps de Jasmine, le sergent - détective Mercure lui annonce qu’ils ont retrouvé le meurtrier.

Un terrible projet germe alors dans l’esprit enténébré de Bruno Hamel. Il va enlever le monstre afin de le torturer pendant sept jours, après quoi il l’exécutera. Ensuite seulement, il se rendra …

Une heure avant que les ténèbres ne s’abattent sur lui, Bruno Hamel remerciait la providence de lui avoir accordé une vie sans réelles épreuves. On pense toujours que ça arrive à d’autres enfants, à d’autres parents, mais certainement pas à nous. Pourtant Jasmine, son unique fille est morte. Une épreuve pour son couple, qui depuis quelque temps déjà bat de l’aile. C’est le moment de redevenir le couple qu’ils formaient auparavant, afin de traverser ce drame, ensemble. Mais au lieu de les rapprocher, la mort de leur fille va les séparer.

C’est dans une détresse omniprésente, que Bruno Hamel brisé par le malheur et le désespoir va échafauder un projet démentiel, afin d’apaiser son sentiment d’impuissance et d’injustice. C’est de manière réfléchie et calculée, qu’il va élaborer une froide et chirurgicale préparation afin de torturer pendant sept jours l’assassin de sa fille dans le but de lui rendre la pareille.

Pendant les sept prochaines journées, chaque soir avant de te coucher, tu pourras te dire que le monstre qui a violé et tué notre fille vient de passer une journée de souffrance. Chaque jour, tu pourras te dire qu’il est en train de vivre les tortures qu’il a fait subir à Jasmine. Et chaque journée sera pire que la précédente. Il n’aura plus jamais son petit criss* de sourire baveux, tu comprends ? Jusqu’à lundi prochain, tu sauras que quelque part l’assassin de notre fille et en train de hurler de douleur. Pense à ça Sylvie, et ose me dire que tu es complètement contre cette idée !


Comment Bruno Hamel, cet homme altruiste et pacifiste, qui a choisi de soigner et de sauver des vies en devenant chirurgien, a-t-il pu endosser ce rôle de père vengeur ? Comment cet homme a-t-il pu passer du statut de père de famille ordinaire à celui de tortionnaire ? Le choix de contre-attaquer ne ravive-t-il pas encore plus la blessure ? La vengeance libère-t-elle de la haine et de la douleur ? Finalement, est-elle salutaire ?

Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique

Images tirées de l'adaptation cinématographique

Celui qui s’applique à la vengeance garde fraîches ses blessures.

Francis Bacon

Patrick Senécal, écrit un roman coup de poing avec ce drame psychologique. La violence exprimée avec force tout au long du récit n’est pas une fin en soi. Si l’auteur a recours à elle, c’est parce que c’est le phénomène par lequel la vengeance s’exprime le plus souvent. Se venger, c'est faire subir à l'autre un préjudice au moins aussi important que celui dont on estime avoir été soi-même victime. Alors dans le contexte d’une telle tragédie, Bruno Hamel se livre à des représailles qu’il imagine proportionnelles à sa douleur.

Un livre particulièrement ardu, à bien des niveaux. Psychologiquement, d’abord. Nous assistons à la métamorphose d’un homme ordinaire en bourreau mais également à la transformation d’un monstre en victime. Émotionnellement ensuite. Impossible de rester de marbre face à un homme que la noirceur a intégralement pénétré, au point d’empêcher tout épanchement de son désespoir, de même qu’il est difficile de rester imperturbable face aux supplications et aux lamentations du monstre. Une écriture très descriptive, quasi visuelle qui donne lieu à quelques scènes effroyables notamment lorsque l’homme laisse place au chirurgien afin de pratiquer son « art » de manière plus que particulière.

Vous l’aurez compris, mieux vaut être préparé avant d’attaquer LES SEPT JOURS DU TALION. Une lecture qui amène quoi qu’il en soit une réflexion intense voire une introspection. Qui n’a pas déjà eu envie de se venger à un moment de sa vie ? Comment réagirions-nous face à un tel drame ? La vengeance est un sentiment humain certes, mais de geste de reconstruction ne devient-elle pas un cercle vicieux aux effets dévastateurs ? N’est-elle pas finalement qu’illusion ? À vous de juger …

Après le dérangeant HELL.COM, le fascinant 5.150, RUE DES ORMES, je me réjouissais de retrouver le grand Patrick Senécal. Une fois encore je suis estomaquée et je constate à nouveau que c’est de main de maître que l’auteur allie psychologie et terreur.

L’immersion dans l’univers du maître de l’horreur québécois est pour moi toujours éprouvante, mais bigrement fascinante ! Avec LES SEPT JOURS DU TALION je tiens là mon second coup de cœur de l’année 2013.

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* criss : fait partie des sacres (jurons) les plus importants de la langue québécoise. Il signifie : putain, bordel. Les sacres sont utilisés également fréquemment pour remplacer « très ».
Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique Images tirées de l'adaptation cinématographique

Images tirées de l'adaptation cinématographique

LES SEPT JOURS DU TALION de Patrick Senécal

LES SEPT JOURS DU TALION

Patrick Senécal

Thriller d'horreur

Editions ALIRE

333 pages

http://www.patricksenecal.net/

Patrick Senécal est né à Drummondville en 1967. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 un premier roman d’horreur « 5150, rue des Ormes », où tension et émotions fortes sont à l’honneur. Son troisième roman « Sur le seuil » un suspense fantastique publié en 1998, a été acclamé de façon unanime par la critique. Après, « Aliss » en 2000, une relecture extrêmement originale et grinçante du chef-d’œuvre de Lewis Carroll, « Les sept jours du talion » en 2002, « Oniria » en 2004, « Le vide » en 2007 et « Hell.com » en 2009 ont conquis le grand public dès leur sortie des presses. « Sur le seuil » et « 5150, rue des Ormes » ont été portés au grand écran par Eric Tessier 2003 et 2009, et c’est Podz qui a réalisé « Les sept jours du talion » en 2010. Trois autres romans sont actuellement en développement tant au Québec qu’à l’étranger.

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PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

Publié le 17 Mars 2013 par Carine Boulay

La littérature noire propose un éventail de lectures très large, et c’est une véritable aubaine. Tombée dans cet univers avec le thriller, je ne voulais toutefois pas m’y cantonner ni m’en contenter. C’est en explorant le genre que j’ai appris à reconnaître le roman noir mais surtout, à l’apprécier …

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

Abraham est un fils de la rue. Avec Goran, son ami d’enfance, leurs vies ne forment qu’une seule et même expérience. Défonces, larcins et bagarres côte à côte rythment leurs quotidiens.

C’est lors d’une virée à Belleville, qu’Abraham découvre l’existence d’une salle de jeu clandestine et décide avec ses potes de braquer les types du bar.

L’équipe est montée, ils raflent la mise. Mais les truands ne comptent pas les laisser s’en sortir aussi facilement et leur promettent de leur faire passer l’envie de jouer aux bandits de grand chemin.

Derrière cette vitre dégoulinante de pluie, les toits de Paris, la nuit. Dès la prise en main du livre, la couverture nous révèle une ambiance morose et un horizon bouché. Jérémie Guez nous embarque dans une balade nocturne des plus agitées.

Abraham alias Abe, a perdu sa mère à l’âge de cinq ans. Aujourd’hui, il n’a quasiment aucun rapport avec son père, ils cohabitent ni plus ni moins. Il a arrêté l’école depuis longtemps et ne fait rien de sa vie, à part la regarder couler. Avec Goran, son meilleur ami ils partagent alcool, drogues, petites combines et gardes à vue.

Jusqu’au jour où, après avoir découvert une salle de jeu clandestine, Abe et ses potes décident de passer à la vitesse supérieure en braquant les types du bar. Un coup facile, qui leur permettra de gagner pas mal d’argent sans prendre trop de risques. Ensuite, juste besoin de s’éloigner quelques temps histoire de laisser les choses se tasser et de revenir comme si de rien n’était.

Je réalise, comme si cette pensée devenait une ultime révélation, que ma vie est ici et que, malgré sa violence et sa médiocrité, j’y suis attaché.

Exit la balade pour touristes, le Paris que nous dépeint Jérémie Guez est un univers violent, dans un paysage urbain des plus sombres.

Le roman est rédigé à la première personne du singulier, et pour ceux qui commencent à me connaître, j’affectionne particulièrement cette technique littéraire. Certes, elle limite le lecteur au point de vue d’un seul personnage –en l’occurrence Abe- mais il n’y a, en ce qui me concerne, pas meilleure perception voire compréhension, de ce que vit ledit personnage. Un choix particulièrement adapté en ce qui concerne ce roman, qui transpire les émotions et les sensations.

Nous arpentons donc les trottoirs de Paris aux côtés d’Abraham, qui va volontairement passer du statut de petit délinquant à celui de braqueur. Une vie qu’il a choisie de niveler par le bas, avec son pote Goran.

La nuit, je ne dors plus. Je somnole, hébété par la drogue et l’alcool qui viennent lancer la combustion d’un grand réservoir de haine. Je suis sûr que ma tête finira par me tuer, que cette roue, à l’intérieur, qui se met en branle en un éclair et qui tourne de plus en plus vite une fois lancée me rendra fou. Un jour, elle se détachera, quittera son axe et heurtera sans interruption les parois de mon crâne. Je vis en sursis et n’ai qu’un seul souhait : retarder l’échéance.

Ce roman très court compte 126 pages. Je n’ai pas éprouvé le besoin d’en avoir plus. Le texte concis et clair permet d’en dégager l’essentiel et le rend d’une incroyable efficacité. De plus, l’écriture nerveuse et le vocabulaire percutant de Jérémie Guez viennent coller parfaitement au sombre décor.

PARIS LA NUIT est le premier volet d’un triptyque consacré à Paris. Ce « petit » roman noir est une excellente introduction pour poursuivre avec BALANCÉ DANS LES CORDES son deuxième opus, que je m’offrirai prochainement lors de ma rencontre avec Jérémie Guez à Lyon, sur le salon "Quais du Polar".

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

PARIS LA NUIT

Jérémie Guez

Éditions J'ai Lu

Roman noir

126 pages

Jérémie Guez est né aux Sables d’Olonne en 1988. A l’âge de 16 ans, il commence à écrire Paris la nuit. Il grandit à Nantes avant de rejoindre la capitale pour suivre ses études et terminer son roman. Paris la nuit, paru en février 2012 aux Editions La Tengo, a reçu le Prix Plume Libre du Jury et est réédité en poche chez J'ai lu en mars 2012. Son second roman, Balancé dans les cordes est publié en février 2012.

PARIS LA NUIT de Jérémie Guez

A noter que son deuxième opus BALANCÉ DANS LES CORDES vient de paraître en format poche aux Éditions J'ai Lu le 13 mars 2013.

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1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

Publié le 11 Mars 2013 par Carine Boulay

1000 ÉTANGS MEURTRIERS fait partie de la « Série noire franc-comtoise » parue aux Édition du Citron bleu. C’est le troisième roman de Nathalie Michel, mais en ce qui me concerne c’est une première avec cette auteure.

1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

Nadine, romancière de série noire, découvre un jour de manière inopinée, un corps immergé autour du lac de Vaivre et Montoille. Cette macabre découverte va l'emmener jusqu'au pays des Mille Étangs où d'autres cadavres suppliciés ont été retrouvés.

Appuyée par le commandant lui-même, Nadine va tenter de solutionner cette affaire particulièrement ignoble aux côtés "des parisiens", un trio d'enquêteurs que l'insolubilité de l'affaire rend fou.

Suite à la découverte d’un corps immergé dans le lac de Vaivre et Montoille, lors de son footing dominical, Nadine est choquée et n’arrive pas à effacer sa vision d’horreur. Après un traitement et des consultations chez un thérapeute la vie reprend son cour normal, enfin a priori. Car si elle essaye de se persuader que son sort est moins terrible que celui du cadavre, elle se sent impliquée dans l’affaire, même si ce n’est qu’une victime collatérale. Alors insidieusement mais avec finesse, elle convainc le commissaire que sa présence peut aider à résoudre ce crime sordide. Par conséquent, le commissaire se démène auprès du procureur de la République, le seul à pouvoir donner son accord pour une demande aussi inhabituelle, et accède finalement à sa demande.

Alors je me suis dit : c’est mal parti ! Pas pour Nadine hein, quoique ?! … mais pour la lectrice que je suis ! Une romancière de série noire qui tombe sur un cadavre, pourquoi pas. Un commissaire qui lui confie être totalement fan de ses livres, pourquoi pas. Un commissaire qui se laisse convaincre qu’une civile comme elle, experte en résolution d’enquêtes insolubles « sur papier » peut lui être d’un grand secours … ça commence à se compliquer pour moi. Que ladite civile, intègre une équipe de professionnels et accède à l’intégralité du dossier … là, ça fait beaucoup.

N’étant pas tout à fait arrivée au quart du livre et curieuse par nature, je ne pouvais que persévérer dans ma lecture pour voir dans quelle direction Nathalie Michel m’emmènerait. Et là, au détour d’un chapitre intitulé « rencontres » l’auteure a su me faire –quasiment- oublier que la ficelle était un peu grosse.

Malgré l’avis contraire de son mari, Nadine quitte le domicile familial car elle a besoin de résoudre ce meurtre sur le terrain afin de retrouver son équilibre et son existence d’avant. Elle est donc accueillie par un trio baptisé « les parisiens », composé de Sylvie, Pascal et Lucien. Un accueil désopilant, avec des reparties cinglantes et fielleuses de la part du très misogyne Lucien.

On sait qui vous êtes, Madame ! On sait même lire figurez-vous ! … Non mais, vous lui expliquerez à la gonzesse, plutôt que de vous fendre la poire, qu’on n’est pas chez Agatha Christie. Dans ses livres, même si je ne les ai pas lus, je suis sûr que le tueur en série est un être doué d’une intelligence supérieure, un manipulateur qui signe ses crimes d’une manière sophistiquée, en suivant un but précis … Dans la vraie vie, ce n’est pas comme cela que ça marche, ne lui déplaise à la super-romancière ! La réalité est bien plus banale, morne et stupide !

Le ton est donné et l’enquête démarre. Nadine découvre que ce n’est pas un, mais douze corps qui ont été retrouvés. L’exécution a été pratiquée de manière différente à chaque fois, et les corps appartiennent systématiquement à des personnes en rupture avec la société.

Alors Nadine va-t-elle pouvoir réellement apporter sa pierre à l’édifice ? C’est en compagnie de ce « trio infernal » qu’elle va tenter de résoudre ce casse-tête criminel.

1000 ÉTANGS MEURTRIERS est un roman bien structuré. Les vingt-huit chapitres courts, tous émaillés de dialogues, offrent une lecture rythmée. En sus, des personnages hauts en couleur, de l’humour et une fin totalement inattendue !

Incrédule au démarrage, Nathalie Michel a su avancer ses pions et me surprendre, pour au final faire de 1000 ÉTANGS MEURTRIERS une réjouissante découverte !

1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel
1000 ÉTANGS MEURTRIERS de Nathalie michel

1000 ÉTANGS MEURTRIERS

Nathalie Michel

Série noire franc-comtoise

Éditions du Citron Bleu

236 pages

Nathalie MICHEL a depuis peu découvert un nouveau plaisir : l’écriture, qu’elle partage avec ses autres passions, son mari et ses deux enfants. Employée dans une collectivité territoriale, elle évolue dans un service communication, où la diversité des tâches l’oblige à une rigueur qui se retrouve dans son style. Haut-Saônoise pure souche, elle s’attache à mettre en valeur sa région dans son premier roman.

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POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

Publié le 4 Mars 2013 par Carine Boulay

Après CHARITÉE BIEN ORDONNÉE, Alexis Aubenque nous propose le deuxième volet des « Nuits noires à Seattle » : POUR LE BIEN DES ENFANTS.

Un frère et une sœur séparés dans leur enfance. Leur passé est la clé de meurtres inexpliqués.

POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

Becky Parker, a été adoptée à l’âge de trois ans par un couple d’américains et vit dans la banlieue chic de Seattle. Élève brillante, douée pour le piano, c’est au sein d’une famille aimante qu’elle a grandie. Après plusieurs années de recherches, elle vient enfin de retrouver la trace de son grand frère.

Mais c’est avec tristesse, qu’elle découvre à la une des médias, que ce grand frère, Oliver Hunter est soupçonné du meurtre d’un célèbre chirurgien, le Dr Lens Morgan.

Le capitaine Mike Logan, charge le lieutenant Rivera et son nouveau co-équipier Liu Zhang de cette enquête.

L’amour est un sentiment certes très puissant, mais la haine l’est plus encore.

Depuis qu’il a démissionné de son poste, Dean Nelson file le parfait amour avec Debbie Winedrove et mène désormais une vie de rentier. Le lieutenant Angelina Rivera, se voit donc attribuer un nouveau coéquipier en la personne de Liu Zhang, un ancien Marines. C’est à ce duo d’enquêteurs que Mike Logan confie l’affaire du « motard mortel ». Un malencontreux hasard fera que Dean se trouvera mêlé à l’enquête en cours de son ancienne collègue, qui n’est autre qu’un véritable sac de nœuds. Le tueur de Lens Morgan n’a pas été retrouvé, et d’autres meurtres viennent s’ajouter à celui du chirurgien.

Tout comme dans le premier volet des « Nuits noires à Seattle », l’enquête policière sert ici aussi de prétexte à Alexis Aubenque pour introduire et développer son sujet. En l’occurrence dans ce roman, c’est l’adoption et ses éventuelles dérives qu’a choisi d’aborder l’auteur ou comment deux enfants, porteurs des mêmes gênes peuvent avoir des parcours ô combien différents.

Oliver Hunter, a été adopté par un couple stérile afro-américain de classe moyenne alors qu’il n’a que quatre ans. C’est un enfant choyé, qui baigne dans une atmosphère d’amour, jusqu’à ce que son père abandonne femme et enfant pour refaire sa vie avec une femme plus jeune. Il supporte difficilement le divorce de ses parents adoptifs et entre en totale rébellion envers un beau-père qui le rejette. Le jour de son dix-huitième anniversaire, il quitte définitivement l’appartement familial.

De son côté, Becky Parker est adoptée à l’âge de trois ans par un couple d’américains blancs, qui l’élèvent dans l’amour et le respect. Douée pour le piano, cette jeune lycéenne déterminée envisage de quitter la banlieue chic de Seattle et son cocon familial afin d’intégrer Berkeley, l’université la plus cotée d’Amérique.

Plus que l’intrigue policière, ce sont les sujets qui sont prégnants dans ce roman et la réflexion qu’ils induisent. Adoption, mère porteuse, amour que l’on porte à un enfant, liens du sang, du cœur ou bien encore ethnique, là est à mon avis le cœur du roman d’Alexis Aubenque.

Férue de lectures noires et parfois violentes, j’aime m’octroyer des lectures plus soft de temps à autre. Alexis Aubenque me permet aujourd’hui encore, cette pause savoureuse sans toutefois sortir de mon genre de prédilection.

POUR LE BIEN DES ENFANTS d'Alexis Aubenque

POUR LE BIEN DES ENFANTS

Alexis Aubenque

Editions Calmann-Lévy

399 pages

Alexis Aubenque est originaire de Montpellier. Après des études de sciences économiques, il avait le choix entre être banquier ou essayer de vivre de sa passion. Il n’a pas longtemps hésité et il monte à Paris en 1999 avec des manuscrits sous le bras. Dix ans plus tard, il revenait dans son sud natal et se consacrait exclusivement à l’écriture. Il a inauguré en 2002 un cycle romanesque de science-fiction avec « La chute des mondes », space opera se déroulant au XXVIIe siècle dans une fédération galactique regroupant 250 mondes habités. En 2006, il débute un cycle reprenant les thèmes majeurs de « La chute des mondes » intitulé « L'Empire des étoiles », à savoir la réapparition d'un société féodale dans un univers futuriste où l'humanité a depuis longtemps quitté la Terre pour s'installer sur de nouvelles planètes.Il démarre dans le thriller en 2008 avec « 7 jours à River Falls », le premier tome d’une trilogie centrée sur le shérif Mike Logan et sa compagne Jessica Hurley, profileuse au FBI. Suivra « Un automne à River Falls » qui recevra le prix du polar de Cognac en 2009, « Un noël à River Falls » en 2010, « Charité bien ordonnée » en 2011, « Canyon Creek » en 2012 « Pour le bien des enfants » en 2013.

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DES NOEUDS D'ACIER de Sandrine Collette

Publié le 24 Février 2013 par Carine Boulay

Je vais vous expliquer cette histoire sans queue ni tête, aberrante, anachronique. Laissez-moi vous parler de Basile et de Joshua, et de ce que j’ai vécu depuis le mois de mai dernier.

DES NOEUDS D'ACIER de Sandrine Collette

Je m’appelle Théo Béranger et j’ai quarante ans. Je suis enfermé dans la cave de deux vieux fous, dans le trou du cul du monde. Ces malades veulent faire de moi leur esclave. Privé d’eau et de nourriture, des jours et des semaines ont passé, épuisants de travail et d’insultes.

Quelques jours auparavant, je sortais de prison. Je viens de passer dix-neuf mois au trou pour avoir massacré mon frère qui a couché avec ma femme. Ce type arrogant, ce chirurgien talentueux promis à un bel avenir, est maintenant cloué dans un fauteuil. Je ne regrette pas ce qu’il est arrivé, je n’ai aucun remord.

La prison n’est pas la vie ordinaire. J’ai passé dix-neuf mois au seuil de la violence, au bord du gouffre. Certains ressortent écrasés par la prison, d’autres endurcis. Je suis de ceux-ci. Aujourd’hui, je me trouve dans une situation tellement démente, que je n’y crois pas. J’ai résisté à la prison, je me jure d’échapper à mes geôliers.

L’histoire de Théo, ce sont des hommes qui l’ont commise, comme on commet un meurtre, oui comme cela. C’est aussi la vérité que j’ai voulu rétablir. Je m’y suis sentie obligée. À l’échelle de l’humanité c’est peu de chose. Je le sais. Mais je me fous de l’échelle de l’humanité.

Ce type violent, "elle" n’a vraiment pas envie de le sauver. C’était sans compter que c’est "elle", qui a recueilli le corps entre ses mains, après. Encore "elle", qui lors de sa convalescence à l’hôpital a hérité de son journal intime. Alors, afin d’apporter un témoignage et parce qu’elle en ressent le devoir, "elle" retranscrit la lente descente aux enfers de Théo. C’est à travers "ce docteur" dont on ignore tout, que l’auteure nous ouvre les portes de ce qui a été « L’affaire Théo Béranger ». Un huis clos absolument abasourdissant, dont on ressort totalement vidé.

Tout commence alors que Théo décide de se retirer dans une région déserte. Un coin isolé où les arbres, les vallons et les chemins de randonnée composent l’intégralité du paysage. Logé chez la prévenante et aimable Madame Mignon, il découvre avec allégresse la région grâce aux randonnées qui lui permettent d’expier ses idées noires. Au cours d’une de ses balades, il découvre un passage improbable donnant sur une maison a priori abandonnée. Il est accueilli par un vieil homme armé d’un fusil, qui une fois rassuré sur les intentions de Théo l’invite à prendre un café. Trou noir. À son réveil, il est enchaîné. Jour après jour, il va faire les frais de la folie et des sévices de deux vieux cinglés, Basile et Joshua.

Sandrine Collette a rédigé son livre à la première personne du singulier. J’ai un faible pour cette technique littéraire qui crée un contact considérable avec le lecteur, je dirai presque même une intimité. Théo va ainsi nous livrer ses émotions et ses sentiments quant à sa séquestration, et pour le coup, c’est d’une effroyable intensité. Il pensait avoir vécu le pire, mais il se rend compte que ses dix-neuf mois de prison ont été de la rigolade. Une histoire démesurée qui le plonge en premier lieu dans l’incrédulité. Puis c’est la panique qui le submerge, pour finalement laisser place à une totale résignation. C’est humilié et impuissant qu’il se prend de plein fouet le mépris de ces deux frères qui l’appellent « le chien », le sifflent et lui balancent des restes de nourriture qu’ils ont déjà léchés sans vergogne. Face à ces deux tyrans, toute trace d’humanité a disparu. Sa seule hantise, c’est de survivre.

Je ne suis plus qu’un reste d’humanité. Une entité qui ne pense qu’à manger, boire et dormir, à éviter les coups, et à se relever le lendemain. Les vieux avaient raison. Je ne vaux pas beaucoup plus qu’un chien. Je ne suis même pas affectueux. Je suis de la race de ces bêtes galeuses qu’on attache au bout d’une chaîne et que personne ne veut plus caresser. Ce que je suis devenu, c’est aux vieux que je le dois. Toute ma souffrance et toute ma déchéance, ce sont eux qui les ont faites. J’espère de toutes mes forces qu’il existe quelque chose au-delà qui pourra me venger. Au nom de la haine qui me sera restée jusqu’au bout, même sans force, et sans volonté. Un peu de justice.

DES NŒUDS D’ACIER est le premier livre de Sandrine Collette. Et quel ouvrage ! Waouh … C’est littéralement fascinée et à une cadence infernale que je l’ai englouti. Difficile de le poser, l’envie irrépressible d’avancer encore et toujours pour être libérée, enfin presque …

L’auteure a l’art et la manière de nous planter le décor ainsi que les personnages, je dirais d’elle que c’est une « créatrice d’ambiance ». C’est avec finesse et sans garniture inutile, que Sandrine Collette nous livre un récit d’une crédibilité terrifiante, dans une atmosphère des plus sombres.

Un résultat puissant pour une lecture émotionnellement forte qui fait DES NŒUDS D’ACIER mon premier coup de cœur de l’année.

DES NOEUDS D'ACIER de Sandrine Collette

DES NOEUDS D'ACIER

Sandrine Collette

Editions DENOËL - Collection Sueurs Froides

265 pages

Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan. DES NŒUDS D’ACIER est son premier roman.

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LA FILLE AUX SEX-TOYS d'Éric Robinne

Publié le 16 Février 2013 par Carine Boulay

LA FILLE AUX SEX-TOYS d'Éric Robinne

C’est lors d’une soirée libertine, que Brigitte jeune femme raffinée aux courbes attrayantes, comprend à quel point son corps peut devenir une arme redoutable. Cette expérience la convainc qu’elle peut trouver matière à vivre convenablement si elle s’en donne les moyens, tout en cherchant à atteindre son but ultime et régler les comptes avec son passé.

Puis, il y a cette rencontre. Anormale, intrigante, imprévue. Pourquoi cet homme d’un certain âge lui propose tout cet argent ? Elle va devenir riche. Elle accepte très vite le marché, trop tentant !

Mais Brigitte disparaît ainsi qu’Andréa, la petite amie du lieutenant Matthieu Guillaume. Pour tout indice : un bras découpé au niveau du coude ainsi qu’une caisse contenant un nombre impressionnant de sex-toys.

Le lendemain, un camion transportant de l’acide fluorhydrique se volatilise. Le chauffeur, tué à l’arme blanche est retrouvé dans un fossé sur le bas-côté d’une aire de repos.

La disparition de Brigitte et d’Andréa, le vol du camion d’acide fluorhydrique, le meurtre d’un routier, tous ces évènements seraient-ils liés ? C’est en tout cas ce que Matthieu et son partenaire Julien vont tenter de découvrir.

LA FILLE AUX SEX-TOYS est le deuxième volet de la série policière -composée actuellement de cinq livres- d’Éric Robinne et la suite d’UN ÉTÉ TROP TRANQUILLE. Éric Robinne nous embarque cette fois dans une intrigue sur fond nucléaire, ce qui n’est d’ailleurs pas du tout évident à la lecture du titre, mais ce choix n’est -bien évidemment- pas anodin de la part de l’auteur.

Nous y retrouvons Matthieu Guillaume, muté du commissariat de Tours à la Brigade de Répression de la Délinquance Économique (la BRDE) installée à Paris. À ses côtés Julien, son coéquipier avec qui il a développé une amitié sincère et indéfectible et Andréa, sa petite amie rencontrée vers la fin de sa précédente et première grosse enquête. J’avais déjà beaucoup apprécié ce personnage dans le premier volet et l’occasion m’est donnée de le découvrir plus en profondeur dans ce second titre. Avec la disparition de sa petite amie, le côté affectif apporte une épaisseur supplémentaire au personnage.

La trame de LA FILLE AUX SEX-TOYS est identique au premier volet : démarrage rapide, présentation d’un certain nombre de personnages et intrigue qui s’enrichit au fil des pages. J’aime ce côté « carré » que j’ai retrouvé dans les deux titres d’Éric Robinne. Le décompte et la chronologie des dates, mais aussi l’avant-propos dans lequel il nous fait un petit topo sur l’uranium, introduisant ainsi le début de son roman.

Éric Robinne combine plusieurs histoires et multiplie donc les personnages, en prenant le risque d’aller au casse-pipe, mais grâce à la fluidité de son écriture, la rigueur et la minutie dont il fait preuve à l’égard de son intrigue, il nous conduit sans temps mort vers le dénouement.

Enfin, je suis contente de constater que les coquilles disséminées ici et là dans son premier roman ont quasiment disparu dans celui-ci. Une nouvelle fois, j’ai passé un agréable moment de lecture !

LA FILLE AUX SEX-TOYS d'Éric Robinne

LA FILLE AUX SEX-TOYS

Éric Robinne

Éditions Aleumar

Policier

474 pages

Site de l'auteur

Éric Robinne est né le 3 novembre 1955, à Rouen. Marié, 3 enfants, Ingénieur agricole, il poursuit, en dehors de l'écriture, sa carrière professionnelle en tant que directeur des restaurants administratifs de Paris depuis 2004. Il partage sa vie entre Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme où il demeure le week-end et pour ses loisirs, et la capitale. Eric Robinne n'a pas l'âme d'un téléspectateur, sauf pour regarder les émissions littéraires ou celles qui pourraient être source d'inspiration. Ce qui lui laisse le temps de s'adonner au footing (nombreuses courses locales et semi-marathon de Paris), de hanter les salles de cinéma en quête de films d’actions, policiers, ou fantastiques, et bien sûr de lire des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert. Il utilise ses derniers temps libres et bon nombre de ses soirées à l’écriture. Dans sa jeunesse, la poésie l’a beaucoup inspiré. Bien plus tard, suite à une sorte de défi lancé par son fils, il s'est lancé dans l'écriture de romans policiers en 2005. Il a délibérément choisi de les inscrire autour de faits divers ou d’événements politiques de la vie française. Ces livres forment une série mais chaque histoire est indépendante des autres. Le héros reste le même tout comme le « méchant ». Cinq romans sont disponibles à ce jour. Un sixième est en préparation et s’inspirera de la crise financière de 2011.

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LE BRAS DU DIABLE de Julie Waeckerli

Publié le 8 Février 2013 par Carine Boulay

LE BRAS DU DIABLE voit le jour, quand Julie Waeckerli découvre un genre qu’elle n’apprécie pas spécialement, le thriller. C’est la lecture « Le 5ème règne » de Maxime Chattam qui lui donne l’envie de se lancer. Deux années d'écriture, deux années de correction et 700 pages plus tard, son thriller est né …

Du jeu à la réalité, il n’y a qu’un pas pour que le mal se réveille !

LE BRAS DU DIABLE de Julie Waeckerli

Été 2010, en Alsace

Alors qu’un groupe d’adolescents s’adonne à des séances de spiritisme, une gamine de 16 ans est retrouvée violée et battue à mort dans une rue de Sainte-Aude. Victime d’une grave hémorragie, elle succombe le lendemain à l’hôpital.

Dans la même semaine, plusieurs meurtres s’enchaînent avec une violence graduelle. L’assassin ne laisse aucune trace, à part de mystérieux messages signés de la lettre A, qu’il place près des corps des victimes.

Un groupe de délinquants détraqués, se faisant appeler « le gang » terrorise depuis quelque temps la ville et les villages alentours. C’est à Eddy Carver, officier de police judiciaire et à son coéquipier Tom Edylan, que « l’affaire du gang » est confiée.

Parallèlement, un vieil homme atteint d’Alzheimer voit des flashs de son passé ressurgir : la guerre d’Algérie et ses tortures … laissant présager de terribles secrets.

LE BRAS DU DIABLE est un thriller composé de deux thèmes totalement distincts. Le premier est l’ésotérisme, pour lequel l’auteure a une véritable passion et le second est la guerre d’Algérie, sujet par lequel elle ouvre son roman.

Les ténèbres l’enveloppaient. Un arôme de supplice flottait entre les murs, comme un goût de sang sec et intarissable. Dans la petite pièce, l’obscurité déployait ses bras de monstre, et engloutissait tout espoir de revoir le soleil … Depuis trois jours elle l’avait attendue, appelée, provoquée, mais la Faucille capricieuse refusait sa demande. Elle ne la laissait pas partir et accentuait sa souffrance … Elle était innocente, mais les militaires français s’en moquaient. Il n’y avait aucune loi pour leur interdire la torture … Soudain, la porte de la pièce s’enfonça. La lumière aveuglante d’une lampe torche lui éblouit les yeux. C’est elle ...

Banlieue d’Alger, 1957.

Le prologue se déroule durant la guerre d’Algérie. Cette femme retenue prisonnière n’a qu’une idée en tête, mourir. Mais ce que son esprit voit comme une délivrance, son corps le lui refuse. Elle n’a même plus la force de mettre fin à ses jours. Et, dans les méandres de ses pensées, une voix lui susurre des vers, elle pense à « lui ». Lui, qui d’après ses bourreaux est mort. Mais elle voit la nuit éternelle la saluer enfin, lorsque ce lieutenant surnommé « le diable » ordonne à un soldat de tuer cette « putain d’Algérienne ». Court mais intense, il sème en moi le trouble et se révèlera déterminant pour la suite de ma lecture.

Le début de l’histoire se met en place lentement. Julie Waeckerli nous présente successivement une flopée de personnages, créant ainsi un immense labyrinthe où quasiment chaque individu est susceptible d’être le tueur potentiel. L’enquête policière est menée de manière habile, cependant le nombre de personnages –une centaine dixit l’auteure- forme un dédale immense, plus qu’il ne faudrait à mon humble avis.

Et au milieu de tous les acteurs de ce roman, il y en a un : Berti. Ce passionné de littérature, qui confond parfois la vie avec les livres, entretient une relation particulière avec Nelly, sa petite-fille de cœur. Ce vieil homme amnésique de 76 ans est atteint de la maladie d’Alzheimer, et c’est à elle que dans de brefs moments de lucidité, il raconte des pans de son passé. Affecté à la 10ème division des parachutistes au service des renseignements, c’est l’enfer qui débute mais pas que ... La guerre d’Algérie laissera une empreinte indélébile à cet homme à travers les horreurs que sont la violence et la torture mais paradoxalement à travers l’amour, car il y fera une rencontre hors du commun, celle de son âme sœur. J’ai ressenti de vifs sentiments pour ce vieil homme : empathie, compassion, douleur, chagrin, bonheur et obstination pour n’en citer que quelques-uns, et là où j’aurai pu m’égarer, avec cet excès de personnages, celui-ci s’empare de moi et simultanément au prologue accroît mon désir d’avoir le fin mot de l’histoire.

Je dois te raconter une histoire petite princesse, car si je ne te dis rien, je vais l’oublier et elle sera perdue … C’était en 1952 … Une désagréable sensation s’empara de Nelly. Berti avait le regard vide, voilé par un nuage gris presque hypnotique. Sa voix avait perdu son éloquence communicative. Ses propos étaient mornes, inhabituels, comme s’il se démenait pour formuler son récit … Cette fois, aucun livre n’avait dicté cette histoire au vieil homme. C’était la sienne …

Cette partie du livre m’a totalement séduite, plus que celle placée sous le signe de l’ésotérisme où des adolescents en mal d’occupation se retrouvent pour des séances de spiritisme. Mais si c’est dans la guerre d’Algérie qu’on trouve la source de l’histoire, c’est à travers ce groupe d’adolescents à la recherche de l’identité du tueur que progresse l’intrigue, et je dois bien reconnaître que Julie Waeckerli m’a tout de même menée par le bout du nez sur 692 pages, ce qui n’est pas une mince affaire.

LE BRAS DU DIABLE aurait mérité un casting un peu plus allégé sur la partie enquête, mais le début accrocheur, la sensibilité développée par l’auteure dans tous les chapitres évoquant la guerre d’Algérie et le dénouement remarquable font de ce premier roman un coup d’essai qui a frôlé le coup de cœur.

Je vous conseille vraiment de découvrir cette jeune auteure qui recèle de grandes qualités d’écriture.

LE BRAS DU DIABLE de Julie Waeckerli

LE BRAS DU DIABLE

Julie WAECKERLI

Les Nouveaux Auteurs

692 pages

Site de l'auteure

Blog de l'auteure

Julie Waeckerli est née en 1991 à Altkirch (Alsace). Elle a toujours été une férue d’écriture. Petite, elle rêvait de devenir « écrivain-poète », mais c’est au collège Sainte-Ursule (Riedisheim) que ce rêve est devenu un objectif à part entière. Au lycée Pasteur de Strasbourg, elle était inscrite dans une filière sport-étude, car elle pratiquait le saut en hauteur au CREPS d’Alsace. Le soir, elle m’improvisait journaliste en composant le journal de son lycée et de son internat. C’est aussi à cette période qu’elle a commencé l’écriture de son roman. En 2008, ses résultats scolaires et sportifs lui ont permis d’obtenir le Prix National de l’Education, remis à Paris par le Ministre de l’Education (Xavier Darcos) et le Président de l’Académie des sports (Emmanuel Rodocanachi). Son Bac L en poche, elle s’est inscrite à la Faculté de Philosophie de Strasbourg, où elle s’investit également dans la vie associative. Toutes ces années, elle n’a jamais cessé d’écrire. La spiritualité et l’ésotérisme la passionnent, ainsi que la psychologie, la morale et la métaphysique. Le bras du diable est son premier roman, elle a mis quatre ans à l’écrire. Elle est d’ores et déjà en train de poser la trame de son second thriller.

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LE CERCLE DES TUEURS d'Annie Ramos

Publié le 21 Janvier 2013 par Carine Boulay

LE CERCLE DES TUEURS d'Annie Ramos

Belfort, Franche Comté.

Trois hommes sont retrouvés poignardés. Pour chacun des meurtres, l’assassin a créé une sorte de mise en scène en laissant des indices près des corps.

Deux des victimes, un professeur et un élève fréquentaient le même lycée mais ne semblaient pas se connaître. Le troisième ne paraissait avoir aucun lien avec les deux autres.

Alors, comment l’assassin les a-t-il choisies ? Quel est le lien reliant ces trois victimes ?

C’est aux côtés de sa jeune coéquipière Paula Martinez, que le capitaine Francis Pouchard va mener l’enquête afin de démasquer « l’assassin aux énigmes » comme le nomment les médias.

J'ai senti alors que ce que je venais de faire, c'était bien ... Un pervers en moins, c'est toujours ça de gagné ! ... Ce que je regrette, c'est que cela n'ait pas duré plus longtemps avant qu'il crève.

Quelque part dans la forêt de Roppe, à Belfort …

Une cabane nichée au milieu des bois. Plus précisément, un ancien abri de chasseurs calme et isolé, où une bande d’adolescents se retrouvent pour des réunions hebdomadaires. Un endroit déserté qui leur permet de mettre en place, sous forme de jeu, un projet démentiel.

A la tête de ce groupe d’adolescents, William, le meneur du jeu. Un jeune homme un peu solitaire, à la forte personnalité qui est devenu naturellement le chef de la bande. C’est de manière très méthodique qu’ils préparent des meurtres, afin de punir ceux qu’ils considèrent comme coupables et qui n’ont pas été punis par la société.

« Le cercle », comme a été baptisé le groupe est constitué de 5 joueurs, les règles ont été établies, les coupables désignés : la partie peut commencer.

Entre fiction et réalité, le lien est parfois si ténu, que LE CERCLE DES TUEURS pourrait presque être inspiré d’un fait divers. Annie Ramos a fait le choix de nous livrer le nom des tueurs dès le début de son livre. Un choix qui pique ma curiosité dès les premières pages, laissant émerger quelques doutes quant à la suite du roman. L’auteure sera-t-elle à même de maintenir mon intérêt tout au long de l’histoire et vers quoi m’entraînera-t-elle ?

Eh bien j’ai été agréablement servie. C’est une véritable chasse à l’homme qu’engagent le capitaine Pouchard et sa nouvelle coéquipière Paula Martinez. Les pages défilent à toute vitesse grâce à des chapitres courts dans lesquels les dialogues viennent favoriser la fluidité de la lecture.

La singularité de ce premier roman d’Annie Ramos réside tout d’abord dans le choix de l’assassin ou plus exactement des assassins et de leurs méthodes. Férus de thrillers et de films d’horreur, ils s’inspirent grandement de romans ou de films emblématiques pour élaborer ce qu’ils appellent « le schéma d’exécution ». Puis la façon dont elle a choisi de traiter les motivations de ces cinq adolescents, se sentant investis d’une mission : celle de tuer des gens sous prétexte de faire justice. Une réflexion intéressante qui démontre, quel que soit notre âge, que la loi de la jungle n’a aucunement sa place dans notre société.

Pour terminer, j’évoquerai le profil psychologique de Francis Pouchard. Exit le traditionnel flic cabossé par son métier, le capitaine Pouchard a tiré les leçons d’erreurs commises par l’un de ses pairs, lui évitant ainsi de tomber dans les écueils de sa profession. C’est donc un homme heureux en ménage, qui ne fait pas de son métier sa seule raison de vivre et qui traduit son attachement à sa jeune coéquipière par une affection paternelle.

LE CERCLE DES TUEURS m’a fait passer un agréable moment de lecture en compagnie des ados « terribles » d’Annie Ramos. L’auteure surprend, et ce jusqu’à la dernière page, faisant de mes quelques craintes un très lointain souvenir, à ma plus grande satisfaction.

Images des lieux présentés dans LE CERCLE DES TUEURS : la forêt de Roppe et le parc de la DouceImages des lieux présentés dans LE CERCLE DES TUEURS : la forêt de Roppe et le parc de la DouceImages des lieux présentés dans LE CERCLE DES TUEURS : la forêt de Roppe et le parc de la Douce

Images des lieux présentés dans LE CERCLE DES TUEURS : la forêt de Roppe et le parc de la Douce

LE CERCLE DES TUEURS d'Annie Ramos

LE CERCLE DES TUEURS

Annie Ramos

Editions du Citron Bleu

Thriller

256 pages

Site de l'auteure

Annie Ramos est née à Besançon le 05 août 1975. Après des études de Lettres Modernes, d'abord à Dijon puis à Paris à la Sorbonne, elle part à Londres pour faire un stage dans lequel elle s'occupe de la promotion de la littérature française. Elle revient en France, direction Nantes, pour obtenir un master Nouveaux médias de communication à distance et management de projets. Depuis sa plus tendre enfance, elle est passionnée par la littérature, lisant tout ce qui lui tombe sous la main, des auteurs classiques (Stendhal, Maupassant...) aux livres policiers et thrillers (Stephen King, Franck Thilliez, Camilla Läckberg) et c'est tout naturellement qu'elle commence à écrire ses propres histoires. Elle écrit un premier roman qui ne me semblera pas complètement abouti et qu'elle laissera donc de côté pour se lancer dans l'écriture du Cercle des tueurs. Avec ce thriller, elle participe à un concours Thrillermania, organisé en 2010 par Pocket et Evene, dont les parrains sont Maxime Chattam et Franck Thilliez. Elle franchira avec succès les différentes étapes pour terminer parmi les finalistes. Ce roman est paru en septembre 2012 aux éditions du Citron bleu. Ce Thriller lui donne la possibilité de mettre en relief sa région natale tout en écrivant une enquête policière. Aujourd'hui, elle est installée en Alsace mais elle revient très fréquemment en Franche-Comté pour retrouver ses racines.

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INDEX ALPHABÉTIQUE

Publié le 20 Janvier 2013 par Carine Boulay

Auteurs de A à F

Abel Barbara - L'instinct maternel

Aubenque Alexis - Charité bien ordonnée / Canyon creek / Pour le bien des enfants

Baron Jac - Les cicatrices

Barrellon Nils - Le jeu de l'assassin

Bauwen Patrick - L'oeil de Caine

Bellat Stéphane - Les passagers perdus

Bruhl-Bastien Isabelle - Les secrets du cylindre

Caillot Gilles - L'apparence de la chair / Lignes de sang

Carbonel Armelle - Criminal loft

Chattam Maxime - La conjuration primitive

Chaussée-Hostein Sylvie - Nuit blanche

Colize Paul - Back up / Un long moment de silence

Collectif - Les auteurs du noir face à la différence

Collette Sandrine - Des noeuds d'acier

Ernotte Frédéric - C'est dans la boîte

Favan Claire - Le tueur intime / Le tueur de l'ombre

Auteurs de G à L

Gaulon Pierre - La mort en rouge

Gendron Sébastien - Road tripes

Gérard Stéphane- Thalamus

Giebel Karine - Meurtres pour rédemption / Purgatoire des innocents

Grangé Jean-Christophe - La marque des anges - Miserere

Guez Jérémie - Paris la nuit

Kourilsky Olivier - Meurtre pour de bonnes raisons / Homicide post mortem

Auteurs de M à R

Mc Fadyen - Shadow man / La mort en face

Maisons Dominique - Le psychopompe

Marchand Stéphane - Maelström - Dolly's bible

Mercier Christelle - The hunter

Mesplède Claude - 30 ans d'écrits du le polar - Volume 1

Michel Nathalie - 1000 Étangs meurtriers

Milot Laëtitia - On se retrouvera

Mitchelli Fabio - Dolly's bible

Molas Aurélien - Les fantômes du Delta / La onzième plaie

Musso Valentin - La ronde des innocents

Parisot Franck - Play

Perrin-Guillet Gaëlle - Haut-le-cœur

Pichon Fabrice - Vengeance sans visage / Le complexe du prisme

Ramos Annie - Le cercle des tueurs

Robinne Eric - Un été trop tranquille / La fille aux sex-toys

Ruzé Damien - Voilà l'aurore

Auteurs de S à W

Divers

Ouvrage collectif - Les auteurs du noir face à la différence

Pour les férus de Polar, mais pas que : Scopalto.com ...

Interview d'Yvan du blog ÉmOtions

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